Cent pour Cent à Istanbul

26 juillet 2010 1 commentaire
  • La grande exposition « Cent pour Cent » qui a eu lieu à Angoulême en janvier dernier continue son périple. Une version numérisée, adaptée et enrichie, est visible à L’Institut Français d’Istanbul durent tout l’été. Adaptée parce qu’il s’agit ici de « morceaux choisis » qui correspondent à la connaissance qu’ont les Turcs des auteurs et des personnages exposés ; enrichie parce quatre auteurs turcs, et non des moindres, se sont pliés à cette oubapesque création sous contrainte.

On se souvient du principe de l’exposition « Cent pour Cent » : une planche du patrimoine du Musée de la BD, parmi les plus grands auteurs de l’histoire du 9e Art, de Cham à Hergé, de Tardi à Baudoin, est choisie par un auteur contemporain qui en fait un hommage.

Ainsi Schuiten a-t-il distingué Paul Cuvelier, Frank, Franquin, ou François Avril… Bilal. Aucune contrainte de style. La rencontre est parfois arbitraire et uniquement basée sur l’estime que les artistes portent à leur modèle. Cela avait donné une expo choc où le graphisme était à la fête.

Cent pour Cent à Istanbul
Inauguration de l’exposition "Cent pour Cent" à Istanbul le 7 juillet 2010.
Photo DR

On sait aussi que l’exposition se ballade, qu’elle est allée à Bilbao et qu’elle viendra cet automne à Paris, à la bibliothèque Forney.

Aujourd’hui, c’est dans l’Istiklal Caddesi, « les Champs-Élysées d’Istanbul », accueillie par Anne Potié, directrice de l’Institut Français, qu’elle a pris ses quartiers d’été. « Yüzde yüz, seçkiler », tel en est le titre. Traduction : « Cent pour cent, morceaux choisis. » Morceaux choisis, car la salle de l’Institut Français est bien moins grande que celle des expositions temporaires du Musée de la Bande Dessinée à Angoulême. On a donc retenu seulement 26 « duos » sur les 100 vus à Angoulême, choisis par l’équipe de l’Institut. Pour des questions de commodité (transport, douane…), l’exposition est présentée dans sa version numérisée.

Mais le public n’a pas perdu au change puisque quatre auteurs du magazine Uykusuz, un hebdomadaire qui vend chaque semaine 70.000 exemplaires en Turquie, se sont appliqués à relever le défi de l’hommage aux joyaux patrimoniaux du Musée d’Angoulême.

A l’Institut Français d’Istanbul, François Avril rend hommage à Bilal.
DR

Ils ont pour noms Ersin Karabulut, Galip Tekin, Oky et Memo Tembelçizer. Karabulut, Tembelçizer et Oky font partie de la jeune garde des créateurs turcs et mon petit doigt me dit qu’on ne tardera pas à les voir de ce côté-ci de la Méditerranée. Issu des équipes de Penguen et LeMan, ses aînés, l’hebdomadaire Uykusuz a été fondé par les éléments les plus jeunes de cette génération, aussi la plus ouverte aux tendances.

De gauche à droite : Ersin Karabulut, Gilles Ciment, , directeur de la Cité de la BD et de l’Image, Memo Tembelçizer et Orhan Açar, manager du magazine Uykusuz
Photo ; D. Pasamonik (L(Agence BD)

Si Ersin Karabulut s’inscrit dans la mouvance d’un Moebius, Memo Tembelçizer serait comparable à un Jacovitti mâtiné de Trondheim et Oky à une sorte d’Edika mixé avec du Binet.

Plus âgé que ses trois confrères, ancien collaborateur du mythique magazine Girgir qui joua dans la Turquie des années 1970 un rôle de contre-pouvoir comparable à celui de Mad Magazine, Galip Tekin s’inscrit davantage dans la trace de l’Underground.

C’est donc une rencontre d’humour et de choc qui vaut peut-être cet été un détour par la Sublime Porte.

L’affiche turque de Cent pour Cent

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Merci à Sami Akkas de l’Association Klaxon pour le reportage photo.

Cent pour Cent à Istanbul

Institut Français d’Istanbul
Istiklal Caddessi (coin avec la place Taksim)
Du 7 juillet au 13 septembre 2010
Exposition gratuite.

 
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1 Message :
  • Cent pour Cent à Istanbul
    26 juillet 2010 13:55

    On ne peut pas dire que c’est la même expo, car même si vous parlez de "version numérisée", il s’agit à l’arrivée d’une vulgaire expo de photocopies couleurs, rien à voir avec l’émotion de se retrouver devant les originaux. Imaginez que pour une expo à New-York, le Louvre ou le musée d’Orsay envoie des photocopies des oeuvres... Classe !

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