Ils veulent interdire le Musée du Chat !

2 mai 2021 31
  • Le succès médiatique des sculptures du Chat de Geluck sur les Champs a fait grincer les dents des pontes parisiens de l’art contemporain . Mais pas qu'eux : la polémique rebondit en Belgique où deux enseignants demandent purement et simplement dans une pétition « l'abandon du projet du Musée Le Chat. » Philippe Geluck est atterré par cette attitude qui montre surtout l’ignorance, et du projet, et des enjeux d’un tel événement culturel dans la capitale belge.

À quelques jours de son agrément pour travaux de la part du gouvernement de Bruxelles-Capitale pour la construction-rénovation du bâtiment qui doit accueillir le Musée du Chat et du dessin d’humour, deux enseignants, Denis De Rudder, artiste et professeur de dessin à l’école d’art et de design de La Cambre en Belgique et Sandrine Morgante, artiste et conférencière dans le même établissement, ont écrit une lettre-pétition adressée au président de la Région Bruxelloise Rudy Vervoort pour faire part de leur « incompréhension » et de leur « inquiétude », voire leur « consternation » et leur « révolte » « face au projet du Musée du Chat qui vise essentiellement à la promotion de l’œuvre de Philippe Geluck et dont la presse s’est fait l’écho ces derniers jours. »

Lancée le 25 avril dernier, la pétition a recueilli à ce jour un peu moins de 5000 signatures, ce qui n’est pas gras face à l’incroyable notoriété de l’exposition des sculptures du Chat sur les Champs-Élysées à Paris qui a rassemblé 1,5 millions de visiteurs depuis mars, avant d’autres prévues en province dans les prochains mois. Le projet très politique de cette pétition a une cible : le permis de construire d’un Musée dont on sait qu’il est déjà quasiment financé par des fonds privés (grâce à des sculptures vendues 300 000 € pièce et dont 18 sur 20 ont d’ores et déjà trouvé acquéreur) qui doit prendre place dans un bâtiment public faisant l’objet d’un bail emphytéotique (un bail de longue durée) concédé à son promoteur.

Ils veulent interdire le Musée du Chat !
Les pétitionnaires ont produit, pour appuyer leur démonstration, ce dessin qui est une pure invention. Quel talent !

« Ce n’est pas de la culture ! »

Qui sont les « lanceurs d’alerte » ? Un artiste dont le principal fait d’armes est d’avoir décoré une station de métro à Bruxelles (le métro La Roue) et une artiste-conférencière, qui a déclaré voici quelques jours à la télévision belge que « … Le Chat, ce n’est pas de la culture et il n’a pas sa place dans un musée. Un musée est un lieu qui doit conserver un patrimoine, il doit être un outil pédagogique et montrer des œuvres d’art qui ne pourraient pas être vues autrement. Comme la bande dessinée peut être vue ailleurs, elle n’a pas sa place dans un musée et ce n’est pas de l’art.  »

Outre les énormités rétrogrades sur le statut de la bande dessinée comme art, sujet déjà débattu dans ces pages sur lequel nous ne reviendrons pas, nous sommes frappés par les contrevérités qu’aligne leur pétition.

Ainsi disent-ils : « Qu’il nous soit cependant permis d’affirmer que les personnages de bande dessinée sont d’abord conçus pour exister dans les journaux et les livres ». Qu’ils affirment seulement. Outre que le Chat relève davantage du dessin d’humour que de la BD, cette assertion est aussi idiote que d’affirmer que les cathédrales et les églises sont d’abord conçues pour prier. C’est pourquoi nous n’argumenterons pas plus loin.

« Qu’il nous soit cependant permis d’affirmer que les personnages de bande dessinée sont d’abord conçus pour exister dans les journaux et les livres ». Ah bon ?
Photos : D. Pasamonik (L’Agence BD)

« Produits dérivés »

L’autre reproche, déjà avancé par leurs collègues parisiens, c’est la qualification supposée infamante de « produit dérivé » [sic] : « Mis à part les planches originales, les objets exposés dans un musée tel que celui qui est en projet sont nécessairement des produits dérivés. L’exemple du Centre de la Bande Dessinée de la Rue des Sables en atteste à suffisance. »

La suffisance est de leur fait. Notons d’abord que ce n’est pas sympa pour le Centre Belge où les expositions de qualité sont nombreuses depuis plusieurs décennies. Et quoi ? Le Centre belge exposerait des produits dérivés, vulgaires comme des Citroën Picasso ? Quel culot !

Nos signataires, tout à leur fureur, opposent un projet de musée d’art moderne longtemps promis par la Ville de Bruxelles et qui ne se réalise pas faute d’argent public, à un projet privé participant à la rénovation d’un patrimoine de l’État, et déjà quasiment financé. Un schéma semblable à celui du… Centre Belge de la BD qui a sauvé naguère, en s’y établissant, un joyau architectural Art nouveau de Victor Horta que l’État avait laissé en abandon.

Un projet qui dépasse la seule œuvre de Geluck

Nos Fouquier-Tinville de l’art contemporain ignorent surtout que le projet du Musée du Chat n’est pas seulement dédié à l’œuvre de Philippe Geluck. Il s’intéresse aux deux thématiques qui caractérisent son travail : le chat d’abord, dont la présence dans l’art à travers les siècles est un sujet particulièrement riche et pertinent quand on s’intéresse à l’histoire des représentations ; le dessin d’humour ensuite qui – des amphores grecques à Daumier, du Charivari à Charlie Hebdo- a joué un rôle déterminant dans nos cultures.

La pétition conclut -il fallait bien ce dernier argument- sur l’aberration urbanistique du projet, l’architecte Hebbelinck s’employant d’abord à préserver les structures existantes. C’était son cahier des charges, afin de préserver la cohérence architecturale du quartier (le dessin représenté ci-dessus est une invention de l’auteur de la pétition) plutôt qu’un « geste architectural » qui aurait davantage constitué à « bruxelliser » la ville. [1]

Philippe Geluck a semble-t-il été chagriné par cette polémique. Dans son esprit -mais aussi dans le nôtre- un Musée du Chat, au cœur du « quartier des musées » bruxellois contribuerait encore davantage au rayonnement de la ville. Il a invité ses interlocuteurs à proposer un projet aussi bien ficelé que le sien. La presse naïve ou avide de scandale en a conclu à un renoncement.

Il n’interviendra pas : depuis que le monde est monde, les chiens aboient et le chat passe.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

LIRE AUSSI :

- Notre interview de Philippe Geluck au sujet de cette pétition par Charles-Louis Detournay à Bruxelles

[1En architecture, le terme de « bruxellisation » désigne le saccage architectural d’une ville laissée à la merci des promoteurs.

 
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31 Messages :
  • Ils veulent interdire le Musée du Chat !
    3 mai 07:09, par jean naymare

    J’ai regardé avec consternation l’intervention télévisée des deux extrémistes contemporains ( je mets le lien ) Sandrine Morgante et Denis De Rudder, leurs propos sur la bande dessinée sont indignes de professeur ou de conférencier et abîment la réputation de la Cambre. Un passage sur la page Facebook de Sandrine Morgante vous fait très vite comprendre qu’avant d’être artiste ou conférencière ( je cherche les deux sur le net sans trop de résultat) elle fait avant tout de la politique, à l’extrême gauche et dès lors on comprend mieux l’outrance de ces propos. Quant à Philippe Geluck il est aujourd’hui "une pauvre petite victime" et son fan club resserre les rangs dans une contre pétition à travers laquelle il sortira grand vainqueur. Cependant, cette histoire révèle que la région (dirigée par le PS) donne 10 millions d’euros de subside à un projet cultrel lié à la BD alors que dans le même temps elle est incapable de sauver 7 emplois au centre belge de la dessinée. Que fait notre Geluck de gauche dans ce marasme ? à part faire du lobbying et tenter de devenir la BD à lui tout seul. Entre les excès de langage de nos deux extrémistes contemporains et l’égo surdimensionné de Geluck, cette histoire confirme une société de plus en plus inéquitable, sous pression, pour combien de temps encore ?
    https://www.rtl.be/info/magazine/c-est-pas-tous-les-jours-dimanche/polemique-autour-du-musee-du-chat-philippe-geluck-se-dit-pret-a-se-retirer-1296604.aspx

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    • Répondu par le chat errant le 3 mai à  10:12 :

      Il me semble que ici, on parle d’argent public et fonds privé pour un musée et ceci est completement entendable.
      On peux se rappeler le musée de la fondation vuitton à paris et les questions que se pose la cours des comptes voir le lien :
      https://www.liberation.fr/france/2018/11/29/les-fondations-douteuses-du-tres-cher-musee-de-bernard-arnault_1695084/
      Mais Geluck est loin de faire ceci pour une optimisation fiscale, quoi que, c’est une question que l’on peut se poser légitimement puisqu’il s’agit d’argent publics.
      Apres, le raccourci extreme gauche = outrancier, mouais, moyen comme argument surtout que sur sa page d’accueil Facebook de morganne sandrine, elle défend l’hopital public et demande de l’argent pour un meilleurs systeme de santé public, certainement quelque chose qui doit vous dépassez en somme.

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  • Ils veulent interdire le Musée du Chat !
    3 mai 07:28, par Laurent

    Cela aurait pu être une bonne blague, un poisson d avril. Ce n’est que le reflet d une époque où un seul peut proférer une énorme bêtise pour qu elle soit reprise par un troupeau bêlant. Je ne sais pas ce qui m étonne le plus ; qu une telle pétition puisse avoir été écrite ou qu elle recueille 5000 signatures.
    Il est temps que la bande dessinée quitte les musées dédiés et entre dans les musées tout simplement.

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  • J’ai lu la pétition et effectivement on peut s’étonner du nombre d’erreurs ou d’approximations qu’elle contient.

    Oui, Didier, il faut revenir encore et encore sur ce procès consistant à dire qu’il y a des choses qui peuvent être exposées dans un musée et d’autres non. Reproche-t-on à un musée d’architecture d’exposer des plans d’architecte ? A un musée du design d’exposer des chaises ou des télévisions en plastique (très beau musée Adam à Bruxelles, soit dit en passant) ? A un musée d’art d’exposer les dessins de Rubens ? Quand je passe par Strasbourg je vais au musée Tomi Ungerer. La dernière fois que j’y ai été on pouvait voir des dessins de Blutch et c’était formidable.

    J’ai par ailleurs un très bon souvenir de l’expo que Geluck avait présenté il y a presque vingt ans à Paris (à l’Ecole des beaux-arts, faut-il le rappeler) et à Bruxelles. Je me souviens qu’on n’y exposait pas que des dessins, que la scénographie était très réussie, que Geluck, déjà, déclinait son travail avec des sculptures, des vidéos, des peintures...

    Et puis surtout, comment reprocher à la Région bruxelloise de ne pas s’investir dans le musée d’art moderne ? On sait très bien que ces collections relèvent du fédéral et non de la région. Bruxelles a d’ailleurs proposé au fédéral, me semble-t-il, de les accueillir dans le bâtiment Citroën, futur musée d’art moderne et contemporain porté par la région (un projet qui a également été très critiqué à l’époque par les milieux de l’art bruxellois) ; le fédéral à l’époque n’a rien voulu savoir. S’il faut signer une pétition pour exiger que le fédéral trouve une solution afin que les collections d’art moderne puissent à nouveau être visibles, alors oui, je la signe. Mais opposer ce dossier avec celui du musée de Geluck me semble vraiment contreproductif.

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  • Le plus étonnant c’est que vous soyez encore étonné que l’art populaire n’ait plus le droit de citer, ça fait longtemps que tout est mis en place pour que nous en arrivions là.

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  • Ils veulent interdire le Musée du Chat !
    3 mai 11:46, par ETIENNE MOULRON

    Deuxième lettre ouverte à Philippe Geluck

    Cher Philippe Geluck,

    Vous êtes bien triste ces jours -ci et comme je le comprends au vu de cette pénible situation qui semble s’enliser et s’assombrir !

    Moi-même qui cherche à installer " La Maison de l’Humour et des arts burlesques" depuis 15 ans, je le fus souvent à mon tour mais l’ai jamais désespéré et j’ai toujours continué ma quête en me rappelant cette juste phrase de Guillaume d’Orange :
    " Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer "

    Au vu de tous ces évènements de nature quelque peu frontesque et pas tous dénués d’intentions pures frappant notre plat pays, pourquoi ne pourrions-nous pas envisager un nouveau compromis à « la belge » face à la mini tempête frappant « Le Chat » et son musée ?

    Pourquoi ne pas les rassembler et les réunir en un seul musée ces 2 entités, à Tournai, dans cette si jolie cité où furent imprimés chez Casterman tant de vos albums que tous ceux du grand Hergé pour ne citer que vous deux et cela en cumulant et rassemblant leurs moyens et leurs investisseurs ?

    Pourriez-vous concevoir que « Le Musée du chat et du dessin d’humour » et « La Maison de l’Humour et des arts burlesques » soient réunis de façon tellement complémentaires et en parfaite synergie en un seul endroit mais en conservant chacun à la fois toute leur indépendance de "chat" que l’on connaît bien en ce pays mais également en bénéficiant de cette immense synergie, ensembles et pour le grand plaisir de tous !

    Voilà qui réglerait bien des problèmes de diverses natures et permettrait à chacune de ces 2 si belles expressions de l’humour d’exprimer toutes leurs potentialités et tous leurs champs , tout en gardant leur totale indépendance et leur entière autonomie en ayant des actions et un marketing commun.

    Qu’en pensez-vous cher Philippe Geluck ?

    Les tournaisiennes et les tournaisiens sont souvent sinon toujours là pour ce type d’aventures en particulier et quand ils sont là, On peut qu’mincher, les Tournaisiens sont là " et Nous sommes sauvés car ils sont là !"

    On pourrait en discuter tout du moins ?

    Gélastement et châtement vôtre
    Etienne Moulron
    Fondateur de la Maison de l’Humour
    https://maisonhumouretdesartsburlesques.blogspot.com/...

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  • Ils veulent interdire le Musée du Chat !
    3 mai 11:53, par Philippe Wurm

    Il y a 25 ans la région Bruxelloise parlait d’un Musée Hergé au centre de la ville, entièrement financé par la veuve Hergé !… Finalement il est à Louvain La Neuve et … personne n’y va.
    Une occasion de faire se côtoyer Magritte et Hergé, deux stars de niveau mondial en Arts Plastiques, fut donc lamentablement ratée.
    Ici Geluck donne à la ville une seconde chance.
    La Belgique est un pays de génies de l’illustration et de la narration en images. Elle abrite également des collections au patrimoine exceptionnel. Il ne faut pas laisser passer cette chance de pouvoir mettre en valeur cette héritage artistique, typique du pays, au centre de la Capitale européenne.

    Les auteurs de l’article contre le "Musée du Chat" mettent en avant la collection du Musée d’Art Moderne à Bruxelles. Mais cette collection est pauvre (comme celle du Musée Magritte, hélas !) !
    Que veulent-ils défendre ?
    A part le fait que les "modernistes" de La Cambre » sont furieux de se voir dépassés par un artiste « populaire » à grand succès on ne comprend pas leur colère ?

    Pauvre Belgique qui ne se comprend pas elle-même…

    Les amoureux de Bruxelles feraient mieux de se préoccuper de l’urbanisme autour du Cinquantenaire qui est affreux. La construction sauvage de building et autres gratte-ciel autour des institutions européennes (vers le rond point Schuman) est en train de boucher la magnifique perspective des arcades du dit Cinquantenaire !!
    Patrimoine livré aux entrepreneurs rapaces qui détruisent encore davantage la grandeur urbaine et historique de la ville.
    Mais là personne ne dit rien.
    Surtout pas à La Cambre !?!
    Si on veut servir la culture de son pays il ne faut pas se tromper de combat.

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    • Répondu par AmethystRS le 3 mai à  14:18 :

      "Les amoureux de Bruxelles feraient mieux de se préoccuper de l’urbanisme autour du Cinquantenaire qui est affreux. La construction sauvage de building et autres gratte-ciel autour des institutions européennes (vers le rond point Schuman) est en train de boucher la magnifique perspective des arcades du dit Cinquantenaire !!"

      Donc parce des monstruosités sont réalisées autour du quartier européen , on doit accepter de défigurer la place des Palais avec un bâtiment moderniste qui n’a pas sa place dans ce quartier relativement préservé ?
      De plus, les organisation (Arau,etc, ) qui contestent la qualité architecturale du projet sont les même qui luttent depuis de années contre ce qui se fait du côté de la rue de la loi. La seule chose qui reste identique dans les deux situations, c’est la complicité des pouvoirs publiques dans la perpetuation de la bruxellisation.

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  • La pauvrette doit vomir en voyant les oeuvres des street artistes dans les musées.

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  • Ils veulent interdire le Musée du Chat !
    3 mai 16:45, par AmethystRS

    "Les pétitionnaires ont produit, pour appuyer leur démonstration, ce dessin qui est une pure invention. Quel talent !"

    Entre ce dessin et le rendu officiel, il existe très peu de différence. Dans les deux cas on a affaire à un bâtiment moderniste dont l’esthétique douteuse ne s’intègre absolument pas au quartier de la place des Palais.

    La seule solution qui soit acceptable c’est de rénover le 1930. Car comme le préconisait encore en 2004 la région bruxelloise " il faut le conserver et de le rénover compte tenu de sa valeur patrimoniale et de son caractère architectural typique".

    D’aucuns avancent que le bâtiment est est en ruine mais où sont les rapports déclarant que seule la démolition est envisageable ?
    On peut également relever que la CRMS n’a que très peu été impliquée dans l’élaboration du projet (une seule présentation en 2019), ce qu’elle mentionne dans son avis et qui va à l’encontre de ce que prétend le dossier de la SAU du 23 novembre 2018.

    En réalité, la démolition n’est justifiée que par l’inadéquation du programme du musée qui compte trop de mètres carrés pour être casé dans le bâtiment 1930.

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  • Vous illustrez votre article avec les trombines de Philippe Geluck et de son chat mais aucun visuel du projet du musée à part le dessin de la pétition dans votre premier article. Il est pourtant question d’architecture. Quelques élévations, quelques coupes pour se faire une idée de l’objet, cela n’aurait pas été du luxe. Je suis donc allé voir ailleurs à quoi il ressemble de musée du chat. Rien de transcendant. Plutôt discret. Un goût contemporain assez neutre. Il suit la ligne du bâtiment à réhabiliter. Un peu comme si on ajoutait une véranda à un pavillon de banlieue. Rien qui laisse à penser que c’est un musée du chat et du dessin d’humour. Ça pourrait très bien être des bureaux administratifs. Pas très intéressant. Manque d’audace ce projet de Pierre Hebbelink. Un architecte comme le français Bernard Desmoulins aurait certainement trouvé mieux.

    La réhabilitation, l’extension du bâti est un courant qui ne fera que croître durant tout le siècle, c’est même l’architecture de notre siècle parce qu’il faut densifier pour des raisons de mètres carrés à ne plus gaspiller et parce que nous avons un patrimoine architectural aux cœurs de nos grandes villes qui ne demande qu’à être revalorisé et repensé.

    À part le manque d’audace du projet, je ne comprends pas contre quoi s’insurgent les pétitionnaires. Que Bruxelles accueille un musée du dessin d’humour et du chat, c’est légitime. La bande dessinée belge et l’humour belge, c’est la culture belge par excellence.

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  • Le projet manque d’audace à mon goût mais le mieux est que chacun se fasse son idée en allant sur le site de l’architecte :

    http://www.pierrehebbelinck.net/fr/projets/386

    Et ensuite, on pourra parler art et culture !

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  • Ils veulent interdire le Musée du Chat !
    4 mai 07:04, par jeanphi

    J’ai aussi regardé le « match » mettant en présence les deux initiateurs de la pétition « contre » et le ministre-président de la région bruxelloise avec son « poulain » Geluck.
    Quelques remarques :
    -  Les deux artistes contre le musée du Chat ont une meilleure plume qu’une présence sur un plateau de télévision. Le trac sans doute et cela peut se comprendre si c’est une première fois.
    -  Certaines personnes, ici et ailleurs, semblent oublier (ou faire semblant de ne pas savoir) que la région bruxelloise n’a aucune compétence culturelle dans ses attributions, celle-ci dépend en effet de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ex-Communauté française de Belgique. Ceci est dénoncé, à juste titre, par les pétitionnaires ainsi, et surtout, que l’octroi de subsides doit normalement passer par un comité scientifique/artistique (pour la BD, je pense que Peeters ou Schuiten et Bellefroid en font partie ou ont été membres) qui doit émettre un avis sur le bien-fondé du projet. Cette étape a tout simplement été court-circuitée. C’est ce qui fait enrager les artistes belges ou résidant en Belgique qui soumettent régulièrement des projets.
    -  Geluck évoque le million et demi de visiteurs de son « expo » du Chat sur les Champs-Elysées. Quelqu’un peut nous dire combien de personnes déambulent sur cette prestigieuse avenue tous les jours ou tous les mois ? Quel rapport entre des œuvres d’art placées dans l’espace public et donc accessibles à tout le monde sans débourser un euro et le fait de se rendre volontairement dans un musée et payer dix euros pour y avoir accès ?
    -  On a beaucoup parlé du projet Kanal, ancien garage Citroën, non loin du site Tours et Taxis. Pourquoi Geluck ne s’installerait-il pas à cet endroit ? L’immeuble appartient déjà la région bruxelloise (donc économie des neuf ou dix millions d’euros), et Geluck pourrait y occuper un ou deux niveaux sans remettre en cause les autres projets (qui sont au point mort) prévus dans cet immeuble.

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    • Répondu par Caspar le 4 mai à  20:15 :

      Je me permets d’ajouter à votre analyse que je partage à 100%.

      Voici un calcul afin que les lecteurs regardent du côté des chiffres.
      - 9 millions investis par la ville pour un musée casco de 4000 m2 (c’est vrai pourra servir à autre chose).
      - 7.7 millions de loyer pour 21 ans de la part de Geluck (dont 4.5 millions sous forme d’investissements et 3,2 millions pour les loyers).

      Calculons ... 7.7 M / 21 ans = 366,60 € de loyer à l’année pour 4000 m2. Ce qui fait donc, 30.555 € par mois. Certains diront c’est cher. Calculons encore. 30,555 € par mois / 4000 m2 = 7,6 € le m2 par mois. Certains diront, oui mais, il faut multiplier par deux. Non, parce que la ville investit et, Geluck a réussi transférer une partie du loyer en investissements. Mais surtout pour une entreprise sortir du cash est un enfer. Geluck a bien joué son coup.

      Le musée va devoir générer un argent monstre en vendant des produits le Chat dont il (F. Geluck) obtient en tant que personne physique 10 % direct (le droit d’auteur ne peut pas être cédé à une entreprise). Avec la meilleure volonté du monde. Il est impossible que le shop ne soit pas gigantesque.

      C’est beaucoup 31.000 € de loyer. Sur le marché, une telle surface est à 11.000 € pour 1000 m2. Faites le calcul : Normalement, Geluck devrait débourser 44.000 et pas 30.000.

      Sans oublier que la société de Geluck est située en brabant wallon, donc l’impôt ne reviendra pas à Bruxelles.

      À votre avis, les nouveaux produits du chat vont être à vendre où ?

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      • Répondu par Roberto Garcia Arenas le 4 mai à  23:08 :

        excuser moi mais il me semble que on parle de 1200m2 et non de 4000m2 ou alors j’ai pas bien suivi.

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    • Répondu par RD le 5 mai à  17:33 :

      Et bien non, Jeanphi, depuis quelques années la culture est bien devenue une compétence régionale, comme en témoigne le projet Kanal dans les anciens bâtiments Citroën. Son directeur général le rappelle d’ailleurs dans un article paru aujourd’hui dans La Libre Belgique :

      https://www.lalibre.be/culture/arts/tous-ceux-qui-ont-ete-a-kanal-ont-bien-vu-que-le-centre-de-gravite-des-activites-proposees-etait-bien-a-bruxelles-6092b2909978e216986532f0

      Kanal fait d’ailleurs ce que les pétitionnaires reprochent à la Région bruxelloise de ne pas faire : investir dans les artistes résidents à Bruxelles.

      Son directeur rappelle également ce qui a déjà été dit par ailleurs : c’est le fédéral (une ministre flamande, à l’époque) qui a refusé un accord avec Kanal concernant les collections d’art moderne.

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  • Ils veulent interdire le Musée du Chat !
    4 mai 07:23, par David Pellegrini

    J’aime à la fois la BD et l’art moderne, ce n’est pas incompatible et je ne suis pas schizophrène pour autant.

    Ce que je n’aime pas en revanche ce sont les artistes pseudo élitiste d’une forme d’art particulière qui se permettent de cracher de dénigrer celles pratiquées par d’autres.

    Je peux parfaitement comprendre, et je partage l’avis, que l’utilisation d’une telle somme d’argent public pour le musée du Chat puisse interroger et choquer, cela peut et doit susciter le débat.

    Ce que je ne tolère pas en revanche c’est l’attitude affichée par Mme Morgante lors du débat : hautaine, dédaigneuse et arrogante se rend-elle compte qu’elle dessert sa propre cause ? Se rend-elle compte qu’elle vit probablement elle aussi partiellement grâce à l’argent public. Ce genre d’attitude me navre et me dégoute au plus haut point.

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    • Répondu le 4 mai à  09:46 :

      Vous avez tout à fait raison, surtout que Madame Morgante a elle même reçu des aides publiques en 2019, ce qui ne semble pas lui poser de problème. Ces aides auraient-pu, auraient-dû aller aux personnels soignants, si on suit sa logique. Chaque années plusieurs millions d’euros vont directement dans les poches des créateurs d’art contemporain sans que ça ne gêne les petits créateurs dits populaires qui ne touchent pas un centime d’aides publiques. Qui cri au scandale ? Personne.

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  • Ils veulent interdire le Musée du Chat !
    4 mai 11:04, par Henriette

    Chers amis de la BD,
    Ne pensez-vous pas que Geluck serait mieux avisé de soutenir le musée de la BD, déjà existant et qui faute de moyens vient de licencier 10 employés !! En offrant certaines pièces par exemple ? Ce musée du Chat est narcissique et indécent ! Car soyons clair : en plus du faire payer le bâtiment à la région bruxelloise (qui a également le projet CANAL sur le dos), je vous parie qu’une fois ouvert, il va aussi exiger des subsides.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 4 mai à  11:48 :

      « Ne pensez-vous pas que Geluck serait mieux avisé de soutenir le musée de la BD, déjà existant et qui faute de moyens vient de licencier 10 employés !! En offrant certaines pièces par exemple ? Ce musée du Chat est narcissique et indécent ! »

      Vous êtes une grande psychologue, vous. Vous voulez qu’il soutienne le CBBD en l’insultant. Dans les interviews, il vous explique que ce n’est pas un musée Geluck mais un musée du chat et du dessin d’humour. Rien de narcissique là-dedans.

      « Car soyons clair : en plus du faire payer le bâtiment à la région a également le projet CANAL sur le dos), je vous parie qu’une fois ouvert, il va aussi exiger des subsides. »

      Vous ne voyez pas clair : les subsides sont alloués à un bâtiment qui appartient à l’état qui le rénove avant de le louer.
      Geluck paie tout le reste : la partie muséale, la communication et tout le reste. Et il paie un loyer. Donc, il ne fait pas « payer le bâtiment » comme vous dites, à moins que vous soyez pour la ruine du patrimoine de l’État.
      Après les histoires d’architecte et d’urbanisme, c’est le problème et les choix du gouvernement bruxellois.

      Et croyez-vous que le gouvernement bruxellois va donner des sous à Geluck alors qu’il n’en donne pas au CBBD (qui a toujours préféré rester indépendant) ? Vous êtes bien naïve, vous.

      Si le Musée du Chat se plante, le bâtiment étant rénové et propriété publique, il sera affecté à autre chose.

      La politique culturelle est de la compétence du gouvernement, pas de Geluck. Hélas.

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      • Répondu le 4 mai à  14:39 :

        "Si le Musée du Chat se plante, le bâtiment étant rénové et propriété publique, il sera affecté à autre chose."

        Le bâtiment devait être réhabilité pour en faire spécialement un musée du chat ou est-ce que ce projet de musée du chat est une proposition venue se greffer sur un projet de réhabilitation ?

        J’ai du mal à comprendre le rapport entre cette architecture et sa fonction. Franchement esthétiquement ce projet architectural n’est pas transcendant.
        Le musée Hergé de Christian de Portzemparc a de la gueule et répond bien à l’esprit d’Hergé mais là, on croirait un local administratif.

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  • Je suis contre le musée mégalomane du Chat.

    Je considère, de plus, que le parti architectural de style contemporain - par ailleurs remarquable - dénote gravement dans le cadre de la place royale et de ses bâtiments qui forment un ensemble admirable et totalement différent.

    Mais, pour revenir au sujet principal, je rejoins les opposants au projet de Monsieur Geluck.

    MAZEL
    Auteur de Bandes Dessinées

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    • Répondu le 5 mai à  06:26 :

      On ne va pas demander à des architectes contemporains de construire à l’ancienne.

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    • Répondu le 5 mai à  06:36 :

      Vous avez noté que la partie "moderne" ne sera pas visible de la Place Royale ? En tout cas beaucoup moins voyante que l’Oreille Tourbillonnante de Calder, que les bâtiments contemporains du Musée Magritte, et que pas mal d’autres constructions qui jouxtent cette place. Un auteur mégalomane, oui, certainement, comme beaucoup, un auteur qui a qui a créé un univers identifiable et populaire, qui veut montrer son travail et celui des autres auteurs à travers son initiative, aussi.

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      • Répondu le 5 mai à  08:57 :

        La partie moderne sera parfaitement visible depuis la place des Palais cependant. Contrairement à une sculpture qui peut facilement être déplacée, on est partis pour 20-30 avec cette horreur. Jusqu’au moment où la mode change à nouveau et qu’on décide détruire et de reconstruire un nouvel immeuble qui répond mieux à la tendance du moment et parce les matériaux employés ne sont pas durables. Pas sûr qu’à Paris on autorise un pareil édifice à côté de la Place Vendôme (le prestige n’est pas le même certes).

        De plus pour réaliser l’entrée, on peut voir sur les rendus qu’une partie de la façade de "l’Experience Brussels" sera abimée.

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        • Répondu le 5 mai à  11:30 :

          C’est bien ce que je dis, cette partie du bâtiment ne sera pas visible de la place Royale, ce qui semblait déplaire à Lucy Mazel. Il y a déjà des transformations contemporaines de bâtiments autour de la place Royale. Le problème n’est pas cette entrée, des plans architecturaux, ça se modifient, mais la personne de Geluck qui ne plait pas aux intellos réacs.

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          • Répondu par AmethystRS le 5 mai à  15:55 :

            Le fait qu’il existe malheureusement des bâtiments contemporains aux alentours ne justifie pas qu’on défigure encore plus Bruxelles avec une espèce de véranda XXL.

            Mais bon, dans une ville qui n’a toujours pas retenu les leçons de la Bruxellisation peut-on finalement s’étonner de ce genre de décision ? Les responsables politiques aiment invoquer l’héritage du Baron Horta. Pas sûr que ce dernier eut partagé leur vision de l’urbanisme.

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            • Répondu le 6 mai à  06:04 :

              Ce qui est très fort de la part de Geluck, c’est d’avoir lancé un premier ballon d’essai : sa grande expo parisienne était déjà une forme de musé du Chat plus qu’une expo. Poussant d’ailleurs le cynisme (les plus crédules diront l’humour) à mettre la lettre de "non accord" de l’artiste Buren dans les WC de l’exposition. Cette ambivalence de Geluck entre le côté affable de l’homme média et de l’artiste usurpateur d’œuvres célèbres, explique pourquoi il hérisse tant les poils... de chat !

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            • Répondu le 6 mai à  06:51 :

              Et sans la véranda, c’est bon pour vous ?

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