Christophe Bec (1/2) : « Je ne me serais jamais lancé dans "Ténèbres" sans un grand dessinateur ! »

16 janvier 2011 8 commentaires
  • "Ténèbres" (Ed. Soleil) est sans doute une des meilleures nouveautés actuelles en Héroïc-Fantasy. Christophe Bec, son scénariste, nous explique ses innovations scénaristiques, tout en nous donnant son avis sur les séries dérivées et sur le contexte général du marché de la bande dessinée.

Vous disiez faire plaisir à l’enfant que vous étiez en réalisant Ténèbres. Pouvez-vous détailler ce sentiment ?

Christophe Bec (1/2) : « Je ne me serais jamais lancé dans "Ténèbres" sans un grand dessinateur ! »
Je ne pensais pas à l’enfant, mais à l’adolescent que j’étais, et qui découvrait les jeux de rôles avec Donjons et Dragons ou JRTM, ainsi que les BD d’Héroïc-Fantasy qui commençaient à arriver dans les années 1980. Ensuite cela m’a passé, il y a eu cette mode de l’HF avec des scénaristes qui venaient du jeu de rôle. Dragan, mon tout premier album avec Corbeyran était de l’Héroïc-Fantasy, mais à l’époque, ce n’était pas un choix délibéré : on m’aurait proposé n’importe quel genre, j’aurais signé des deux mains ! Pourtant, je n’étais pas vraiment prêt, mon univers n’était pas encore construit et l’album était un fatras d’influences non digérées. Ça a été un échec, commercial et artistique, mais ça m’a mis le pied à l’étrier. Ensuite, pendant des années, je me suis juré de ne jamais plus faire de l’Héroïc-Fantasy, car le genre était selon moi éculé, certains auteurs l’ayant très bien exploité. Et il faut dire que globalement, le genre auquel j’avais ajouté en ma modeste contribution engendrait une quantité d’albums médiocres, pour ne pas dire plus. J’ai tenu bon pendant plus de 15 ans, avant de me lancer finalement sur Ténèbres et de renouer avec ce genre que j’adorais adolescent.

Ce retour marque-t-il votre visible volonté de passer à autre chose que l’horreur et l’épouvante ?

Ténèbres ne représente pas un tournant, je vois plus cette série comme une récréation, une aire de jeu : j’ai ressorti les jouets de mon adolescence et je m’amuse avec. Me cataloguer auteur d’horreur ou d’épouvante est quelque peu réducteur, car j’ai exploré bien d’autres voies avec des albums comme Anna, Diamond ou Wadlow, ainsi que des séries telles que Carême ou Carthago qui sont dans des genres différents : le polar, le thriller écologique, la comédie dramatique ou la biographie… Le vrai tournant est marqué par deux séries sur lesquelles je travaille actuellement : Royal Aubrac avec Nicolas Sure, un récit très littéraire et proustien ; et Victoria 9.9 un comics dessiné par Riccardo Burchielli (DMZ), une histoire très personnelle et engagée politiquement sur le fond, même si la forme a plutôt une apparence de série B.

Royal Aubrac, le nouveau récit avec Nicolas Sure

Ténèbres bénéficie d’un splendide découpage, mais Iko, rodé au style italien, nous concédait que ce n’était pas son fort. Est-ce donc vous qui vous vous occupez pleinement de cette phase cruciale et fort réussie dans cette série ?

Je ne sais pas si le découpage n’est pas le fort d’Iko… Je ne crois pas qu’en travaillant sur les séries de Bonelli, il ait vraiment le choix. Il a profité de Ténèbres pour montrer tout ce dont il était capable. Il m’arrive parfois de lui suggérer des mises en page et mes découpages sont relativement précis, mais je lui laisse à peu près autant de liberté qu’à mes autres dessinateurs. Je ne me serais jamais lancé dans un récit d’Héroïc-Fantasy sans un grand dessinateur. Quand m’est venue cette idée d’histoire au concept hyper-basique et que j’ai découvert le travail d’Iko, j’ai su que le moment était venu de me lancer vraiment. Pour moi, c’était comme un défi.

D’où vous est venue l’idée de mélanger ainsi les enfants des étoiles avec des monstres à combattre ? Une réminiscence de Thorgal ?

Bien entendu, Ténèbres est un hommage à Thorgal, ainsi qu’au Seigneur des Anneaux. Pour être plus précis, je pense aux Thorgal des années 1980, d’Au-delà des ombres jusqu’à la fin du Cycle de Qâ… Ensuite, je n’aime pas ce qu’est devenu le personnage, et encore moins ce qu’il est aujourd’hui sous la plume du repreneur. D’ailleurs, j’ai complètement arrêté d’acheter et de lire les derniers albums. Ils me sont tombés des mains, un comble pour la série que je dévorais quand j’avais 14 ans. Il reste que des albums comme Alinoë ou Les Archers sont pour moi des chefs d’œuvre de la BD, et je n’ai pas peur de le dire. Ce qui est regrettable avec Van Hamme, de mon point de vue de lecteur, c’est qu’il n’a pas su s’arrêter à temps. Il doit être le seul avec son éditeur et son dessinateur à penser autrement. Avec une telle logique, j’en serais aujourd’hui à mon quinzième tome de « Sanctuaire » et on en vendrait 200.000 exemplaires à chaque sortie. Le problème, c’est que ce serait probablement très médiocre et dévaluerai les trois premiers albums. C’est ce qui se passe avec Thorgal ou XIII, mais moi, je ne veux pas oublier les grands albums, qui sont au-delà même de classiques.

Pour revenir sur le deuxième tome de Ténèbres, la charnière du récit s’amorce avec le passage à l’âge presque adulte du héros. Ce passage s’effectue sans annonce, pourtant le reste du récit dans la citadelle semble se dérouler sans ce saut dans le temps. On pourrait donc se demander si la croissance d’Ioen est vraiment ‘naturelle’. Avez-vous laissé sciemment un soupçon d’étrangeté sur cet aspect ?

Le premier album a été perçu par certains comme un alignement de clichés. Ce n’est pas faux car en me lançant dans Ténèbres, j’ai voulu revenir aux sources de ce qui me faisait rêver dans l’Héroïc-Fantasy lorsque j’étais adolescent. Alors forcément, on y retrouve des canevas que ceux de ma génération ont déjà vu ou lu cent fois. C’est assumé car je ne m’adresse pas à eux, mais à des lecteurs adolescents qui n’ont pas encore tout ce bagage culturel. Mais déjà, un détail dans ce tome 1 indiquait que j’allais prendre une direction plus adulte dont allait découler un principe narratif inattendu.

Lequel est-il ?

Dans les dernières pages du premier opus, quand le chevalier arrive à Kirgräd, on aperçoit un jeune homme blond dans la foule, c’est Ioen ! Je laissais croire que les deux actions (Ioen d’un côté et la citadelle de l’autre) étaient contemporaines, mais en réalité dix années les séparaient, les visions de la prêtresse se chargeant de faire le lien entre ces deux époques et de semer le trouble. Après, j’ai conscience que la plupart des lecteurs ne s’en rendront pas compte. Ou qu’à la lecture du tome 2, quand on est du point de vue d’Ioen adulte qui voit le chevalier entrer dans la citadelle, ils n’iront pas vérifier si je l’avais bien implanté à la fin du tome 1. Mais j’aime bien jouer ainsi avec la perception du lecteur, et ce n’est pas grave s’il préfère prendre l’option d’une croissance hyper-accéléré du héros, je l’avais prévu et ça fonctionne aussi ! Ce tome 2 est plus adulte dans l’écriture : après avoir planté le décor dans le tome 1, j’ai commencé à m’amuser avec mes « jouets » sur ce tome 2, et il y a certaines scènes que j’aime beaucoup, comme l’armée de morts sous la glace.

Comment s’articulera la suite du récit ? Encore un ou deux tomes ? À moins que la saga ne s’étende ?

Au départ, la série était prévue en 4 tomes, mais je me suis un peu laissé déborder par les personnages, et je dirais plutôt 5 tomes. Cela arrive parfois dans un récit, on ne peut plus diriger les personnages, c’est eux qui commandent au scénariste. Et c’est une sensation agréable ! Quand on en est là, cela veut dire qu’on s’amuse, qu’on croit aux personnages, qu’ils ont leur propre autonomie. C’est très personnel comme sentiment et les lecteurs n’adhèrent pas forcément. C’est ce qui a dû se produire avec Thorgal à un certain moment. Puis ensuite, ce sont les lecteurs qui veulent décider, et le scénariste croit bon de leur répondre en allant dans leur sens. Là, c’est très mauvais : c’est la fin de tout. Un auteur ne doit jamais écouter ses lecteurs, surtout les fans, car ce sont les plus mauvais guides. Je ne dis pas qu’il doit les snober, loin de là, mais un auteur doit rester dans sa ligne de conduite. Si lui-même ne décide plus de ce qu’il veut dire, c’est qu’il n’a plus rien à dire. En tout cas, c’est mon avis et ce n’est que comme cela que je peux - et veux - écrire.

N’aviez-vous pourtant pas réalisé un bout d’essai pour XIII Mystery ?

Je n’avais présenté aucun projet pour XIII Mystery ! C’est Xavier Dorison qui était venu me chercher et me l’avait proposé. Étant fan des cinq premiers albums de la série mère, j’avais fait un essai, pour voir si je pouvais être au niveau. Ça n’avait pas vraiment convaincu l’éditeur et je m’étais de toute façon retiré avant son jugement, en voyant que j’aurais très peu à dessiner le personnage principal et que les délais seraient très courts. Puis, je n’ai pas dit que ces albums ne sont pas intéressants, juste qu’ils confortent les lecteurs dans une prise de risque moindre, cela n’a rien à voir !

Comment le premier tome de Ténèbres a-t-il été accueilli ?

Dans le contexte actuel, les ventes du tome 1 sont plutôt bonnes, mais l’accueil des lecteurs a été mitigé, alors je ne sais pas ce que donneront les ventes du tome 2. On verra… De plus, c’est un genre où la concurrence est rude, même si on ne peut pas vraiment parler de concurrence quand on parle de livres, on n’est pas en train de vendre des chaussettes ! C’est plutôt le langage des éditeurs qui évoque cette concurrence entre séries, diabolisée par le marché. La surproduction conditionne ce genre de réflexes de survie de la part des éditeurs. En tant qu’auteur, on y est confrontés tous les jours, on ressent cette pression, en tout cas pour des scénaristes qui comme moi font plutôt du mainstream.

Comment cette pression s’exerce-t-elle sur les auteurs ?

Plus que jamais, les éditeurs pensent détenir les clefs des futurs succès, et essaient de guider les scénaristes vers des thèmes qu’il faudrait selon eux traiter et qui auraient plus de chances de fonctionner commercialement, en minimisant les propres idées des auteurs. Ça, c’est quelque chose qui me terrifie. Justement, je lisais tout à l’heure l’interview de Van Hamme sur ActuaBD, et je le rejoins tout à fait quand il dit qu’il y a moins de passion qu’auparavant. Il y en a encore, mais la raison l’emporte souvent malheureusement, guidée par des soucis de rentabilité. Peut-être plus qu’avant, même si pour ma part, depuis que j’ai commencé il y a presque vingt ans, j’ai toujours entendu parler des ventes, souvent même avant l’intérêt réel ou supposé d’un scénario, d’un album… Je suis moins d’accord avec lui quand il semble dire qu’il y a trop de mauvais albums. En proportion, je pense même qu’il y en a moins qu’avant, il suffit d’ouvrir un vieux numéro du journal Tintin ou de Spirou pour s’en rendre compte… Combien de séries à l’époque valaient vraiment le coup ? Et puis, pour affirmer une telle chose, il faudrait suivre de très près le marché, beaucoup d’auteurs des générations qui m’ont précédées ont lâché la chose, et ne lisent presque plus de BD. Moi je continue à le faire, c’est resté une passion. Avant d’accuser les éditeurs de ne plus être des passionnés, il faudrait aussi que les auteurs le restent. Je lis plus de 500 BD par an, ça permet de suivre le marché sans pour autant en avoir une idée complète, mais disons que je ne me sens pas à la ramasse, et j’ai souvent un constat beaucoup moins pessimiste que la plupart de mes collègues qui suivent ça de loin.

Un avant-goût du tome 3

Quelle est alors votre vision du contexte actuel ?

J’estime que la qualité globale des scénarios et des dessins a augmenté. Bien évidemment la bande dessinée est plus diversifiée, avec des niches plus ou moins pertinentes… L’offre est plus ciblée, plus qualitative dans plein de secteurs. Le vrai souci, c’est qu’avec la crise, les lecteurs se replient sur les valeurs sûres. Les éditeurs l’ont bien compris et ressentent cette crispation du marché, alors ils multiplient les dérivés de séries hyper-connues, car le lectorat se recroqueville là-dessus. Le risque à terme c’est que les lecteurs ne se contentent plus que de ça, car ils n’iront pas prendre de risques ailleurs. Ils en prennent d’ailleurs de mois en moins, et ça se comprend… leur portefeuille n’est pas extensible ! S’ils achètent trois spin-off de Thorgal, quatre de Lanfeust et deux de XIII, c’est autant d’albums de séries nouvelles qu’ils n’acquerront pas. C’est une vue à court terme, car le développement de ces licences va empêcher l’essor de certaines séries nouvelles qui auraient du potentiel. Les éditeurs se tirent une balle dans le pied. Par contre, pour les auteurs qui ont la chance de se retrouver là-dessus, c’est tout à leur avantage, car ce sont des ventes assurées et des revenus conséquents. Mais j’ai peur que le marché se dirige vers celui de l’Italie ou des USA, où seules deux catégories de BD se vendent : les licences fortes ou les auteurs qui se sont faits un nom.

Vous jouez pourtant avec les mêmes règles en publiant des dérivés de Sanctuaire, Bunker et Carthago ?

Il n’y a aucun spin-off de Sanctuaire. Il s’agit juste d’un remake, mais qui est une idée de l’éditeur et auquel je n’ai absolument pas collaboré.
Concernant Cathago Adventures, il s’agit plus de faire patienter les lecteurs après plus de deux ans d’attente, en sachant que dans tous les cas le tome 3 ne verra pas le jour avant un an et demi, deux ans... Quant à Bunker, les éditions Dupuis nous avaient demandé un nombre de tomes défini dès le lancement de la série. Assez rapidement, Stéphane Betbeder et moi nous sommes sentis un peu à l’étroit, d’où l’idée de ce que nous présentons plutôt un prequel, et qui devrait se limiter à 2 ou 3 albums, pas plus, avec plus d’un an d’écart entre chaque, afin d’explorer jusqu’au bout l’univers.

Je n’ai pas le sentiment d’avoir tiré sur la corde au niveau de mes séries : aucune n’a pour l’instant dépassé les cinq tomes. En même temps, en dehors de Sanctuaire, je n’ai pas eu de gros succès avec les énormes pressions qui y sont liées.

Prolonger une série tant que la qualité est là ne me dérange pas, c’est quand on a déjà tiré sur la corde bien au delà du raisonnable, et qu’en plus on rajoute 3 ou 4 séries parallèles, que ça devient plus embêtant, car purement commercial. Et on sait tous très bien les raisons de cela, personne ne me fera croire que c’est purement artistique.

Lire la seconde partie de cette interview

(par Charles-Louis Detournay)

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Lire la précédente interview de Christophe Bec : "Pour éviter de m’ennuyer, je change souvent d’univers "

 
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8 Messages :
  • Je suis tout à fait d’accord avec Christophe Bec sur l’analyse qu’il fait du repli du marché et de l’effet négatif de la multiplication des spin-off, en revanche je ne le suis pas quand il parle des "passionnés", car s’il me semble nécessaire que les éditeurs le soient (passionnés de BD) ce n’est pas le cas pour les auteurs, ni au début de leur carrière, ni par la suite. Certains auteurs n’ont jamais lu de BD avant d’en faire (de jeunes auteures en particulier en parlent dans leurs interviews), mais ont choisi ce medium parce qu’il est la jonction entre leur envie de raconter et celle de dessiner. Lire énormément de BD quand on en fait aurait selon moi plus un effet sclérosant qu’autre chose, car s’il permet d’apprendre un vocabulaire de la narration, il imprime des codes propres au média, qu’ils soient narratifs ou graphiques, dont il est difficile de s’éloigner. Avoir une formation graphique classique, lire des romans, voir des films me semble être un bagage plus sain pour développer une oeuvre personnelle.
    Quand aux auteurs ayant de la bouteille, il est logique que l’enthousiasme s’émousse, car peu de bd sont réellement exaltantes, novatrices, intellectuellement pertinentes et avec l’âge et l’expérience l’exigeance est plus forte.

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    • Répondu par Un auteur moyennement moyen le 17 janvier 2011 à  11:01 :

      Les éditeurs sont surtout passionnés par le fait de dégager des auteurs rentables, nuance. Mais cette passion est évidemment nécessaire, je vous le concède.
      oui, certains auteurs nourrissent leur univers avec de l’ailleurs, du différent.
      D’autres s’évertuent à cloner des albums existants.

      Les premiers cherchent leur salut dans un subtil jeu de progression de leur renommée, à glaner dans le milieu éditorial et la presse.
      Les seconds doivent vendre à tout prix (dans tous les sens du terme).

      les différences se creusent à tous points de vue :
      artistes / mercenaires
      best sellers / flops
      auteurs multi primés / piétaille anonyme
      albums de niche / soupe commerciale

      - La multiplication des titres permet aux lecteurs curieux de dénicher des auteurs qui correspondent bien à leurs goûts ou à leur soif d’originalités ; quant aux lecteurs consommateurs, ils sont bourrés de produits encore mieux formatés (spin-off, préquel...)

      - Avantage pour les éditeurs : énorme rotation des auteurs avec de meilleurs chances de dénicher l’auteur qui vend. Les ventes se regroupant sur quelques titres dégagent de meilleurs bénéfices. Les coûts d’impression des titres qui ne marchent pas sont déjà repris aux auteurs (par la fin progressive des à-valoirs)...

      - Avantage pour la presse : un plus grand vivier d’auteurs (notamment de jeunes auteurs) dans lequel exercer sa sélection. Des succès storys encore plus faramineuses (Van Hamme), des noms plus connus qui drainent un public plus vaste. Côté artistique, des révélations plus précoces (Vivès), des prix plus disputés et donc des articles plus excitants à écrire et à lire.

      - Les seuls à pâtir de cette nouvelle organisation du marché sont les centaines d’auteurs "artisans", moyennement connus, moyennement vendeurs, moyennement originaux, moyennement talentueux...

      Est-ce un mal ?

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      • Répondu le 17 janvier 2011 à  23:08 :

        Les seuls à pâtir de cette nouvelle organisation du marché sont les centaines d’auteurs "artisans", moyennement connus, moyennement vendeurs, moyennement originaux, moyennement talentueux...
        Est-ce un mal ?

        Oui c’est un mal, car les auteurs moyennement vendeurs ou moyennement connus ne sont pas toujours les moins intéressants et les moins talentueux, et ça devrait être eux que les éditeurs soutiennent, les livres de qualités, pas les plus putassiers/vendeurs.

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        • Répondu le 18 janvier 2011 à  09:54 :

          les moins intéressants et les moins talentueux sont de plus en plus rapidement éjectés par le système.

          ne restent que les connus (ventes inégales, qualité inégale, mais grosse presse), les gros vendeurs (qualité inégale, presse inégale mais bonne rentabilité) et l’immense cohorte des nouveaux entrants qui vont tenter l’aventure à leur tour.

          un éditeur perd beaucoup de temps et d’argent à essayer de faire progresser des auteurs moyens dans l’espoir qu’ils seront connus un jour ou qu’ils vendront beaucoup d’un seul coup... (ce n’est pas une loi absolue, les contre exemples ne manquent pas, mais un contre exemple ne prouve pas la proposition inverse)

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      • Répondu le 18 janvier 2011 à  10:53 :

        Les moyennement connus, moyennement vendeurs sont maintenant occultés par un nouveau type : les pas connus et les pas vendeurs, qui constituent le gros du
        troupeau sur 1500 auteurs.

        Bref, être moyennement connus, moyennement vendeurs, est encore pour l’instant un avantage énorme. D’analyser les panels de ventes sur 2009/2010,
        gfk et autres le montre très bien.

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      • Répondu par auteur carrément inconnu ! le 18 janvier 2011 à  10:56 :

        Si tu étais, comme on m’a qualifié, d’auteur carrément inconnu et pas rassurant pour les libraires, tu serais plutôt heureux d’être moyennement connu et moyennement vendeur.
        Je sias , c’est le nivellement par le bas ...

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      • Répondu le 20 janvier 2011 à  19:44 :

        les à-valoirs diminuent tellement que beaucoup d’auteurs sortent tout seuls du métier.
        les plus chanceux ont travaillé pendant 10/15 ans juste au dessus du smic puis ils dégringolent à 600 euros par mois, ils finissent forcément par faire autre chose.
        Tous ne peuvent pas faire de pub (le nombre de dessins en pub a diminué depuis les retouches photo faciles), tous ne peuvent pas être instituteur, encore moins prof...
        La rotation des auteurs qui rentrent et qui sortent du système est accélérée.

        Ce qu’on appelle ici un auteur moyen est un auteur qui est passé de 10/12.000 ventes moyennes à 3.000 ventes max par tome (Sans plus vendre de fond).

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        • Répondu le 20 janvier 2011 à  23:32 :

          Mais n’est-ce pas dommage de voir sortir du métier des auteurs de qualité comme Andreas, Bézian, Eric Maltaite, Olis, Pont et Abolin ? Un beau gâchis !

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