Le Manneken-Pis porte le costume d’Obélix

24 septembre 2005 0 commentaire
  • La garde-robe du ketje bruxellois le plus connu de la planète comporte aujourd'hui un costume de plus ! Sylvie Uderzo, la fille du dessinateur d'{Astérix} et {{Philippe Decloux}}, l'échevin du tourisme de la ville de Bruxelles, ont inauguré joyeusement le nouveau costume du Manneken-Pis... Un costume d'Obélix !

Dès 11h00, les curieux s’amassaient devant la petite fontaine de la rue de l’Etuve. Ce jour est un grand jour : c’est celui où la confrérie de l’Ordre de Saint-Michel inaugure en grande pompe le nouveau costume du Manneken-Pis. Un costume de Gaulois, le costume d’Obélix !

Le Manneken-Pis porte le costume d'Obélix
Manneken-Pis devient... Manneken-Pix !
Photo : D. Pasamonik

On appella « Manneken-Pist » ou « Juliaankensborre » (Fontaine du petit Julien), puis Manneken-Pis, une petite fontaine du 17ème siècle qui, à l’imitation des Putti pisciatori italiens, représente un bambin joufflu en train de compisser joyeusement. La statuette est de Jérôme Du Quesnoy l’ancien. Dès sa création, pour ainsi dire, un double en bronze a été offert par le sculpteur au premier magistrat de la ville. L’initiative fut heureuse car, plusieurs fois, la statuette fut dérobée. Seule celle qui figure dans le Musée de la Ville de Bruxelles est d’ailleurs originale. Or, c’est précisément à la suite de l’un de ces enlèvements par les grenadiers du roi de France sous le commandement de Maurice de Saxe, que Louis XV eut l’idée d’offrir à la statuette son premier costume pour se faire pardonner des Bruxellois. C’était en 1746. Il fit faire au garçonnet de bronze, sur mesure, un magnifique habit de chevalier français brodé d’or, lui conféra une épée et un titre de noblesse, et le décora de surcroît de l’Ordre de Saint-Louis. Sachez, militaires de France, que vous êtes tenus de saluer le petit Julien militairement si, par hasard, vous passer devant lui en uniforme !

Obélix a l’air très content de son costume.
Photo : D. Pasamonik

Le Manneken-Pis est devenu au fil des ans le symbole de l’esprit frondeur des Belges. Des dizaines de légendes, pour la plupart fantaisistes, sont attachées à sa petite personne. La sympathie des Bruxellois, comme des visiteurs étrangers, a fait de lui le personnage bruxellois le plus célèbre au monde. Sa garde-robe se compte aujourd’hui en milliers de costumes pieusement conservés dans la Maison du Roi, et quelques personnages de BD y figurent déjà : Mickey, Spider-Man, les Schtroumpfs, le Jeune Albert de Chaland... Rien de plus normal que de le voir porter les braies d’Obélix. Ces costumes sont régulièrement sortis de leurs garde-robes pour célébrer le personnage. Chaque fois qu’Astérix occupera l’actualité, pour autant que le collège communal en ait l’initiative, le costume ressortira pour associer Obélix à l’unanime hommage.

La foule, impressionnante, venue dès onze heures, a de la chance. Le costumier de Manneken-Pis est en train de lui mettre ses nouveaux attributs. Mais aussitôt, un rideau rouge et vert frappé des armes de la Ville de Bruxelles (un Saint-Michel terrassant le dragon) cache la statuette. La foule patiente un quart d’heure encore. Enfin, conduits par le Président de l’Ordre de Manneken-Pis, M. Decloux, échevin à la culture de la Ville, et Sylvie Uderzo, la fille de l’artiste, arrivent. Un bref discours salue la découverte de la statuette en son costume. Les flashes crépitent, ceux des journalistes comme ceux des touristes. Soudain, la foule se fend pour laisser la place à Obélix lui-même, flanqué d’Astérix son complice. Il arrive juste à temps pour se faire arroser de bière car, comme il est de tradition, le premier pissou sous un nouveau costume est constitué de Gueuze. Sylvie Uderzo n’en revient pas.

On le sait peu : le premier pissou du Manneken-Pis peut atteindre plusieurs mètres et est toujours composé de gueuze. Sylvie Uderzo (entre l’échevin Philippe Decloux et le Président de l’Ordre de Manneken-Pis) n’en revient pas !
Photo : D. Pasamonik.

Pour ceux qui s’étonnèrent de l’absence du héros de la fête, l’explication est simple, Albert avait tenu le soir précédent à inviter, en toute discrétion, ses collègues de la bande dessinée belge à un banquet donné au prestigieux Hôtel Conrad. Plus de quatre-vingt auteurs étaient présents : ses amis de toujours comme Jean Graton, Tibet, Dany ou Gotlib et bien d’autres. Albert s’inquiéta même de la santé d’Eddy Paape que l’on sait souffrant ces jours-ci et qui n’a pas pu venir. Mais les auteurs de la nouvelle génération n’étaient pas absents non plus : Stephen Desberg, Stephan Colman, ou Yann faisaient partie des convives. La soirée s’est terminée jusqu’à pas d’heure. « J’ai la tête comme un concombre », nous dit Sylvie Uderzo. Son père a dès lors préféré rentrer rapidement chez lui, afin de se reposer de ses émotions bruxelloises.

Le Manneken Pis, vêtu du costume d’Obélix
Photo (c) Nicolas Anspach

(par Nicolas Anspach)

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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