Fred ("Philémon") : « Pendant des années, je ne m’endormais jamais avant d’avoir inventé une histoire. »

15 mars 2011 14 commentaires
  • Après avoir rencontré Fred lors d’Angoulême 2010, pour [un premier entretien->art10010], coloré par son parler caractéristique qui retient l'attention, nous vous annoncions la parution d'une monographie à son sujet (Dargaud). Une exposition actuellement à Paris, [à la Galerie Martel->art11506], qui l'accompagne, a redoublé notre envie de prolonger l’échange : florilège de moments forts d’une vie de dessinateur de {Philémon} et autres merveilles poétiques...

Dans Fred, l’histoire d’un conteur éclectique (Dargaud), celui-ci se dévoile avec la collaboration de Marie-Ange Guillaume, notamment ancienne secrétaire de rédaction du magazine Pilote. L’ouvrage ne laisse à nul autre que Philémon le soin d’interroger son créateur sur sa vie et son parcours professionnel, relatés avec moult détails et à grand renfort de superbes illustrations. Il est agrémenté d’une préface rédigée par un vieux compère : François Cavanna. Avant même la publication du livre, Fred avait accepté de revenir pour nous sur certaines de leurs étapes marquantes.

Fred ("Philémon") : « Pendant des années, je ne m'endormais jamais avant d'avoir inventé une histoire. »
Fred se prépare à remettre le Prix Révélation du Festival d’Angoulême 2011, lors de sa cérémonie de clôture, au Théâtre d’Angoulême.
© 2011 Florian Rubis

« DES GRECS DE CONSTANTINOPLE »

Pouvez-vous nous en dire plus sur vos origines familiales ?

Moi, je suis d’origine grecque. Mes parents ont quitté la Grèce après la Première Guerre mondiale et le conflit gréco-turc qui s’ensuivit. Ils n’étaient pas ensemble alors. Ma mère avait dix ans. Elle se trouvait avec toute sa famille, tous ses frères et sœurs. Et puis, pour mon père, c’était pareil.

Vos parents étaient des Grecs de Constantinople, aujourd’hui Istanbul, je crois…

Oui, des Grecs de Constantinople. Ils sont arrivés… Ce qu’ils appelaient, pour eux, l’Europe. C’était Marseille. Bon, ils ne connaissaient pas. Ensuite, ma mère a continué, avec sa famille, jusqu’à Londres. Parce que mon grand-père maternel, que je n’ai jamais connu, était parti un peu avant, pour préparer le terrain et accueillir les siens, à Londres, donc. Je ne sais pas pourquoi, il était attiré par Londres ! En tout cas, ma mère a fait toutes ses études en Angleterre.

Faut-il y voir la raison pour laquelle vous aimez préciser que vous appréciez l’humour anglais, une sorte de legs familial chez vous ?

Oui, oui… Quand j’étais tout petit, ma mère me racontait des tas d’histoires. C’est elle qui m’en a fait découvrir beaucoup, en mélangeant toutes les mythologies : anglaise, grecque et Les Mille et une nuits.

Peut-on penser qu’elle y rajoutait des choses du genre de Peter Pan de James Matthew Barrie ?

Couverture de « Fred, l’histoire d’un conteur éclectique ».
© 2011 Marie-Ange Guillaume, Fred & Dargaud

Voilà ! Et tout ça m’a aussi appris à inventer des histoires ou, après, à avoir du plaisir à les écrire ! Pendant des années, des années vraiment, je ne m’endormais jamais avant d’avoir inventé une histoire. Il n’y avait pas de télé à l’époque ! Je ne sais même pas si on avait la radio. Ça durait peut-être vingt minutes. Je ne sais pas combien de temps on met à s’endormir. Quand l’histoire était très bonne, passionnante, je m’endormais encore plus tard. Des fois, ça s’enchaînait en rêves très bizarres !

Mais je laisse partir les choses. Justement, je les laisse partir : essayer de les contrôler, mais pas trop, quoi ! Je les laisse évoluer un peu de façon naturelle, indépendante. Je veux que les histoires soient vraiment indépendantes. Parce que si l’on réfléchit trop, si l’on veut faire le malin, ça se sent ! Des fois, ça marche. Mais il faut avoir beaucoup de talent. Alors moi, finalement, j’ai le talent de laisser partir le personnage et c’est moi qui le suis ! Je ne sais, souvent, d’une page à l’autre, ce qui va se passer. Ça peut changer ! Selon ce qui m’arrive dans la vie. Et la fin des histoires… Un album, vous savez, on met à peu près au moins un an, même les dessinateurs les plus rapides, pour réaliser un album d’une cinquantaine de pages. Il y en a qui travaillent très vite, qui savent exactement. Ils ont un plan très serré.

Par exemple, Goscinny, il aimait… C’était très, très précis… Ses scénarii d’Astérix et autres, c’était très très précis, écrits impeccables : il n’y avait rien à changer !

Alors que moi, ça peut changer tout le temps. Ça n’est pas écrit. C’est en tête. Comme ça, personne ne pourrait reprendre la suite de l’histoire que je suis en train de finir, que j’essaye de finir. Parce que personne ne la connaît. Je l’ai racontée plusieurs fois, mais elle est déjà changée, dix fois !

C’est un processus de création original. N’êtes-vous pas le seul à travailler comme cela ? La priorité donnée à la liberté de création…

Je pense qu’il n’y en a pas beaucoup. C’est ça parce qu’il faut que ça soit naturel. Ce n’est pas un truc qu’on peut apprendre. On est comme ça ! Moi, je suis à l’aise en travaillant comme ça et j’ai confiance en moi. Je sais que l’histoire va arriver, jusqu’au mot fin et que ça va être cohérent. Et tout ce qui a été écrit avant la fin de l’histoire se justifie.

Original de la quatrième de couverture de la monographie de Fred.
© 2010 Fred & Galerie Martel

« DANS LES BUREAUX DE PAUL WINKLER »

Lorsque vous étiez enfant, vous avez habité rue de la Paix, à Paris. Votre père y était cordonnier et c’est là qu’un de vos amis, le fils de la concierge voisine, vous emmena dans les locaux d’Opera Mundi. C’était l’Occupation. Vous auriez ainsi découvert votre vocation pour la bande dessinée…

Oui, c’est vrai !

Cette révélation se serait donc effectuée via Popeye et autres Mandrake le Magicien, je suppose ?

J’ai découvert ça et j’avais dix ans à l’époque. On allait à l’école communale ensemble, avec ce camarade.

Enki Bilal et Fred, durant le vernissage de son exposition à la Galerie Martel.
© 2011 Florian Rubis

S’agissait-il, précisément, des séries publiées via l’agence Opera Mundi de Paul Winkler et les débuts du Journal de Mickey  ?

Oui, c’est ça ! Oui, oui ! Mickey, Hop-là !, Robinson et tous ces trucs-là, issus de bandes dessinées américaines. Quand tous ces gens sont retournés aux États-Unis.

Peut-être faudrait-il rappeler que Paul Winkler était un juif français d’origine hongroise ?

Oui. Donc, il ne faisait pas bon rester là…

En somme, c’est dans les bureaux de Paul Winkler que votre vocation s’est dessinée, pourrait-on dire ?

Ah, oui, oui ! En effet… J’avais lu quelques bandes dessinées. Comme ça… Je trouvais ça très bien. J’avais neuf, dix ans, hein ! Et puis là, ce petit garçon, ce fils de concierge, qui était un ami, un jour, il avait pris les clés des bureaux d’Opera Mundi qui étaient dans l’immeuble dont ses parents étaient les gardiens.

« Tiens, je vais te montrer un truc ! » Alors là, c’était extraordinaire ! On sentait que tout avait été abandonné dans l’excitation. Des albums traînaient. Il y avait sûrement des originaux, de Mandrake et autres. Mais je ne m’en rendais pas compte, évidemment, à l’époque. Et j’avais emmené plusieurs albums.

Pris dans les bureaux, donc ?

Je ne les avais pas volés : le fils du concierge me les avaient donnés. Il avait dit : « Tiens, prends-les ! ». Ils étaient là, à traîner… Ça aurait fini dans les poubelles de toute façon !

Une planche du « Naufragé du "A" ».
© 1987 Fred & Dargaud

« GOSCINNY, C’ÉTAIT UNE GRANDE AMITIÉ »

Dans la monographie publiée récemment, vous ne pouviez manquer également d’évoquer, entre autres incontournables, Hara-Kiri, Pilote, ou René Goscinny ?

Et Cavanna, Choron, Cabu, Wolinski et tous les amis des débuts.

Goscinny n’avait-il pas rédigé la préface du Naufragé du A à l’époque de sa publication ?

Oui, oui !

Confirmez-vous que lui avait accepté de publier Philémon, tandis que Yvan Delporte vous l’aurait refusé ?

Dessin inédit de Philémon par Fred.
© 2010 Fred

Tout à fait ! Vraiment, en une demi-heure, c’était fait ! Mais, il a pris des risques, Goscinny ! Parce que Philémon, ça n’était pas évident ! Ça sortait des sentiers battus.

Vous vouliez être publié dans Spirou et, finalement, vous vous êtes retrouvé dans Pilote

Oui, mais c’était très bien ! J’étais allé voir Spirou en premier. Parce que, à l’époque, c’était le numéro 1 dans le genre, comme journal pour adolescents. Puis, comme j’avais été refusé, je me suis rabattu sur Pilote, qui venait en second, comme objectif, pour moi. Puis, là, ça a marché, et je ne regrette pas du tout !

En plus, Goscinny, c’était une grande amitié, quand même ! En dehors du talent qu’il avait, c’était quelqu’un d’adorable, qui avait beaucoup de goût. Surtout !

Vous entreteniez manifestement de très bons rapports avec lui ?

Ah, oui ! Très bien ! Dans le travail et comme ami. C’était un plaisir de travailler avec lui. On a travaillé presque tous les jours ensemble. On a aussi fait une émission de radio qui a duré presque trois mois sur Europe 1 : Le Feu de camp du dimanche matin. Et puis, c’était une heure de grande écoute, hein ! Le dimanche matin !

(par Florian Rubis)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

En médaillon : Fred, lors de la cérémonie de clôture du Festival d’Angoulême 2011 © 2011 Florian Rubis

Fred, l’histoire d’un conteur éclectique - Par Fred & Marie-Ange Guillaume – Dargaud – 224 pages, 29 euros

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14 Messages :
  • est ce que il vous donné des infos sur le prochain philémon ? date de parution....?

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    • Répondu par rokkapokka le 15 mars 2011 à  13:05 :

      Dans l’entretien de mars 2010, Fred disait "J’ai donc vingt-huit pages qui sont faites depuis longtemps actuellement… Je sais que là, quand je vais rentrer, je vais me reposer quelques jours. Après, je me mets à la suite de l’histoire. Il reste une vingtaine des pages : j’espère finir pour la fin de l’année. Mais ça n’est pas sûr."
      Et dans DBD 51 du mois de mars 2011, il dit aussi qu’il a fait 28 pages et ajoute qu’il a dû s’arrêter deux ans.
      Difficile donc de prévoir, j’imagine.

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    • Répondu par Florian Rubis le 15 mars 2011 à  13:48 :

      Je viens de téléphoner à Fred, afin d’avoir les nouvelles les plus "fraîches" possibles à ce sujet.

      Il dit avoir fixé la date de parution du nouvel album de Philémon au : "1 er avril 3012"...

      Blague à part, Fred précise avoir terminé 27 pages, mais être handicapé par des problèmes d’arthrose, qui rendent la suite de son travail difficile. Une date de sortie n’est donc pas encore déterminée.

      Le dessinateur rajoute à ce sujet : "Je finis quand je finis. C’est l’éditeur qui s’adapte !"...

      Cordialement, F. R.

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      • Répondu par Norbert le 15 mars 2011 à  15:08 :

        Bravo monsieur FRED ! Vous êtes un grand auteur et merci encore de nous avoir fait rêver avec vos magnifiques histoires. Je regrette simplement que votre œuvre n’ait pas été mise mieux en valeur (albums mal imprimés au début, puis trop grands, trop chers, avec une maquette discutable et donc moins accessibles au grand public par la suite).
        Je vous souhaite de tout cœur de parvenir à terminer l’album en cours, même si je suis quelque peu inquiet à son sujet.

        Encore bravo et longue vie !

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  • S’endormir en inventant des histoires, et "Je finis quand je finis. C’est l’éditeur qui s’adapte !". Voila de bien sages paroles, dont devraient s’inspirer bien de jeunes auteurs.

    Mais l’oeuvre de Fred est unique, sacrebleu ! On parle souvent de sa poésie, mais pour moi son Philémon est surtout en relation avec l’onirisme et la logique des rêves. Cette interview en donne une bonne preuve. Il y a bien longtemps, des cartes de géographie (formes bizarres agrémentées de nombreux noms exotiques. Et oui à l’époque google earth et les GPS (bien utiles ma foie pour connaitre à l’avance l’emplacement des radars placés en embuscade, une excellente forme de prévention !) n’existaient pas) ornaient les salles de classe, je suppose que l’écolier Fred y somnola parfois. Est ce l’origine de son inspiration pour cette superbe série au charme intemporel ? Je souhaite une heureuse retraite à cet auteur complet (conseil d’ami : n’oubliez pas le délicieux Time is money, avec le regrètté Alexis ; voila qui ferait encore une belle Intégrale chez Dargaud, dont le fonds historique comporte encore bien des trésors !!), même si j’espère bien qu’il terminera le prochain Philémon rapidement !! Cordialement et avec tous mes respects pour celui qui osa publier une série si personnelle avant 1968, entre les pages d’Astérix, Tanguy et Barbe-Rouge (séries excellentes au demeurant) !

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    • Répondu par ishimou le 16 mars 2011 à  17:20 :

      Fred, toujours aussi subversif ! Un bol d’air dans ce merdier d’esclaves consommateurs.

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      • Répondu par Oncle Francois le 16 mars 2011 à  21:06 :

        Pourquoi parlez vous de merdier d’esclaves consommateurs ? Pour moi, ce sont les auteurs qui sont asservis par les éditeurs ou par leur désir personnel de réussite commerciale. En tout cas, l’oeuvre de Fred n’a pas pris une ride, qu’il s’agisse de ses débuts dans Arras qui rit ou de son très joli Philémon. Magnifique et jamais vulgaire, extrèmement personnel, ne devant rien à personne, tout-public, ayant eu du mal à ses débuts, pour moi c’est la définition d’un auteur indé, bien avant que ce terme ne devienne synonime de branchitude d’époque actuelle, superficielle et sans consistance. Il me semble d’ailleurs que les journalistes spécialisés dans ce créneau marketing ont rarement parlé de l’oeuvre de Fred. Trop vieux pour eux ? Oui, c’est certes vrai, il a surtout publié au cours du XXème siècle, est ce un tort ? Mais en ont-ils seulement entendu parler ? Telle est la question que je me pose, même si je ne suis pas un lecteur assidu de ce type de presse...

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    • Répondu par Norbert le 16 mars 2011 à  19:06 :

      D’accord pour l’excellent "Time is money", malheureusement introuvable dans le commerce et dont j’ai la chance de posséder l’édition dans la collection 16/22 de Dargaud, achetée à sa sortie par mes parents...
      Une réédition de qualité serait la bienvenue !

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      • Répondu par Oncle Francois le 16 mars 2011 à  20:52 :

        Les éditeurs multiplient actuellement les réhabilitations de leur glorieux passé, injustement oublié au cours du début de ce siècle ingrat à la courte mémoire. Mais depuis deux ou trois ans, la roue tourne, mes bons amis ! Il suffit de voir le nombre d’intégrales publiées un peu partout, parfois avec qualité ! Donc j’ai bon espoir pour bientôt, il suffit d’être patient ! Ce genre de livres indisponibles depuis longtemps présente l’avantage de présenter d’excellentes histoires, bien écrites (il fallait tenir le lecteur de Pilote-hebdo en haleine sur plusieurs mois !!), et remarquablement dessinées. A l’époque, la mode n’était pas au dessin rapidement bâclé : le métier, la compétence et le professionalisme ne pouvaient s’accommoder de la spontanéité instinctive, parfaite pour masquer de graves lacunes graphiques ou un discours sans structure. Donc prenez votre mal en patience : le principal mérite de la collection 16/22 était de présenter des albums non disponibles à l’époque en librairie (comme les Spaghetti de Goscinny ou Attanasio, ou le recueil des histoires completes de Valerian parues dans Super-Pilote Pocket, si ma mémoire est bonne). Et une belle Intégrale Alexis est parue récemment chez Audie, de quoi donner des idées aux gens de Dargaud...s’ils en manquaient spontanément !°)

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      • Répondu par Alex le 17 mars 2011 à  01:36 :

        Et le sous-titre de "Time is Money" était particulièrement malin : "Ils voyagent dans le temps pour de l’argent"

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        • Répondu par Oncle Francois le 17 mars 2011 à  17:04 :

          Vous avez raison, voila un excellent slogan pour tout éditeur décidant de publier de belles rééditions en intégrales !

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          • Répondu par Alex le 17 mars 2011 à  23:41 :

            Oui, si je me souviens bien les 16/22 impliquaient aussi un redécoupage des planches originales pour coller au format. Comme Norbert, j’ai "Time is Money" uniquement dans ce format. Frustrant... J’achète illico une belle réédition.

            Alexis -trop tôt disparu- aurait pu être l’un des monstres sacré de la bd de nos jours. Quel dessinateur, quelle maîtrise, et pour quoi ? Pour de l’Umour !!! (Les "Al Crane" demanderaient aussi une réédition, mais vu l’ambiance j’y crois pas trop. C’était déjà incorrect il y a 35 ans, maintenant ce serait carrément criminel)

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  • Hum, le fond de l’air est Fred !°)

    j’ai pu voir les Intégrales Philémon en librairie. Du bel ouvrage ! Il me semble que la réduction de format ne gêne en rien la lecture, et il s’agit de livres épais luxueusement présentés. A nouveau, j’ai été émerveillé par la richesse d’inspiration, la poésie et l’humour de cette grande oeuvre.

    Je remarque qu’entre Fred et Brassens, ce sont deux moustachus qui reviennent sous les feux de l’actualité. Il me semble dans les deux cas que leurs oeuvres n’ont pas pris une ride. J’en recommande la lecture fortement !

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    • Répondu par Jean-Jacques le 27 mars 2011 à  16:27 :

      leurs oeuvres n’ont pas pris une ride.

      Au contraire, Fred comme Brassens sont extrèment typés de leur époque, Philémon a quelque chose de démodé comme le Sapeur Camembert, très psychedelique. Brassens est totalement d’une autre époque, déjà à l’époque son écriture était celle d’un autre temps, alors que, par exemple, l’oeuvre de Charles Trenet franchit les époques sans aucun problème, paroles comme musiques.

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