La Lignée, T4 - Par Marie et Blier – Editions Bamboo

4 mai 2013 5
  • Dernier épisode de cette saga produit de « l’écriture multi-auteurs », nouveau concept inauguré par Bamboo,

Dans cet album ayant pour cadre le Rwanda des années 1990, les derniers descendants de la lignée sont sur le point de trouver une issue et une explication à l’étrange malédiction qui semble peser sur eux depuis plusieurs générations.

À la veille des massacres inter-ethniques de 1994, nous retrouvons le petit-fils de la famille : David. Intervenant humanitaire en Afrique, le jeune homme épouse la cause des Tutsis à la fois par humanisme mais aussi par amour pour la belle Eda.

David a une sœur jumelle, Diane, sur laquelle plane aussi la curieuse menace héréditaire. À l’approche de ses trente-trois ans, Diane, artiste-peintre, est enceinte et redoute d’être elle-aussi l’objet de la malédiction de son frère. Lequel des deux risque-t-il de disparaitre dans des circonstances aussi dramatiques que leurs ancêtres ?

La Lignée, T4 - Par Marie et Blier – Editions Bamboo
Chaque membre de la Lignée des Brossard est-il condamné à mourir à trente trois ans ?

C’est alors que surgit un… revenant : Antonin, le jeune homme idéaliste que l’on avait laissé dans les combats de l’Espagne de 1937 ! C’est aujourd’hui un vieil homme qui a bourlingué dans le monde et opéré de nombreux trafics (voir l’épisode 3) mais qui a aussi suffisamment de relations dans tous les milieux pour tirer d’affaire ses petits-enfants !

Manifestement investi d’une mission auprès des deux jeunes, il va arracher les deux jumeaux des griffes des extrémistes rwandais dans des circonstances un peu rocambolesques et leur permettre d’échapper aux massacres. En sauvant David et Diane, Antonin mettra un point final à la malédiction qui frappait la famille. Une conclusion heureuse malgré quelques invraisemblances et autres tours de force scénaristiques.

Inspiré des méthodes d’écriture « à l’américaine » réunissant plusieurs scénaristes et dessinateurs La Lignée ouvre de nouvelles perspectives en matière éditoriale. Exercice de style exigeant pour les auteurs sollicités à cette occasion (Laurent Galandon, Olivier Berlion, Damien Marie et Jérôme Félix), l’aventure débouche sur une conclusion honorable mais en demi-teinte. Boucler cette histoire entre fantastique, saga familiale et aventures historiques n’était pas chose facile.

Si l’itinéraire personnel du héros au cœur de l’histoire est la marque de fabrique de nombreux albums de Grand Angle), le postulat fantastique de départ (la mort étrange à l’âge de trente-trois ans dans des circonstances dramatiques) semble ici passer au second plan.

Le mystérieux agenda témoin entre les différents protagonistes, l’étrange statue antique… tous ces éléments semblent s’être dilués peu à peu au fil du déroulement de l’intrigue. Donnons acte à Jérôme Félix de la difficulté de « boucler » une histoire touffue, captivante mais dont l’issue restait peut-être hors d’atteinte.

C’est dans la fournaise du Rwanda des années 1990 que l’étrange saga familiale trouvera son épilogue.

On relèvera le parti-pris d’une vision politique et sociale à travers le prisme de contextes historiques forts et emblématiques comme la Guerre d’Espagne, la France de l’après-Guerre ou le génocide au Rwanda. La similitude des destins personnels (abandon des enfants par leur père, éloignement géographique et affectif, climat conflictuel...), donne à cette traversée du siècle un ton personnel et attachant.

Une vision romanesque qui apporte une belle cohérence à un projet éditorial original dont la lecture procure plaisir et émotion.

(par Patrice Gentilhomme)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

© Illustrations Félix et Blier -Bamboo Edition

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5 Messages :
  • Pour du Bamboo, cela semble plutôt intéressant.

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    • Répondu le 5 mai 2013 à  19:15 :

      Ces héros "blancs" - tous- posant sexy ou héroiques sur fond de massacre ethnique, c’est à vomir ! Et que l’on ne me parle pas de contextualisation !

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      • Répondu le 6 juin 2013 à  16:23 :

        Les héros sont tous blancs car de la même famille. On ne peut pas mettre du black blanc beurre de partout... Le fond sur la couverture définitive, est dilué dans la couleur orange. Il s’agit bien d’un contexte, quand on montre les tranchées de 14 couvertes de cadavres en arrière plan ou des personnages posant devant une croix gammée, cela pose moins de problèmes. C’est bien de jouer les redresseurs de torts, mais il faut pas voir le mal partout.

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  • C’est effroyable ces fausses perspectives directement décalquées de photos anamorphosées, Tardi vous le dira : quand on travaille d’après photos il faut réajuster les persectives, c’est le B.A BA.

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    • Répondu le 7 juin 2013 à  10:21 :

      La case est compressée sur ActuaBd ... la version de l’album ne pose pas de problèmes.

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