Guy Vidal quitte la Direction éditoriale de Dargaud

7 mars 2002 0 commentaire
  • Dans l'éditorial de "La Lettre" de Dargaud, Guy Vidal annonce à demi-mots son départ des Editions Dargaud. C'est une grande figure du monde de l'édition qui s'éclipse discrètement.

"En 1963, je gare ma Vespa rue du Louvre, à Paris, pour me rendre à mon premier rendez-vous avec MM. Goscinny et Dargaud, qui reprennent la direction de "Pilote". Dans l’ascenseur, je croise un certain Blueberry en partance pour Fort Navajo."

Ainsi, Guy Vidal entame-t-il sa chronique nostalgique qui débute chaque numéro de "La Lettre" de Dargaud. Mais, cette fois, avec sans doute un brin d’émotion au bout des doigts qui pianotent sur son clavier. Car le Directeur Editorial des Editions Dargaud y annonce son départ : "Je vais prendre du champ pour me consacrer davavantage à mon petit-fils et au sport".

Guy Vidal est un électron libre de l’édition BD. Journaliste, il avait commencé à Radio Luxembourg en pleine période "yé-yé", pour y interviewer des "idoles" avant d’entrer à "Pilote" à l’âge de 24 ans. Scénariste de pages d’actualités pour tous les jeunes auteurs de l’époque, il passera à la vitesse supérieure en offrant au magazine ses premiers véritables scénarios "adultes", à la fin des années 60, avec "Ian Mc Donald", pour Antonio Parras. Des scénarios engagés, qui se termineront, pour la première fois, par la mort du héros, dans le fabuleux "Tu n’es pas le bon dieu, petit chinois". Un choc pour tous les lecteurs de l’époque ! Une veine engagée politiquement qu’il poursuivra avec Clavé ("L’île aux Chiens", "Les Innocents d’El Oro") et Bignon ("Une éducation algérienne", "Plus con, on tue", etc.).

Rédacteur en chef de "Pilote" de 1973 à 1981, Guy Vidal papillonnera ensuite (on lui doit, entre autres, un scénario de "Lucky Luke") avant de revenir chez Dargaud, comme codirecteur littéraire puis Directeur éditorial. On lui doit la refonte du catalogue après la perte d’Astérix et la création de l’exceptionnelle collection "Poisson Pilote". Il s’éclipse en beauté avec la collection "Fictions", qui naît en mars chez Dargaud.

Même si le côté passéiste de ses éditoriaux de "La Lettre" peuvent agacer parfois, c’est une personnalité brillante qui s’éclipse en douceur, et l’une des plus belles plumes de l’édition de bande dessinée. Une plume que l’on pourra continuer à apprécier puisqu’il n’abandonne pas l’éditorial de "La Lettre". En attendant, on peut le supposer, la publication de ses souvenirs de quarante années de bande dessinée.

(par Patrick Albray)

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