Le Dernier Diamant - Jérémiah n° 24 - Hermann - Dupuis

9 avril 2003 0
  • Ayant troqué leurs montures équestres pour des motos plus modernes (à cause de la série télévisée qui va bientôt sortir ?), Jérémiah et Kurdy continuent leur périple dans un monde futuriste inquiétant et violent. Un monde où même les héros tuent, Jérémiah en premier malgré son air angélique, et tuent non seulement pour se défendre, mais aussi pour rendre la justice eux-mêmes. La morale n'est pas toujours sauve, mais Jérémiah et Kurdy s'en tireront une fois de plus,... avec quelques égratignures psychologiques supplémentaires.

À Langton, Glenn passe pour un flic honnête. Et pour un type à part : il est marié à Violeta, une jeune Mexicaine souvent confrontée à la xénophobie ambiante. Glenn est un flic hanté par sa conscience. Sur les lieux d’un crime particulièrement violent, le policier a trouvé une chaînette qu’il connaît bien. Et pour cause. Des années auparavant, il l’avait offerte à son jeune frère, Jef. Dès lors sont en place les protagonistes d’un drame familial particulièrement sordide. Avec comme témoin privilégié Jeremiah, venu rendre visite à sa vieille tante Martha...

Dans cette histoire aux récits multiples, Hermann alterne avec bonheur la comédie satirique et le polar le plus désespéré, à travers le destin de personnages campés immédiatement en deux coups de crayon. Sa palette s’enrichit d’ambiances plus colorées, faisant encore évoluer son dessin d’une force d’évocation rarement atteinte.

(par JLM)

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Regard désabusé d’Hermann sur le monde dans lequel il vit : chaque épisode de Jérémiah est un peu plus dur, un peu plus fort, un peu plus déprimant. Hermann n’a pas confiance dans le genre humain, ça le déprime, et son Prozac à lui est l’écriture de bandes dessinées. Il n’y a jamais de bons et de méchants dans la série Jérémiah, même pas de gris … Tous, ils sont tous des salopards de première classe ou des pleutres de seconde zone. Même Jérémiah, qui a évolué depuis le premier épisode, a assimilé une partie des méthodes de Kurdy, le faux héros. On se demande jusqu’où va aller Hermann ? Cette fois, il nous décrit un viol suivi d’un meurtre (ou l’inverse) avec un regard froid et détaché, presque glauque, tout en parvenant toutefois à ne pas tomber dans un voyeurisme salace. La scène est malsaine, mais c’est voulu. Hermann sait très bien ce qu’il fait, et son immense talent lui permet d’aller où il veut et de montrer ce qu’il veut, comme il le veut. Il prouve aussi dans cet album qu’il n’a pas besoin de scénariste, fût-il son fils. De toutes les productions d’Hermann, Jérémiah restera son œuvre phare, son œuvre majeure, et ce dernier album est là pour le prouver s’il le fallait encore.

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