La Mère des victoires – Par E. Fernandez – Delcourt

3 avril 2008 0 commentaire
  • Dans le sillage de {Cyclopes} et de {[Reality Show->2443]}, {La Mère des victoires} met en scène la guerre sous l'emprise de la télé-réalité.

Dans l’émission "Conflit Direct", la télévision met en scène la réalité de la guerre. Elle a bien sûr ses héros dont le capitaine Kataoka Raijuro qui rêve de piloter la Mère des victoire, un blindé à la technologique dernier cri. Mais au dernier moment, il est évincé par le jeune et inexpérimenté Melvin Anderson, fils d’Eva Anderson, une femme dont il est amoureux et qui se trouve également être son supérieur hiérarchique…

Nous avions déjà souligné le remarquable travail d’Enrique Fernandez sur Le Magicien d’Oz, scénarisé par David Chauvel. Pour la deuxième fois seul aux commandes [1], il nous embarque ici dans un récit de science-fiction où se télescopent les problématiques de la guerre, d’une relation amoureuse et d’une émission de télé-réalité. Avec un développement en one shot, ces différents aspects ne trouvent pas tous un équilibre satisfaisant. Le show télévisé est, en fait, assez rapidement relégué au second plan, tandis que la relation amoureuse et complexe entre le charismatique capitaine et sa chef hiérarchique mériterait un approfondissement plus important. La guerre et ses rebondissements bourrés d’actions et d’explosions servent de décor à la mise en avant de sentiments : l’amour, la fierté, l’orgueil, l’amour-propre blessé. Et pour mieux se concentrer sur ses principaux personnages, l’auteur choisit de désincarner l’adversaire du conflit, qui restera ainsi invisible à nos yeux.

La Mère des victoires – Par E. Fernandez – Delcourt

Avec un style très influencé par son travail antérieur dans l’animation, Fernandez offre un graphisme dynamique et visuellement très beau, formidable atout pour s’engouffrer dans la narration. Son travail sur la couleur est aussi très singulier.
Graphiquement détonant, ce one-shot aurait sans doute gagné à être développé en diptyque.

(par Laurent Boileau)

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[1L’Espagnol est aussi l’auteur d’un album aux éditions Paquet : "Les libérateurs".

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