Lambil ("Les Tuniques bleues") : " Personne ne s’intéresse à moi "

10 mars 2014 29 commentaires
  • Adulé par ses lecteurs mais ignoré de la plupart des journalistes et peu remarqué par les commentateurs, Lambil symbolise bien la fracture qui existe dans un certain milieu de la BD, celle-là même qui est de plus en plus décriée lors des attributions de prix. Sans trop s’épancher sur son cas, il nous parle ouvertement de sa situation et de sa série à succès scénarisée par Raoul Cauvin, « Les Tuniques Bleues » (Ed. Dupuis).

Quelle est votre album préféré des Tuniques Bleues ?

Je crois que c’est la jeunesse de Blutch, l’album qui s’appelle « Vertes années ». C’est celui que je préfère et que j’ai préféré dessiner. Il y a un peu de nostalgie et pas trop de bagarres, pas trop de guerres. Je ne déteste pas dessiner les batailles, mais c’est un album assez gentil... Enfin, gentil dans un certain sens car la jeunesse de Blutch n’a pas été très facile, il était quand même orphelin.

Quelles couvertures des Tuniques Bleues êtes-vous le plus fier ?

Dans mon cas, il y a les nostalgiques qui préfèrent les couvertures comme « El padre » par exemple. Mais ce n’est pas forcément celle qui m’a le plus marqué. Je ne pourrais pas vous dire, c’est très fugitif ces couvertures, ce n’est pas comme l’histoire complète. Sur le plan commercial, cela n’a aucune importance. L’album sort, on achète ou on n’achète pas mais ce n’est pas pour la couverture. D’ailleurs c’est un peu un avantage dans mon cas. Il y a beaucoup de collectionneurs, beaucoup de personnes qui vont acheter parce que c’est un nouvel album des Tuniques Bleues. La couverture n’a guère d’importance...

Lambil ("Les Tuniques bleues") : " Personne ne s'intéresse à moi "

Vous n’avez jamais envisagé de réaliser les couvertures autrement, à la peinture ou à l’aquarelle ?

Non, absolument pas ! J’en ai parlé avec Cauvin. Je suis opposé à tout changement de présentation. Pour moi, la présentation des albums des Tuniques Bleues est très bien faite. Quand on manipule les livres, le titre apparaît nettement, tout est clair. Je ne veux absolument pas proposer autre chose. Je passerais cinq jours à faire une couverture tout en couleur, cela n’avancerait pas d’un poil la vente. Mes propos sont très terre-à-terre mais c’est vrai que je n’y vois aucun intérêt. Au contraire, cela pourrait même décontenancer les collectionneurs des Tuniques Bleues.

On a dépassé les 50 albums, ça commence à faire une sacrée carrière militaire pour les deux héros… avec une Guerre de sécession qui ne se termine jamais !

Tout ça n’a aucune importance ! C’est comme Tintin qui aurait maintenant 90 ans. Le temps n’intervient pas dans la réalisation d’une bande dessinée. On peut faire 300, 500 albums sur la Guerre de sécession alors que celle-ci n’aura duré que quatre ans. Enfin, c’est mon avis personnel…

Lequel des deux héros vous apporte le plus de plaisir ?

Aucun des deux… Enfin, je veux dire tous les deux plutôt ! ( Rires ) Je n’ai pas de préférences, je ne suis pas attaché à l’un plus qu’à l’autre. Même si on peut dire que Blutch est plus marrant que l’autre mais en fait pour moi, c’est exactement pareil. C’est comme Laurel & Hardy, il n’y pas de différences, l’un ne va pas sans l’autre. Un peu comme s’ils étaient un seul et même personnage…

Y a-t-il des personnages secondaires que vous préférez ? Cancrelat, Stark, le général Alexander, le colonel Appeltown…

Vous savez, c’est le scénariste qui remet en scène tous ces personnages. En ce qui me concerne, je ne choisis pas. Honnêtement, je n’ai aucun intérêt particulier pour un personnage secondaire plus qu’un autre. Mais puisque vous parlez du Général Alexander, il faut savoir que c’est celui que je dessine le plus, Cauvin le fait intervenir très souvent. Une petite anecdote en passant : depuis 40 ans, dans ses scénarios, Cauvin lui donne toujours un autre nom. Il n’est jamais parvenu à retenir le nom d’Alexander. Alors je corrige moi-même. Je me souviens, au bout d’un certain moment, je me suis un peu énervé « Mais pourquoi l’appelles-tu comme ça ? ». Il me dit « Rhâaa, je fais tellement de scénarios que je finis par mélanger ! ». De mon côté, c’est un personnage récurrent, je le connais très bien et je le dessine un peu par habitude. Mais maintenant que vous me le dites, c’est vrai que le Général Alexander est un personnage agréable à mettre en scène.

Initialement les Tuniques Bleues, c’est une bande de copains à quatre. Sans être totalement abandonnés, Bryan et Tripps ont vite été écartés…

J’ai donné le conseil à Cauvin de rester sur deux personnages plutôt que sur quatre. À deux, ils se complètent. Sur le principe, ce sont deux antagonistes. À quatre, il est difficile de donner à chacun une personnalité qui le caractérise parfaitement. De toute façon, au fil des histoires, Bryan et Tripps seraient forcément restés sur la touche. Alors il a suivi mon conseil et jusqu’à présent ça à l’air de bien fonctionner. Mais Tripps et Bryan reviennent quand même parfois dans certaines histoires.

Pour une série militaire, on rencontre finalement pas mal de personnages féminins : Amélie Appeltown, Johan l’espionne, Jenny l’infirmière, Miss Bertha...

Oui, enfin, elles sont quand même pas nombreuses… Il y a des albums entiers où il n’y a pas de femmes du tout. Mais là aussi, c’est Cauvin qui est à la base de ça. Moi je fais ce qu’on me dit, je ne suis qu’un exécutant. ( Rires ) Mais c’est vrai que j’aime bien quand ça se passe dans le civil. Vous savez, je n’aime pas particulièrement dessiner des uniformes.

Selon vous ou selon vos lecteurs, quel est l’album le plus drôle ?

Les lecteurs ne me communiquent rien ! Je n’ai pratiquement pas de rapports avec les lecteurs. Je n’ai pas de lettres, je n’ai pas de retombées et Internet est un instrument que je ne manipule pas. On parlait de « El Padre », voilà c’est un album que j’aime bien. Et puis ça se passe au Mexique aussi, ça change les atmosphères. Aujourd’hui, ça ne change plus assez. Mais bon, ça c’est Cauvin, j’exécute ses idées. Une fois, je lui avais demandé une histoire qui se passe en Irlande. Tout ce que j’ai reçu c’est une histoire avec un bateau qui va vers l’Irlande. Et on ne voit jamais l’Irlande ! J’étais un peu déçu… ( Rires )

Et l’album le plus abouti en termes de scénario ou de dessin ?

Je suis un peu ennuyé parce qu’il y a un album que j’ai beaucoup aimé, qui m’a bien fait rire, mais apparemment, ça n’a pas plu au public. Ça s’est vendu de la même façon que les autres mais ça n’a pas marqué les lecteurs. Ça parle de théâtre avec un personnage ambigu : « Les Bleus de la balle » ! Je l’ai relu, le scénario m’a vraiment fait rigoler…

Vous avez repris la série avec le tome 5 et la série est alors montée d’un cran. Ce n’était pas seulement un changement de dessinateur…

Si ma mémoire est bonne, j’ai repris la série pour les six dernières planches d’ « Outlaw ». Mais c’est bizarre ce que vous me dites-là… Vous n’avez pas l’impression que c’est un peu psychologique ? C’est la première fois qu’on me dit ça. En tous cas, à mon niveau, je ne l’ai pas ressenti. Ou alors ça a été psychologique pour le scénariste ? Ce que Cauvin a toujours répété, c’est qu’il avait choisi un épisode facile pour me permettre de me familiariser avec les personnages. C’est tout ce que je peux vous dire…

L’album « Bull run » avec sa planche à billets qui accompagnait le livre semblait vouloir inscrire la série dans un contexte un peu plus historique ?

Ha oui, c’est vrai, il y avait eu des reproductions de dollars pour « Bull run » ! Tout dépend en réalité de ce que Cauvin cherche à exprimer et de la documentation à disposition. À certains moments, il a trouvé des sujets historiques, à d’autres moments il n’en a pas trouvé et a carrément inventé des choses. Mais huit albums sur dix ont bien un contexte historique. L’album que je suis en train d’exécuter par exemple parle du scorbut dans l’armée. La nourriture n’étant pas terrible, ils partent à la recherche de légumes frais. Ça c’est véridique, j’ai des textes qui viennent d’une revue éditée par un club de sudistes en Belgique. Mais c’est vrai qu’il n’y a pas toujours eu un fond de vérité historique. Parfois, il trouve une idée marrante et puis voilà… Enfin, marrante pour lui, il faut voir après si le lecteur va se marrer aussi… ( Rires )

L’album « Blue retro » réécrit comment les deux héros sont passés de la vie civile à une vie sous les drapeaux. Presque en contradiction avec le second tome…

Écoutez, le tome deux, je ne sais plus très bien ce que c’est parce qu’il n’est pas de moi. Je n’ai pas vraiment lu ce qu’il s’était passé dans les premiers tomes. Alors oui, c’est possible, mais là comme ça, je ne vois plus très bien. Avant ça, on avait même fait un épisode qui était passé dans Spirou et où c’était vraiment tout à fait différent. Car ensuite, Cauvin avait eu l’idée de donner des familles aux personnages. Mais je ne sais pas s’il faut y donner beaucoup d’importance. Tout ça n’est pas très logique. Sur cinquante et quelques albums, il y a forcément des couacs. Dans toutes les séries de BD, vous trouverez des choses qui clochent parce que les idées des auteurs changent. Pourquoi faudrait-il être rigoureux au point de refuser les nouvelles idées qui viennent, les changements ? En plus, depuis le temps que je m’occupe des Tuniques Bleues, je finis par ne plus avoir une vue d’ensemble…

Justement, si on essaye de regarder la série dans son ensemble, est-ce qu’il y a pour vous une période en or ou un cycle d’albums qui auraient plus marqué les lecteurs ?

Pour moi non. Pour les lecteurs, il faudrait regarder les ventes. ( Rires ) Certainement qu’il y a eu des périodes plus fastes sur les premiers albums mais les générations se sont succédées. Il y a aussi certainement un peu de nostalgie pour les premiers lecteurs. Ceux qui ont aimé les premiers albums aiment moins les albums actuels. Et les plus jeunes qui viennent d’accrocher la série, eux, s’y font plus vite. Mais il m’est difficile de juger de l’intérieur.

Comment travaillez-vous sur chaque planche et avec quel matériel ?

J’ai un papier allemand, le Schoellershammer. Je coupe la planche en deux et je rassemble ensuite les deux morceaux. C’est plus facile pour dessiner sur ma table avec des demi-planches. Je fais très peu de croquis, je crayonne beaucoup. Je charbonne comme on dit. Et puis je gomme, je retouche, je passe à l’encre. Et puis voilà, ça part à Marcinelle. Les couleurs, c’est Léonardo qui les fait, je les laisse libres. Beaucoup !

Est-ce que votre journée de travail s’organise comme un travail de bureau ?

Non, non, non ! Je commence vers 9-10h mais ce n’est pas comme un travail de bureau qui va se terminer à six heures du soir. Et puis certains jours je fais autre chose. Je suis absolument libre, je n’ai pas de chef de bureau. Ma seule règle c’est d’essayer de faire un épisode par an. Mais bon, cette année je ne suis même pas sûr d’y arriver…

Rien à voir avec ce que l’on peut lire dans « Pauvre Lampil » ?

Si quand même, ça y ressemble pas mal. C’est un peu ça ! J’avais reproduit le monde dans lequel je vivais.

« Pauvre Lampil » est une série abandonnée ? On ne vous réclame pas d’autres albums ?

On réclame toujours ce qu’on n’a pas acheté au départ. C’était même vrai pour ce que je faisais avant. Ça s’appelait « Sandy ». On me les réclamait quand je faisais autre chose mais à l’époque on ne les achetait pas. Et « Pauvre Lampil » c’est pareil. Maintenant on me le réclame mais ça ne reviendra jamais car, à l’époque, c’était une catastrophe sur le plan économique. Ça ne se vendait pas ! Les lecteurs me disent « Oui mais je le lisais dans Spirou ! » mais ça, ça n’est pas rentable. Je ne parle pas de moi, mais de Dupuis. Ce sont les albums qui font la rentabilité. Le Directeur de l’époque m’avait dit : “Ça ne marche pas « Pauvre Lampil »” donc, avec Cauvin, on a décidé de tout arrêter. Fini, on n’en parle plus ! Il y a quand même eu une réédition des sept albums mais je ne sais pas ce que ça a donné…

Vous n’avez jamais été tenté par la réalisation d’un album seul, une sorte de « one-shot » plus personnel ?

Ça, c’est la méthode actuelle. Ma femme m’en a encore parlé ce matin en lisant des articles. Non, moi je ne ferai jamais rien d’autre ! Je continue ça et si un jour j’arrête les Tuniques Bleues et bien je ne ferai plus rien. ( Rires )

Une des astuces de la série consiste en une alternance des histoires entre le fort et les champs de bataille…

Des États-Unis je ne connais que l’Ouest, je ne connais pas l’Est. Et pour l’avoir visité, j’aurais tendance à préférer l’Ouest. Le dernier album d’ailleurs s’est déroulé dans le Colorado. Ça me permet de faire des paysages, de dessiner de petits animaux dans les décors. Je préfère la nature évidemment. La prochaine histoire est basée en même temps sur l’Ouest et sur la Guerre de sécession. Les Guerres indiennes, très peu, ça n’était pas encore la grande époque, ça restait anecdotique. Mais là je suis un peu en train de parler en lieu et place du scénariste parce que c’est lui qui choisit les épisodes, en fonction de son imagination ou de ce qu’il a récolté comme documents.

Auprès des lecteurs, votre série est devenue un classique de la BD western

Ça c’est vous qui le dites parce que pour la presse en générale, je ne suis rien, strictement rien. On m’oublie, je n’ai aucun contact avec qui que ce soit. Pour le moindre événement, on appelle les autres mais moi, on ne m’appelle jamais. Mais je me suis fait une raison, je m’en fous. Ça ne m’inquiète pas trop, je me suis retiré du milieu de la BD. Je n’ai absolument aucune communication…, sauf avec vous aujourd’hui ! ( Rires )

Que personne ne s’intéresse à vous, c’est surprenant.

Attention, je fais la distinction avec les lecteurs ! Tout en ayant peu de communication avec les lecteurs, je parlais surtout de la presse et des gens qui, intellectuellement, se soucient de la BD. Moi, je ne suis rien du tout pour eux, Les Tuniques Bleues c’est une série de dixième zone. Bon, ça se vend, d’accord… mais ça n’apporte rien, ça ne bouleverse pas la BD, les techniques en général. C’est le sentiment qui ressort à chaque fois. On ne parle d’ailleurs pratiquement jamais, jamais des Tuniques Bleues. Quand on énumère, on cite évidemment Tintin en premier, puis Gaston, etc. mais jamais les Tuniques Bleues. Ça ne vient pas à l’esprit, on n’en parle jamais. Je me suis fait un raison. Quand je casserai ma pipe comme on dit, il n’y aura pas une fleur sur ma tombe… à part ma femme. Je n’aurai fait que passer…

Vous êtes délaissé par votre éditeur ?

Chez Dupuis, je suis complètement oublié. On me paye mes factures, ça c’est une chose, mais pour le restant, il n’y a plus aucun contact. Il y a eu des périodes plus fastes, mais maintenant, c’est terminé, je n’existe plus. Alors si ! Je rends des planches… mais on ne me les réclame pas, loin de là. ( Rires ) Et pourtant on tire quand même à 150 000 exemplaires. On a vendu 21 millions et demi d’albums, c’est énorme ! Mais pour eux, ça ne compte pas, on préfère parler d’un one-shot à 1500 ou 2000 exemplaires. Ça, je le sais de source sûre. Mais je ne sais pas pourquoi, je n’essaye plus de comprendre. En ce qui me concerne, c’est l’oubli complet !

Pourquoi vous voit-on si rarement dans les festivals BD ?

J’en ai refusé beaucoup. Les dédicaces me fatiguent, j’ai 78 ans vous savez. Et puis il y a toujours un moment où je m’accroche avec quelqu’un, parce qu’il me demande des choses que je n’ai pas le temps de faire. La chose positive c’est que j’ai toujours assez bien de monde qui vient aux séances de dédicaces. D’ailleurs, je vais plus souvent en France qu’en Belgique. En Belgique, il n’y a plus trop de festivals et personnellement je préfère aller en France. Mais à une époque j’ai beaucoup voyagé. Et avec les plus grands : Jijé, Franquin, Morris, Tillieux, etc. J’ai vu beaucoup de pays. Maintenant tous ces gens ne sont plus là. J’ai bien encore quelques copains, ceux qui travaillent avec Cauvin par exemple (Laudec, Bédu, Hardy)..., mais je ne les vois pas si souvent que ça. Le dernier festival que j’ai fait, c’était à Arras. Là, j’ai été reçu magnifiquement. Ce sont des gens très bien, dans le Nord ils sont terribles. Attention, je n’ai pas dit qu’ils n’étaient pas terribles dans le midi de la France ! ( Rires ) Mais je vais plus souvent dans le Nord, ce n’est pas très loin de chez moi.

Vous pouvez nous parler des gravures sur les pages de garde de chaque album ?

Ce sont des reproductions de vieilles gravures. Je ne sais d’ailleurs pas ce que je vais trouver pour la prochaine histoire. Ce n’est pas moi qui ai eu l’idée de ça. Salverius l’avait fait et je crois qu’il s’était inspiré des albums de Lucky Luke. Je les prends dans des bouquins. Ce n’est pas toujours facile à repérer, mais quand on a une grosse documentation comme la mienne on arrive toujours à en trouver de nouvelles. En général, ce sont toutes des gravures qui datent du 19e siècle.

Propos recueillis par Jean-Sébastien Chabannes

(par Jean-Sébastien CHABANNES)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Photos de Philippe Cauvin

Illustrations : (c) Éditions Dupuis

 
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29 Messages :
  • mais les gens se précipitent pour acheter vos albums. J’apprécie beaucoup quand vous dites humblement "Et pourtant on tire quand même à 150 000 exemplaires. On a vendu 21 millions et demi d’albums, c’est énorme !". Ben oui, c’est considérable et mérité, pour votre travail et celui de votre ami Raoul. Mais les journaleux intellos préfèrent ce qui ne se vend pas ou ce qui a besoin d’être expliqué, histoire de justifier leur maigre salaire. Les albums des Tuniques bleues parlent d’eux-même, ils se lisent sans fatigue et sont tout public . Et je suis sûr que 21 millions et demi d’albums vendus rapportent plus de plaisir à leurs auteurs que trois articles élogieux parus dans Laberration, Teledrama ou les Incrots.

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    • Répondu par L’informatique pour les nuls. le 10 mars 2014 à  13:47 :

      Le bot qui signe Oncle Francois est un ancien logiciel assez basique, alors ne lui en voulez pas s’il marche en circuit fermé et ressort toujours les mêmes phrases, il n’y a plus possibilité d’une mise à jour.

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    • Répondu le 10 mars 2014 à  14:28 :

      Bonjour

      cela me surprend à moitié. les valeurs sures se vendent évidement ; pourquoi faire plus ou moins d’un point de vue marketing ou auteur. On fait de la pub et dépense de l’énergie essentiellement pour lancer les collections. les valeurs sures se vendent "toutes seules". pq dépenser du temps et de l’argent pour qq chose qui rapportera de toute façon. cela ne veut pas dire que l’éditeur méprise la série.

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    • Répondu par Jojo le 10 mars 2014 à  16:01 :

      "Les journaleux intellos" se disent peut-être qu’il est plus sain de donner une chance à l’auteur à 1200ex qui va galérer qu’à l’auteur reconnu, respecté, et dans la même routine depuis 50 ans. Il le dit lui-même, ils ont vendu 21 000 000 d’albums et ils tirent à 150 000 exemplaires. C’est super et c’est mérité.

      Je respecte énormément les Tuniques Bleues qui sont parmi mes séries préférées de mon enfance, mais là c’est un peu comme si Belmondo se plaignait de ne plus être à la télé. Il ne faut pas sombrer dans l’aigreur non plus.

      En revanche le bashing de journalistes ça pue le populisme à deux balles. Quoi, il faut leur reprocher de s’intéresser à ce à quoi personne ne s’intéresserait sans eux ? Personnellement je n’ai pas besoin de journalistes pour me parler des Tuniques Bleues, je connais.

      Et quand on voit le déluge d’articles sur l’épouvantable agonie de la série Astérix, je me dis que c’est le contraire, qu’on manque justement de journalistes intellos pour aller voir ce qui se fait de neuf.

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      • Répondu le 10 mars 2014 à  18:20 :

        Justement les journalistes parlent soit d’asterix et titeuf, soit de trucs totalement inconnus chez des éditeurs hyper élitiste qui font peur au grand public, et pensent qu’aujourd’hui la bd c’est plus que ça... On ne voit que les auteurs dis "indé" (ce mot me fait bien rire) ou les sacro saint Uderzo et Zep ! Y’a rien au milieu ? La bd populaire qui continue de vivre, merde, ces mec vont disparaitre sous peu, on aura une petite ligne par ci par là, et oublié aussi tot ?! Ce comportement est le même concernant les bd humoristiques en général, comme ce que propose bamboo ou vents d’ouest par exemple, les journaliste fuient la chronique de ce genre de bouquins "honteux" alors que c’est ce qui représente le plus la bd populaire comme on l’as connue dans notre enfance.

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        • Répondu par Fred le 10 mars 2014 à  21:26 :

          C’est peut-être parce que les bd humoristiques genre bamboo ou vents d’ouest sont d’une grande médiocrité surtout si on les compare aux Gaston, Modeste et Pompon, Boule et Bill ou Achille Talon d’antan. A quoi bon vouloir qu’elles soient chroniquées sur c’est pour dire que c’est nul ?

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          • Répondu le 11 mars 2014 à  09:09 :

            Au secours ! C’est reparti pour les clichés : vous avez lu TOUTES les séries de chez Bamboo pour décrèter que c’est nul ? Faut arrêter de vivre dans le passé.
            Pour les pré-ados d’aujourd’hui,les Sisters, les Profs ou Boule à zéro sont comme Achille Talon ou Gaston il y a 30 ans.Même si ça vous ennuie c’est la réalité : il suffit de voir ce qu’achètent les gamins dans les salons BD.Sont-ils tous idiots ?

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            • Répondu par Jojo le 11 mars 2014 à  14:22 :

              Alors que de parler des auteurs "indés" en insistant sur les guillemets et sur le "ça me fait beaucoup rire" comme si c’était sale, ce n’est pas un gros cliché aussi ? Vous avez lu TOUTES les BD indés que vous méprisez tant avant ce commentaire ?

              La critique est élitiste, grande nouvelle. Oui, c’est pour ça aussi que les prix Goncourt s’attardent peu sur les livres populaires de type Gavalda ou Marc Levy. Est-ce une grosse surprise ?

              Et non, le nombre de lecteurs n’est pas un gage de qualité, sinon "Plus belle la vie" serait la meilleure fiction télé du monde et "Les blagues des Blondes" un chef-d’œuvre.

              Je connais peu ce qui se fait chez Bamboo et loin de moi l’idée de dire qu’ils ne proposent que des séries médiocres, mais il y a une réalité plus simple : les gamins s’en tapent de la critique. Les gamins ont leurs propres réseaux de communication et le bouche à oreille. Tous les critiques du monde réunis ne pourraient les empêcher de lire "Les Légendaires" ou "One Piece".
              La critique elle s’adresse aux lecteurs adultes qui lisent des livres d’adultes. Alors un article sur les Tuniques Bleues ou Tamara de temps en temps, super, mais ça me gonflerait vraiment qu’on ne me parle que de ça quand je préfère à titre personnel, en tant qu’adulte, qu’on me parle des BD qui me sont un minimum adressées.

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        • Répondu le 11 mars 2014 à  07:55 :

          Bonjour

          je ne suis pas sur de partager votre opinion..asterix, titeuf, tout comme tintin, sont des grands classiques incontournables de la BD. leur sortie créent un événement dans pareil ; d’autant que des films ou dessins animés adaptés existent. les tuniques bleues sont un grand bestseller pour un éditeur mais dont le tirage est inférieur aux séries citées précédemment.
          les tuniques bleues selon moi se trouvent au milieu pour un journaliste, entre l’intérêt de publier un article au sujet de la sortie d’un évènement bd (asterix) et l’intérêt de publier un article sur une découverte, un potentiel BD, une nouveauté intéressante. je ne pense pas qu’il s’agisse de snobisme contre les tuniques bleues.

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  • Je ne sais pas si personne ne s’intéresse à vous chez Dupuis mais en tout cas, soyez en sur, nous, les lecteurs, nous intéressons à vous et Raoul. Vivement le prochain album des Tuniques Bleues !

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  • Il ne parle que de fric, d’album vendu ou non, bref, comme le dit le chapeau de l’article, on a à faire à un "artiste" et pas à un commerçant. Cette interview pue la frustration à tout point de vue.

    C’est dommage, la série est une des première que j’ai achetée et lue. (mes sous de la petite souris, c’était pour ces albums) et si je lis de la bd de "bobo-intello" maintenant, c’est certainement grâce à Lambil et Cauvin en général et aux Tuniques bleues en particulier ("des bleus et des dentelles, quel album !).

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    • Répondu par lebon le 10 mars 2014 à  16:50 :

      Lors de sa présidence à Angoulême, Blutch (le dessinateur) avait rendu un bel hommage aux tuniques bleues, pourtant comme auteur intello/hermétique y a pas mieux que Blutch(personnellement j’adore). Et en 2005 le journal de Spirou avait publié l’épisode "les Nancy hart" en crayonné avec les commentaires des auteurs, démontrant le grand talent de dessinateur de Lambil. Monsieur Lambil, je ne sais pas si vous lirez mon commentaire, je voudrais vous dire que j’aime beaucoup votre oeuvre et que vous êtes une référence.

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      • Répondu le 10 mars 2014 à  16:58 :

        Merci pour vos messages. Je viens de lui transférer celui-ci : il le lira. Il sait que l’interview est en ligne depuis ce matin. Je l’ai appelé exprès. JSC

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      • Répondu par AntoineL le 10 mars 2014 à  19:18 :

        Oui et Jul dans une table ronde sur la bande dessinée et la guerre aux rendez-vous de l’histoire de Blois, cette année, avait aussi rendu hommage à cette série qui est une des très rares à montrer (tous médias confondus)la guerre de sécession. Manu Larcenet, qui est lui-aussi à mille lieues de là, en a également parlé. La série est un classique de Spirou, quoi qu’il en dise ! Je crois, au contraire, que beaucoup de roses seront déposées. Seulement il a le malheur d’être au milieu du gué. A la fois classique mais toujours en activité.

        Je ne crois pas que le rapport aux chiffres de vente de Monsieur Lambil soit un signe de sa frustration mais plutôt révélateur d’une conception de son métier qui n’est plus celle qui prédomine, celle de "l’artisan" (un peu comme Tardi, peut-être). Lambil est maintenant l’homme d’une seule série à une époque où c’est la diversité qui est valorisée (combien de one-shots par an ?). En plus, une série du journal de Spirou, adressée à un lectorat jeune et qui pis est en est à son 57ème opus. Enfin, ses albums sortent avec une régularité d’horloge suisse.

        Willy Lambil c’est tout le contraire de l’Auteur actuel. Cet entretien me donne l’impression (à peine une hypothèse) que Lambil appartient à la génération qui a suivi un certain âge d’or pour les dessinateurs des journaux jeunesse (avec les succès populaires mais aussi critiques, de Franquin, Peyo ou encore Uderzo). Et pour l’époque où il reprend la série et dessine ses meilleurs albums dans les années 80 ce qui focalise l’attention des commentateurs ce sont plutôt les expériences des auteurs de Métal Hurlant et de (à suivre), par exemple. Ceci dit, il a quand même reçu le Grand Prix Saint-Michel et assuré une expo à Angoulême en 2010, c’est pas mal !

        A quand une monographie ?

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  • Il s’agit ici d’une excellente interview et qui prouvent que tous les journalistes ne boudent pas cette collection.

    La série "Les Tuniques Bleues" est absolument extraordinaire à plus d’un titre. Non seulement par sa longévité mais également par son indéniable qualité.
    Je fais partie des tout premiers lecteurs qui étaient là lors de la parution des deux premiers titres sortis simultanément. C’est mon papa qui me les avait acheté (pour lui les lire en premier). Il ne savait pas ce qu’il avait fait ce jour-là car 40 ans plus tard, je lis encore et toujours cette magnifique série. Chaque année, depuis lors, j’achète l’album à sa sortie et quel bonheur de le découvrir d’abord dans la vitrine du libraire et ensuite chez moi, confortablement installé.

    Une série qui n’a jamais démérité.Certes, sur l’ensemble, certains titres me plaisent mieux que d’autres mais cela reste évidemment très personnel. Mes albums "nostalgiques" préférés sont les (je donne les numéros pas les titres, ce serait trop long) N°2,3,4,5,6,7,8,11,12,13,14,15,17,18,19 et20). Il y a encore de nombreuses superbes pépites par la suite bien sûr mais comme le souligne Lambil lui-même, il est certain que la nostalgie (ne nous le cachons pas)joue une part dans l’affection que nous portons à certains albums et cela vaut pour toutes les séries.

    Les scénarios sont restés très à la hauteur. Essayez d’écrire 58 histoires de 44 planches sur la guerre de Sécession sans lasser. Les histoires de Raoul Cauvin me font passer du bon temps. elles me font oublier le temps d’un album tout le reste. On se marre et ça fait un bien fou. Tous les scénaristes n’y parviennent pas et sur la longueur, Raoul Cauvin bat des records. Au niveau de la qualité aussi car même si on peut avoir ses préférences, trois scénarios moyens consécutifs et ce serait la mort de la série. Ce qui n’est jamais arrivés et n’arrivera jamais (je lui fais confiance).

    Le dessin de Lambil reste très lisible, généreux (des détails, des décors,...), précis. J’adore les expressions des personnages, les attitudes aussi.
    Je n’aurais jamais pensé que ces auteurs auraient continué aussi longtemps à me faire rêver (et ce n’est pas fini).

    Et pour répondre à la reconnaissance du public, je raconterai cette anecdote véridique que j’ai eu l’occasion de raconter aux auteurs en son temps : un matin très tôt dans les rues de Bruxelles alors que je me rendais au bureau, mon attention fut attirée par un pauvre homme assis par terre. Ses vêtements usés, dans un sale état, abandonné de tous, ce sans-abri qui venait de passer la nuit dehors, riait pourtant. En arrivant à son niveau, je reconnus dans ses mains une BD dont il manquait la couverture. Cette BD, c’était un "Tuniques Bleues" ! C’est ça, la véritable reconnaissance !

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  • J’adore ce que vous faites depuis que je suis tout petit, je rêve de pouvoir vous rencontrer lors d’une séance de dédicace ou ailleurs !

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  • L’auteur est honnête et lucide quand à sa place dans la BD.

    S’il est vrai que les "tuniques bleues" n’ont en rien révolutionné ou marqué l’histoire de ce médium, la série reste une valeur solide.

    Des centaines de one-shot encensés par la critique perdront de leur attrait au fil du temps mais cette série restera comme un pilier masqué de cet art : caché, méprisé mais indispensable au fond.

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  • C’est bizarre que Lambil fasse preuve d’une telle aigreur alors même qu’il vend des centaines de milliers d’albums chaque année et que plusieurs auteurs prestigieux avouent leur admiration pour "les Tuniques bleues". Mais Lambil avoue n’avoir aucune communication avec ses lecteurs, et il ignore certainement qui sont ces auteurs qu’il admirent.

    Il s’est coupé du monde de la BD, et s’étonne ensuite de n’avoir aucun retour. S’il faisait l’effort de communiquer avec ses lecteurs, avec la presse ou avec son éditeur, il serait surpris de découvrir que ce ne sont pas des fantômes qui éditent ou achètent ses albums. La communication et le respect ne peuvent exister sans un minimum de réciprocité.

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  • "Personne ne s’intéresse à moi"... Sauf 150 000 lecteurs !

    Suis-je le seul à voir dans la plainte de Lambil de l’irrespect, aussi bien pour ceux de ses confrères qui vendent moins que lui (c’est-à-dire la plupart,) mais aussi pour ses lecteurs ?

    Suis-je le seul à préférer l’enthousiasme et la joie qui se dégageaient de l’interview de Dany à l’aigreur qui se dégage de celle de Lambil ?

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  • Il n’y a pas que les journalistes d’"un certain milieu de la BD" qui n’apprécient pas Raoul Cauvin. Enfant, j’ai été abonné à Spirou à la fin des années 80, à l’époque où Cauvin réalisait la majorité des séries humoristiques du magazine. Je n’avais pas d’a priori sur Cauvin et j’avais l’âge du "coeur de cible" du journal. Pourtant les séries scénarisées par Cauvin ne m’ont jamais enthousiasmé. Pourquoi ? Les gags, rarement drôles, sont souvent étirés pour arriver au standard de 1 page (voire 2 ou 3 pages pour certaines séries) là ou un simple dessin aurait suffi (je pense d’ailleurs que les couvertures du journal Spirou sont ce que Cauvin a fait de mieux). Que reste-t-il après avoir lu un album de Cauvin ? Je n’ai aucun souvenir d’une histoire marquante... D’ailleurs il a maintenant plus de 75 ans et je serais incapable de dire quel est le "chef d’oeuvre" de sa carrière. Mais alors, comment expliquer les ventes ? Je pense qu’une raison majeure du succès commercial de ses séries est qu’elles sont vendues en supermarché, le label Dupuis en faisant un cadeau idéal pour le "petit cousin".

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    • Répondu le 11 mars 2014 à  23:08 :

      Quel manque de respect de parler ainsi, vous faites quoi des Jungles Perdues, des Sammy, Godaille et godasse, Lou... Je ne parle même pas des Femmes en blanc ou des Pierre Tombal car je ne suis pas fan, mais comment peut on dire qu’il n’y a pas de chef d’œuvre dans sa carrière ? C’est pas parce qu’on n’aime pas un truc que c’est nul ou dénué d’intêret, des centaines de milliers de personnes ont été bercées par son boulot. Cauvin incarne le scénariste de BD majeur d’une époque, il est encore vivant et tout le monde le snobe. Ca pue le boboïsme ! Je vois d’ici tout les ceux qui feront son éloge quand il cassera sa pipe.

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      • Répondu le 12 mars 2014 à  13:23 :

        Bah non, ni les Jungles Perdues, ni Sammy, ni Godaille et godasse, ni Lou, ni les Femmes en blanc et ni Pierre Tombal ne sont des chefs d’œuvres, juste des bd sympas, sans plus.

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    • Répondu par lebon le 12 mars 2014 à  09:21 :

      Vous souhaitez connaître un chef d’oeuvre de Raoul Cauvin ? "les naufragés" avec Claire Bretécher, qui à l’époque était au top de l’innovation graphique en plus d’être une femme en BD, ce qui était quasiment révolutionnaire.

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    • Répondu le 17 mars 2014 à  14:37 :

      "Coup de foudre" avec David Dethuin est une de ses belles réussites récentes.

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  • Dommage que Lambil ne fasse plus que de l’autocitation depuis au moins 30 ans... La platitude des planches est aggravée par l’uniformité des couleurs du studio Léonardo : un pot de peinture verte pour la végétation, un pot de peinture bleue pour le ciel et les tuniques et un pot de peinture marron pour la terre, les chevaux et le bois...

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  • Quel plaisir de retrouver les "Tuniques bleues" à chaque album. J’aime beaucoup le dessin de Lambil et plus particulièrement les chevaux. Peu d’auteurs peuvent prétendre faire durer une série aussi longtemps avec le succès qu’on lui connaît.

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  • Le problème, c’est que louer le dessin de Lambil, ce serait louer le scénario de Cauvin, ce que beaucoup se refusent. Les seuls qui admirent ouvertement Lambil sont ceux qui apprécient Cauvin. Alors forcément...

    Il faudrait un jour faire la critique du dessin et de la technique de Lambil en omettant de parler des albums eux-mêmes, et surtout de leurs scénario et scénariste. Là, on verrait que ce dessinateur est un génie !

    (à part pour les grincheux qui sont incapables d’aimer une BD si elle a plus de 20 ans d’âge sans être devenue culte...)

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