Ce qu’il faut de terre à l’homme - Par M. Veyron - Dargaud

17 août 2016 2 commentaires
  • Profitons des rattrapages de l'été pour saluer cette fable philosophique très réussie dans laquelle Martin Veyron s’amuse de ces hommes qui veulent plus de terre qu’il ne leur en faut. Un très bel album !

Quand on évoque le nom de Martin Veyron, c’est avant tout son travail érotique qui vient à l’esprit, avec par exemple récemment ses Blessures d’amour propre, ou son travail de réflexion plus général sur la question du couple, comme avec Marivaudevilles de jour. Mais Martin Veyron, ce n’est pas que Bernard Lermite et la gaudriole, c’est avant tout un grand talent, couronné par le Grand Prix d’Angoulême en 2001.

Ce qu'il faut de terre à l'homme - Par M. Veyron - Dargaud

Son nouvel album n’a d’ailleurs rien d’érotique et ne constitue pas une énième variation sur le point G ou le quotidien de couples sur le retour. Il s’agit d’une adaptation d’une grande finesse d’une nouvelle de Léon Tolstoï. De ce matériau russe, Martin Veyron a tiré une fable quasi intemporelle sur l’avidité, la cupidité, l’appât du gain et ses conséquences sociales et familiales.

En Sibérie, les moujiks, ces paysans russes libres mais pauvres, peinent à survivre sans empiéter sur les domaines de la baronne, dont le fils, un riche moscovite, décide d’engager un intendant pour faire respecter étroitement les droits de sa mère. Quand celle-ci décide de vendre son domaine à cet intendant, l’ensemble des paysans arrive à racheter, mais, divisés, ils doivent accepter que l’un d’entre eux achète parcelle après parcelle, non pas par besoin, mais par volonté d’être riche, encore et toujours plus, au grand dam de sa femme qui ne comprend pas ce désir qui lui est étranger.

Cette fable est rondement menée par Martin Veyron qui l’agrémente de son sens de l’humour, de la dérision, mettant en scène de nombreuses situations cocasses. Cela rend son propos malgré tout très léger, vivant et très agréable à lire. Son dessin est toujours d’une rare élégance, tout en rondeur, son découpage rend l’ensemble d’une lisibilité exemplaire, extrêmement rythmé et fluide, et les couleurs sont simplement magnifiques et nous plongent avec délice dans une Russie du XIXe siècle très bien peinte. Un conte philosophique très réussi !

(par Tristan MARTINE)

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