HOP ! Il était une fois dans l’Ouest !

24 août 2012 3 commentaires
  • La vénérable revue d'études de bande dessinée {HOP !} en est à son 134ème numéro, un record dans l'espace francophone ! L'occasion de revenir en détail sur l’œuvre de Gino D'Antonio et sur l'éphémère revue {"Whisky & Gogo"} !

Alors que sa série "L’Histoire de l’Ouest", longue de plus de 7000 planches, sort enfin en français dans une collection d’albums en librairie (aux éditions Clair de Lune), HOP ! revient sur la longue et riche carrière de Gino D’Antonio.

Scénariste et dessinateur italien au style réaliste et dynamique, il a œuvré pour un large public populaire. Ses bandes, y compris "L’Histoire de l’Ouest", furent souvent traduites en français dans les petits formats tels "Hondo", "Kit Carson", "Pecos Bill", "Whipii !", "Pirates", "El Bravo", "Carabina Slim", etc.

Né à Milan en 1927, il apprend à dessiner en autodidacte et c’est par hasard qu’il va devenir professionnel grâce à un voisin, Mario Oriani, qui souhaite monter une petite maison d’édition et qui cherche des partenaires ! Sa collaboration va durer environ une année et lui permettra d’être remarqué par Mario Leone qui lui propose le scénario des "Angelli della strada" que vont publier les éditions Ippocampo [1]. Nous sommes en 1950.

Le dessinateur Rinaldo D’Ami (Roy D’Ami), qui habitait aussi près de chez lui, lui proposa d’intégrer son studio. Là, D’Antonio va apprendre toutes les ficelles du métier et rencontrer de nombreux dessinateurs, dont Fernando Tacconi et Renzo Calegari qui feront souvent équipe avec lui.

D’Ami travaillant pour les titres Bonelli, D’Antonio va avoir des contacts utiles dans cette maison d’édition où il y réalisera plus tard notamment "L’Histoire de l’Ouest".

"Storia del West" aux éditions Bonelli, 1967-1980.

Entretemps, D’Antonio collabore à la célèbre revue "Il Vittorioso" autour de laquelle il a rencontré Sergio Tarquinio et Renato Polese avec qui il travaillera par la suite (entre autres sur "L’Histoire de l’Ouest").

Rinaldo D’Ami avait compris que la Grande Bretagne représentait un marché potentiel pour les Italiens. Il va jouer un rôle prépondérant en servant d’intermédiaire, via son studio, à bon nombre de dessinateurs. Ainsi, D’Antonio va pouvoir travailler, de 1955 à 1971, pour les principaux hebdomadaires de l’époque publiés par Amalgamated Press, Fleetway, IPC, Odhams et dans de nombreux petits formats de guerre repris en français chez Impéria et Edi-Europ [2].

En Italie, il entame à partir de 1970 une longue collaboration avec l’hebdomadaire "Il Giornalino" et, avec Calegari, ils proposent aux éditions Bonelli le projet "Storia del West" (’L’Histoire de l’Ouest")... La série, point d’orgue de sa carrière, durera de juillet 1967 à décembre 1980, remportant plusieurs prix !

Toujours pour les éditions Bonelli, Gino D’Antonio réalise six albums de la collection "Un Homme, une aventure" (1976-1980) ; seize épisodes de la série "Bella et Bronco" en 1984 et 1985 ; une trentaine de numéros de la série policière "Nick Raider" entre 1989 et 2003 ; ou encore un ultime western de 248 pages, "Bandidos", dessiné par son ami Renzo Calegari et publié en juillet 2007, sept mois après sa mort.

Gino D’Antonio est décédé le 24 décembre 2006 à Milan à l’âge de 79 ans. "L’Histoire de l’Ouest", rééditée aujourd’hui chez Clair de Lune, ainsi que ce numéro de HOP ! sont l’occasion de redécouvrir son formidable talent !

Whisky & Gogo

Autre sujet dans ce numéro de HOP !, un dossier sur la revue "Whisky & Gogo" de la Sagedition qui connut cinq numéros en 1970 et 1971.

HOP ! Il était une fois dans l'Ouest !
"Whisky & Gogo" n°1, août 1970

Au sommaire de cette éphémère revue : "Rick O’Shay", une série western humoristique au dessin semi-réaliste de Stan Lynde ; "Bugs Bunny" par Ralph Heimdahl ; "Whisky & Gogo" et "Les post-historiques", deux séries de Bottaro ; "Aigle Noir" dessiné par Fernando Fusco ; et surtout "Le shérif solitaire" par Arturo del Castillo.

Del Castillo était l’un des plus grands dessinateurs argentins de BD des années 1950-1960. Son graphisme esthétique, rehaussé par des hachures, est d’une grande finesse. On dit aussi que ses bandes dessinées (notamment "Randall the killer") auraient influencé Sergio Leone pour le personnage incarné par Clint Eastwood dans ses films...

Pour finir, HOP ! revient sur les décès qui ont endeuillé le petit monde de la B.D. depuis le trimestre dernier, avec entre autres les biographies de : John Severin, Bertrand Charlas, Ronald Searle, Sid Couchey, Marv Levy, Antonio Mingote, Rodolfo Cimino, Jerry Robinson, Jean Giraud, Francesco Gamba, Eddy Paape, André Joy, André Leborgne, Eduardo Barreto, Joe Simon, Jim Unger, Sheldon Moldoff, Vicar, John Celardo, Juan José Sarto, Dave Hoover, Ernie Chan, Antonio Segura, Enio, Mick Anglo, Tony De Zuniga, Joaquim Muntanola, Carlo Peroni, Fran Matera,...

HOP ! demeure une source indispensable d’informations sur la B.D., toujours passionnant et richement illustré.

(par François Boudet)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Contact : Hop ! (Rédaction), 56 boulevard Lintilhac, 15000 Aurillac.

Plus d’articles concernant la presse en bande dessinée

[1Traduit en France par la Sagedition sous le nom de "Petits Moineaux" n°1 à 16.

[2Dans "Battler Britton", "Rangers", "Navy", "Attack", "Panache", "Vautour", "Raid", etc.

 
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3 Messages :
  • Étrange de mettre Ronald Searle dans le petit monde de la B.D.

    Sinon vous vous êtes trompé dans les liens, vous avez mis l’article dans "infos", pas dans "presse".

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    • Répondu par Morgan Di Salvia le 24 août 2012 à  20:30 :

      Autant rendre les frontières entre bande dessinée et dessin perméable, ça permet à nos lecteurs de faire des découvertes. C’est la même logique qui nous conduit de temps en temps à parler de supports de presse dans notre rubrique infos, qui est plus médiatisée.

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    • Répondu par Dominique Petitfaux le 25 août 2012 à  01:13 :

      La bande dessinée n’est pas un "petit monde", c’est un univers, dont "Hop !" explore le passé sans a priori théoriques ou esthétiques, ce qui l’amène effectivement parfois dans son extraordinaire rubrique nécrologique à mentionner des dessinateurs qui n’ont pas - ou peu - pratiqué la bande dessinée. La revue existe depuis bientôt quarante ans, et repose presque uniquement sur les épaules de Louis Cance, qui a maintenant 73 ans : on peut donc penser que dans quelques années il n’y aura peut-être plus de revue de langue française sur l’histoire de la bande dessinée. Rappelons que la première revue de ce type, "Giff Wiff", est née en France il y a exactement cinquante ans, et qu’après "Hop !" la revue historique qui dura le plus longtemps fut "Le Collectionneur de bandes dessinées" (1977-2008).

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