Christophe Blain : le moment King Kong

15 juin 2019 0 commentaire
  • Rencontrer Christophe Blain c’est embarquer pour le grand large ! Son passé de timonier sur la frégate anti sous-marine Le Tourville nous entraine dans les remous des océans qui ne l’empêcheront pas de dessiner en dépit d’un mal de mer tenace … mais c’est pour une autre aventure que je le rencontre. "KING KONG" (re-)sort en librairie ce mois de juin avec un texte de Michel Piquemal et des illustrations de Christophe Blain, aux éditions Robinson (Hachette).

« Figurante sans travail, la blonde Ann Darrow est engagée par un réalisateur pour être la vedette de son prochain film. À bord du Venture, l’équipe atteint Skull Island, une île mystérieuse où vivrait une créature légendaire appelée King Kong et vénérée par les indigènes. » En 2004, cette histoire fantastique avait inspiré à Blain et Piquemal un livre jeunesse, au moment où Peter Jackson sortait son film sur le gorille géant. Aujourd’hui, ils proposent une version entièrement repensée qui s’adresse à un public plus adulte.

Christophe Blain : le moment King Kong
King Kong - Par Michel Piquemal et Christophe Blain - Editions Robinson
Christophe Blain, chez lui

Le genre de l’ouvrage n’est pas clairement défini : bande dessinée ou livre d’illustrations ? Les deux ! Lors de la conception de l’album, la maison d’édition avait suggéré d’ajouter, au fil des pages, des planches de cases muettes pour donner du rythme au récit. Au départ Blain n’était pas très emballé, mais avec le recul, raconte-t-il aujourd’hui, je trouve que ces séquences amènent un caractère "Old School" que j’ai voulu accentuer. J’ai donc repris l’encrage en soignant, à cet effet, son rendu.

Finalement, il a encore poussé plus loin cet aspect vintage pour la version luxe produite par la galerie Barbier Mathon, où il expose à partir du 27 juin 2019. Clin d’œil au film de 1933, la palette de couleur des planches exposées est réduite au noir et blanc.

Toutefois, même si l’esprit du film mythique flotte sur le livre, Christophe Blain s’en est affranchi en faisant appel à ses souvenirs et aux émotions. Demeure cette atmosphère inquiétante :« J’aime le noir mais avec des nuances de lumière, les états de gris, le demi-jour, les ombres, cela m’est difficile d’être synthétique. La force de King Kong m’a aussi amené à travailler des masses diffuses associés à des couleurs grinçantes pour la frêle silhouette féminine. Je voulais atteindre une intensité d’émotions, proche de l’Expressionnisme. »

Pour autant, ce sont à des peintres-illustrateurs du tournant du XIXe-XXe siècle comme Steinlen, Daumier, Toulouse-Lautrec, Gustave Doré… qu’il confie se sentir proche : « C’est mon panthéon personnel. Je reviens souvent vers eux, car je suis toujours curieux de savoir comment ils ont traité un sujet. »

La conversation glisse alors vers l’art contemporain et Christophe Blain se montre critique. L’art contemporain n’est-il qu’un discours ? Le débat est lancé, les arguments exposés mais dès lors qu’un artiste est défendu passionnément, sa curiosité l’emporte, Blain questionne, sonde, en redemande et finalement s’attache… et si c’était ça son moteur ? la passion avant tout chose.

(par Virginie DUCHENE)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Commander cet album:
BDfugue FNAC Amazon

  Un commentaire ?