L’or et le sang T.2 : Inch’Allah - Par Defrance, Nury, Bedouel & Merwan - 12bis

22 septembre 2010 8 commentaires
  • Trafiquant d'armes n'est certes pas un métier de tout repos. Alors quand, en plus, on débarque au beau milieu d'une guerre de libération, doublée de conflits entre tribus, ça devient carrément l'enfer. Mais c'est peut-être aussi l'occasion d'entrer dans l'histoire ou de faire fortune.

Disons-le tout net, avec les deux héros de la série L’or et le sang, les éditions 12bis tiennent leurs Brett Sinclair et Danny Wilde. Calixte de Prampéand, aristocrate idéaliste, et Léon Matilo, demi-sel qui ne mord qu’à l’appât du gain, forment un duo digne des meilleurs épisodes d’Amicalement Vôtre. Sous la plume de Fabien Nury et Maurin Defrance, les dialogues sont fluides et percutants, les personnages bien campés, l’humour distillé avec soin. Il y a comme un hommage aux modèles "classiques" mais suffisamment modernisés (moins de naïveté, plus de réalisme historique, plus de nervosité dans l’action) pour renouveler le genre (dont 12bis commence à se faire le chantre).
L'or et le sang T.2 : Inch'Allah - Par Defrance, Nury, Bedouel & Merwan - 12bis
Graphiquement, le travail de Merwan Chabane et Fabien Bedouel est tout aussi remarquable. Le dessin au style personnel est parfaitement maîtrisé, les attitudes des personnages sont plus vrais que nature et le découpage fait un sans faute. Jusqu’aux ombres très appuyées qui donnent cette particularité au récit en dramatisant la narration. N’oublions pas dans ce casting de choc de citer Romain Trystram, dont les couleurs participent à la chaude ambiance de ce récit situé dans le Nord du Maroc.

Et l’histoire dans tout ça ? Et bien nous retrouvons nos deux héros là où nous les avions quittés à la fin du premier tome : en chemin vers Tanger pour y vendre une cargaison d’armes à l’acheteur le plus offrant. Mais pour des novices en contrebande comme Pampréand et Matilo, les occasions de se faire doubler ne manquent pas. D’autant plus que la situation politique marocaine est une poudrière en cette immédiate après-guerre. Entre le pouvoir espagnol, français, et la trentaine de tribus qui s’empoignent pour contrôler le massif montagneux du Nord du Maroc, tous les coups sont permis. Bien malgré eux, Pampréand et Matilo se trouvent ainsi entrainés dans la guerre du Rif, espérant pour l’un la gloire et pour l’autre la fortune.

(par Thierry Lemaire)

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