Docteur Poche, l’intégrale T2 – Par Wasterlain – Dupuis

16 janvier 2011 3 commentaires
  • Il est l’heure du deuxième volet de la réédition intégrale des aventures du Docteur Poche, contenant le diptyque mythique « La Planète des Chats » et « Le Géant qui posait des questions ». Pareil bijou méritait bien un nouvel écrin.

La nuit, tous les chats sont gris. C’est avec cette maxime que s’ouvrait la plus épique des aventures du Docteur Poche, créé par Marc Wasterlain dans les pages du journal Spirou. La Planète des Chats, un double album qui constitue sans doute la meilleure synthèse du génie de Wasterlain.

Suite à une visite dans un centre pour enfants surdoués, le Docteur Poche reçoit un coup de fil angoissé de la directrice de l’établissement, le prévenant que les enfants préparent un voyage pour le moins inquiétant. Les petits génies ont réussi à transformer une moissonneuse batteuse en navette spatiale. L’engin doit leur permettre de rejoindre une planète qui émet de mystérieux signaux de détresse. Quand le Docteur arrive sur les lieux, il tombe bien malgré lui au cœur de la machine qui s’arrache à la pesanteur. Traversant l’espace, l’étrange équipage (un médecin, un chien, un bébé surdoué, et une petite fille qui parle le langage des animaux) s’écrase sur en pleine mer, sur une planète d’apparence médiévale.

Docteur Poche, l'intégrale T2 – Par Wasterlain – Dupuis
Un extrait de "La Planète des Chats"
© Wasterlain - Dupuis

Commence ainsi un périple sur des terres inconnues où chiens et chats se déchirent la souveraineté d’une planète où l’humain n’existe pas.

"Gags en poche"
© Wasterlain - Dupuis

Trente ans après sa publication originale, on ne comprend toujours pas comment cette histoire extraordinaire n’a pas mis le feu au poudre d’un succès colossal pour Wasterlain. Au-delà de la modernité de dessin (pourtant dénigré par l’auteur, qui le juge aujourd’hui trop raide), cette aventure est d’une incroyable richesse scénaristique [1]. En mêlant de multiples références littéraires et historiques (Jeanne d’Arc, La Planète des Singes pour ne citer que les plus évidentes) à des ressorts de la science-fiction et du roman d’aventure, Wasterlain emmène son Docteur vers des sommets. Rien n’est à jeter dans ce scénario que l’on pourrait aisément qualifier de « meilleure histoire de Peyo qui n’est pas du Peyo ».

Ce deuxième volume, qui couvre la période allant de 1979 à 1983, est complété chronologiquement par les gags en une planche commandés à l’époque par la rédaction de Spirou. En les relisant, on est frappé par l’omniprésence des thématiques du gaspillage énergétique, de la pollution et autres sujets de préoccupations durables. Les années passent, les problèmes restent.

(par Morgan Di Salvia)

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A propos de Marc Wasterlain, sur ActuaBD :

> « Lorsque "Docteur Poche" est paru dans Spirou, il y a gens qui ont écrit à la rédaction pour se plaindre » (entretien en février 2010)

> Marc Wasterlain, le paladin de l’enfance

> Les Pixels T1

[1Le titre-synthèse au dessus des planches souligne à quel point chaque page fonctionne quasiment de manière indépendante.

 
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