Chine : Regards croisés - Collectif - Casterman

10 mai 2009 0 commentaire
  • Comme pour les précédents albums thématiques autour du Japon et de la Corée, ce recueil de planches signées à parts égales par des auteurs français et chinois offre une perspective variée sur le plan des inspirations. Une idée de départ enthousiasmante, pour un résultat très moyen.

La boucle est bouclée pour Casterman, qui finit (?) avec ce recueil son tour d’horizon des trois principaux producteurs de BD en Asie. Après le Japon et la Corée, la Chine.

Comme ses prédécesseurs, Chine : Regards croisés ne se contente pas d’aligner des planches d’auteurs chinois. Les dessinateurs français signent la moitié du contenu. Pour se faire, ils ont passé une dizaine de jours dans plusieurs grandes villes : Hong Kong, Shanghai, Beijing et Chengdu. Libre à chacun de mettre en images son ressenti.

À l’arrivée, un premier constat : les auteurs de manhua se démarquent sensiblement de leurs collègues d’Asie. Le dessin est beaucoup plus divers, avec des influences très variées : comics, BD franco-belge... On pourrait presque postuler de leur part une plus grande exigence artistique.
La nouvelle de Zhang Xiao Yu a été opportunément placée en ouverture. Le chant des grenouilles se situe un ton au-dessus du reste. Sensible, bénéficiant d’un texte raffiné et poétique. On retiendra également les délires sentimentalo-urbains de Laï Tat Tat Wing (Tape-cul) et le style splendide de Gu Bao Xin (le sceau d’or).<br

Côté français, hormis la force de Visa de Sylvain Saulne, les histoires frisent la complaisance. Des témoignages paresseux sur la Chine, un souvenir rapidement mis en image... Le Crachoir d’Anne Simon, avec son dessin pointu et aride, présente en revanche un petit conte cruel tout à fait étonnant.

Avec le soutien institutionnel dont bénéficie le projet, il ne fallait pas s’attendre à des critiques virulentes de la dictature chinoise, mais au-delà de cet aspect, l’intérêt du recueil tient avant tout à la diversité des styles graphiques du côté chinois. De quoi regretter le principe du partage avec les invités hexagonaux.

(par David TAUGIS)

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