Le dessinateur T2 - Par Trolley, Erroc et Dimberton – Editions Bamboo

15 juillet 2010 0 commentaire
  • Très bonne surprise que ce deuxième tome de la série Le dessinateur, un polar au point de vue original et haletant jusqu'à la dernière page.

Nous continuons de suivre les mésaventures violentes et désenchantées du narrateur de cette histoire dont la vie a basculé le jour où sa fille victime d’un viol se donne la mort. Notre homme étant dessinateur judiciaire, il connait intimement les rouages du monde de la justice. Ivre de rage et de peine, il n’a alors de cesse de poursuivre tueurs, violeurs et assassins relaxés ou libérés par anticipation et de les éliminer. Ce justicier autoproclamé se charge donc d’appliquer des sentences qu’il juge trop clémentes pour les individus qu’il pourchasse ; mais les choses se compliquent lorsqu’il s’éprend de la commissaire précisément chargée de l’enquête sur ces meurtres mystérieux.

Dans ce second volet, l’un des tueurs a deviné le projet du dessinateur, les rôles de chasseur et de proie s’en trouvent donc totalement inversés ce qui contribue à donner un second souffle puissant à cette histoire où se mêlent suspense et folie meurtrière. Violent et sombre, cet excellent polar n’est ni un plaidoyer pour l’autodéfense, ni une simple histoire de "chasse à l’homme". La psychologie "compliquée" du personnage principal débouchera sur un ultime coup de théâtre particulièrement bien amené.

Issus d’une école versée plutôt dans le comique François Dimberton (ancien assistant de Greg pour Achille Talon et grand admirateur de Tillieux) et Erroc (Les Profs, Les Musicos, Raoul et Fernand) font une entrée remarquée dans la collection réaliste des éditions Bamboo avec ce récit à la fois tendu et haletant de bout en bout.

Jean Trolley, qui signe ici sa première série, s’affirme déjà comme un dessinateur réaliste au style vif et sûr, aussi à l’aise dans le portrait que dans la restitution des ambiances.

Après un premier album prometteur (déjà primé au festival d’Amiens), Abbesses, suite et fin de cette histoire confirme le talent de ces nouveaux venus sur les terrain du polar.

(par Patrice Gentilhomme)

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