Le lancement du 1er album de Sandawe est un moment historique pour la BD francophone

18 février 2011 20 commentaires
  • Le premier site francophone d’ « édinautes » inaugure son catalogue ces jours-ci avec « Maître Corbaque », le premier album financé par une communauté de lecteurs. À l’heure où l’édition indépendante est en plein désarroi, un nouveau modèle économique se profile.

Ils sont 141 « édinautes » à avoir mis la main à la poche pour publier Maître Corbaque : Que justice soit (mal) faite, un album signé par le scénariste Zidrou (l’auteur à succès de L’Élève Ducobu) dont l’humour s’inscrit dans les traces d’un {{}} et le dessinateur E411.

Un album complètement dans l’air du temps, voire opportuniste, qui s’intéresse au monde de la justice alors que la fronde des magistrats tourmente le président de la République, mais qui constitue surtout une nouvelle alternative éditoriale crédible alors que la bande dessinée indépendante traditionnelle, et en particulier L’Association, est en plein marasme et que la bande dessinée « mainstream » regarde l’usage du numérique comme une poule le ferait d’un couteau.

Patrick Pinchart et ses associés, de même que les 141 aventuriers qui ont participé à cette aventure, peuvent être fiers d’eux : leurs noms (qui figurent d’ailleurs dans l’album) s’inscrivent en lettres d’or dans l’histoire de la BD francophone. Car le moment est historique.

Il Pennelo : 36.000 euros investis et un financement bouclé pour 2011.

Changement d’ère

Pendant près de cent ans, la bande dessinée a prospéré dans les journaux qui étaient leur principal facteur de diffusion. À partir des années 1950, en francophonie, la situation bascula en faveur de l’album. Celui-ci se diffusait en librairie spécialisée, en librairie générale et en grande surface pour les plus notoires d’entre eux, de même que dans des circuits de Vente par correspondance comme France Loisirs.

Le lancement du 1er album de Sandawe est un moment historique pour la BD francophone
Hell West : 40.210 euros investis. Un nouvel album financé pour Sandawe.

Puis sont arrivées les années 2000, avec l’Internet et des libraires en ligne comme Amazon et le phénomène des blogs qui ont mis l’Internet au cœur de la diffusion et de la création de la bande dessinée contemporaine, tandis que le développement considérable des « romans graphiques » a permis la diffusion d’une bande dessinée alternative en librairie générale. Le manga a trouvé quant à lui un vecteur de diffusion ultra-puissant dans le secteur traditionnel du livre de poche très implanté dans la grande distribution. Le challenge suivant est la consommation de la BD sur supports numériques et l’émergence d’une création mondialisée grâce à l’Internet.

Maudit mardi : 34.000 euros investis. Un nouveau titre bouclé pour Sandawe.

Du point de vue de l’édition, les usages aussi ont muté. Les tycoons de la presse des jeunes ont fait place à une batterie d’éditeurs aux compétences aussi diverses que le marché est segmenté, articulé autour de communautés nouvelles. D’un genre pour garçons, la bande dessinée est maintenant devenue une culture, voire un mode de vie à part entière qui s’adresse à toutes les catégories de lecteurs, et surtout de lectrices si l’on regarde la population consommatrice de mangas et de romans graphiques.

Espérance

Le Complot de Venus
6740 euros et 21% des sommes nécessaires investies au 18 février 2011 février.

D’aucuns seront interloqués que le premier ouvrage de Sandawe est un prototype de la bande dessinée « mainstream » : une BD de métier dont Raoul Cauvin fut l’inventeur et Bamboo le prophète. C’est comprendre de travers le phénomène : « Maître Corbaque » n’est pas le produit d’un éditeur stricto sensu, même si il est évident que Patrick Pinchart, ancien rédacteur en chef de Spirou et éditeur chez Dupuis, a fait jouer son carnet d’adresse pour attirer Zidrou et E411 dans ses filets : il est le produit d’une communauté de lecteurs qui ont voulu que le livre existe.

L’Association, c’était un peu cela : un club de lecteurs qui, par leur adhésion, finançaient des livres difficiles et qui, par leur nombre et leur qualité de prescription, rendaient cette édition possible. Cette approche élitiste –l’élitisme étant ici un ciment communautaire déterminant et nécessaire- ne se retrouve pas ici. Sandawe a vocation à publier n’importe quel type d’ouvrage du moment que le financement est assuré.

Elle dispose en outre d’un relais de diffusion et de distribution puissant : La Diff (diffuseur de Pika, Manolosanctis, Petit à Petit, Les 400 coups, Mad Fabrik ou Joker) et Hachette (distributeur de Astérix et Glénat notamment).

Sandawe est donc une machine à publier dont les lecteurs sont les maîtres. Sa compétence est d’arriver avec une force de proposition éditoriale et d’organiser, grâce à des développements adaptés d’un genre nouveau, une communauté d’investisseurs pour aboutir à la publication d’un projet donné, qu’il soit « mainstream » ou non, cela n’a pas d’importance. D’ailleurs d’autres projets, que l’on peut découvrir sur leur site, ne répondent pas du tout à cette définition et bientôt, Sandawe publiera des essais sur la bande dessinée dans ce même état d’esprit.

Édition communautaire

Qu’un livre soit rentable à 500 ou à 20.000 exemplaires, il peut exister du moment qu’une large communauté d’investisseurs le rende possible. Ainsi les 141 édinautes de Maître Corbaque ont-ils investi 10 €, 20 €, 50 €, 100 €, 250 €, 500 € ou 1.000 € jusqu’à ce que l’album soit financé. Si c’est un succès, ils récupèrent leur mise avec une plus-value. Ils peuvent soit la réaffecter sur un nouveau projet, soit récupérer leur argent. Si le financement ne se boucle pas, même chose : soit ils le placent ailleurs, soit ils récupèrent leurs billes. La compétence de Sandawe est notamment de pouvoir organiser tout cela.

Comme on le voit, le catalogue Sandawe n’est pas seulement dédié au "mainstream"
(C) Sandawe

La communauté est d’ailleurs le maître-mot de cette nouvelle donne. La démonstration en a été faite avec Ankama qui a réussi à créer un label éditorial à succès grâce à sa communauté de joueurs de jeux vidéo, à Manolosanctis qui, depuis un an, publie de beaux livres qui ne peuvent pas laisser les lecteurs indifférents, la « bédénovella » des Autres Gens ou aux blogs qui, de Pénélope Bagieu à Boulet, en passant par la collection Shampooing, ont réussi à fédérer des lecteurs autours de projets éditoriaux.

Au-delà des combats d’arrière-garde qui font rage en ce moment dans la bande dessinée indépendante française, il nous semble qu’il y a là, pour les auteurs et la bande dessinée en général, un facteur d’espérance qui mérite d’être soutenu.

"Les éclaireurs", un projet "débutant" : 2010 euros déjà investis sur 45.000 prévus

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.


Lire notre interview d’E411 (Février 2011)


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20 Messages :
  • Mouais.

    Est-ce qu’on investit parce qu’on aime ou parce qu’on veut que ce soit un succès qui rapporte de la plus-value ?

    C’est donc ça l’avenir, un éditeur qui ne prend aucun risque, ni financier ni éditorial.
    Quand je pense que les planches de Maître Corbaque sont déjà parues dans Spirou, ce qui signifie que Sandawe nous sert du réchauffé et rémunère des auteurs copains qui ont déjà été payés à la publication et qui n’ont fourni aucun effort. Ca ne me choquerait pas si cet éditeur n’avait pas ce discours de solidarité et de découverte de jeunes auteurs.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 18 février 2011 à  13:32 :

      Est-ce qu’on investit parce qu’on aime ou parce qu’on veut que ce soit un succès qui rapporte de la plus-value ?

      Chacun investit dans ce qui lui chante. C’est complètement ouvert.

      C’est donc ça l’avenir, un éditeur qui ne prend aucun risque, ni financier ni éditorial.

      Et le développement du site ? Et la sélection en amont ? Et le travail de diffusion ? Prendre des risques, c’est perdre de l’argent c’est ça ? Et prier Sainte-Rita pour qu’on ait un Persépolis dans la décennie ?

      Les édinautes prennent chacun des risques individuellement. Il y a donc bien risque, contrairement à ce que vous prétendez. C’est un capitalisme solidaire, une mutualisation du risque d’un genre nouveau dans le monde de la BD. Les co-investisseurs peuvent dialoguer entre eux et discuter avec l’auteur dans une relation privilégiée et par là même influer sur le projet.

      Quand je pense que les planches de Maître Corbaque sont déjà parues dans Spirou, ce qui signifie que Sandawe nous sert du réchauffé

      Non, il s’agit d’un projet qui a été abandonné et qu’ils ont remis à jour. Comme quand L’Association republie Forest ou Touys et Frydman payés ailleurs. Ou quand Dupuis publiait des Jeannette Pointu parus dans La Vie. Ou quand Bilal passe avec son fond chez Casterman, ou Bourgeon chez 12bis, Le Schrameustache de Dupuis à Glénat, Lloyd Singer de Dupuis à Bamboo. C’est une chose très courante dans l’édition.

      Ce bénéfice initial se retrouve dans le compte d’exploitation puisqu’il n’y a plus les planches à payer. Les édinautes en profitent donc directement.

      et rémunère des auteurs copains qui ont déjà été payés à la publication et qui n’ont fourni aucun effort.

      Argument vulgaire et médisant. Et méprisant avec ça. Il y a avant tout un auteur qui désire voir son œuvre publiée.

      Ca ne me choquerait pas si cet éditeur n’avait pas ce discours de solidarité et de découverte de jeunes auteurs.

      Il fait effectivement ce travail de découverte, mais vous êtes trop partial pour vous donner la peine d’aller voir sur le site.

      Il y a chez Sandawe un rapport équilibré entre des auteurs connus et parfois même reconnus et des artistes débutants. Arrêtez de les mépriser et ça ira sans doute mieux, cela réduira vos aigreurs.

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      • Répondu par martinou le 18 février 2011 à  18:33 :

        En vous lisant, c’est plutôt vous que je trouve aigre. Je suis aussi partial que vous l’êtes. J’ai tout de même le droit de ne pas adhérer à cette initiative qui, à mon sens, n’apporte rien au monde de l’édition.

        Il est évident que ce n’est pas aux lecteurs ni aux auteurs de prendre des risques dans l’édition d’un album, malgré votre argumentaire pseudo-humaniste de capitalisme solidaire, cette initiative n’est qu’un pansement sur une jambe de bois, voire même une résignation face aux gros éditeurs qui ne prennent pas de risques.
        A quand l’envoi des livres aux édinautes pour qu’ils se chargent eux-même de la diffusion ?

        Ce qui sort de chez Sandawe n’a d’ailleurs rien d’exceptionnel, on pourrait voir les mêmes albums chez Soleil ou Bamboo. Aucun rapport avec l’Association.

        Et peut-être serait-il bon ton de leur conseiller un graphiste, car j’écris ce message avec la publicité Maître Corbaque en fond de votre site, et j’avoue être assez atterré par le personnage mal détouré et le dégradé façon 90’s.

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      • Répondu par Frans le 18 février 2011 à  19:24 :

        Donner des leçons sur la maîtrise des aigreurs ça peut prêter à sourire venant de votre part... Quand on voit à quel point vous prenez un plaisir ostentatoire à taper sur l’édition indépendante/alternative...
        De plus le ton est un peu trop enjoué ("révolution de l’édition" faut pas non plus pousser mémé) et je ne peux pas m’empêcher de le mettre en relation avec le partenariat publicitaire mis en place avec Sandawe sur cet album. Vous me direz aigris, il n’en est rien, je serais a priori soutient de toute tentative éditoriale. A posteriori, après lecture, je n’hésiterais pas à critiquer le travail. Je regrette parfois le manque d’objectivité de vos articles... mais c’est le propre du "journalisme" d’être subjectif, on sait à quoi s’attendre en venant sur ce site. (ne muselons pas les journalistes comme le font certains dictateurs ahah)
        Quant à l’album sélectionné en lui même, il est décevant, même si c’était au fond prévisible, de voir que les "édinautes" se tournent vers un projet consensuel, de "bd à papa", qui ne fera pas avancer la bd (alors de la à la révolutionner). Ce n’est pas surprenant, la même expérience a donné le même resultat tiède dans la musique. L’édition avancera quand des hommes feront des choix audacieux... et de l’audace les foules en manquent. De plus je craint pour la "ligne éditoriale" (de fait inexistante) de Sandawe qui semble taper à droite à gauche, au risque de perdre le lecteur et de ne pas trouver de public.

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        • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 18 février 2011 à  19:59 :

          Quand on voit à quel point vous prenez un plaisir ostentatoire à taper sur l’édition indépendante/alternative...

          Franchement, vous n’êtes pas objectif. Ceci est typiquement un procès d’intention.

          De plus le ton est un peu trop enjoué ("révolution de l’édition" faut pas non plus pousser mémé) et je ne peux pas m’empêcher de le mettre en relation avec le partenariat publicitaire mis en place avec Sandawe sur cet album.

          Il n’y a aucun lien entre la rédactionnel et la pub. Aucun. Cela dit, nous sommes très contents d’aider l’initiative de Sandawe (comme celle des Autres Gens dont nous parlerons demain)car cela nous semble des voies nouvelles pour découvrir de nouveaux talents et pour faire évoluer le modèle économique de la bande dessinée. Nous avons voulu en être dès le premier jour.

          Vous me direz aigris, il n’en est rien, je serais a priori soutient de toute tentative éditoriale. A posteriori, après lecture, je n’hésiterais pas à critiquer le travail. Je regrette parfois le manque d’objectivité de vos articles... mais c’est le propre du "journalisme" d’être subjectif, on sait à quoi s’attendre en venant sur ce site. (ne muselons pas les journalistes comme le font certains dictateurs ahah)

          Ce serait bien que vous structuriez vos bavardages autour d’une idée claire car on n’y comprend rien.

          Quant à l’album sélectionné en lui même, il est décevant, même si c’était au fond prévisible, de voir que les "édinautes" se tournent vers un projet consensuel, de "bd à papa", qui ne fera pas avancer la bd (alors de la à la révolutionner). Ce n’est pas surprenant, la même expérience a donné le même resultat tiède dans la musique.

          Vous n’en savez rien en fait. Vous faites votre gourou à la petite semaine. Et on devrait vous croire ? Et puis, "faire avancer la BD" est un concept stupide -que vous n’êtes pas le seul à partager- qui ne signifie rien. Encore une fois, en sous-texte, le mépris pour la bande dessinée commerciale.

          L’édition avancera quand des hommes feront des choix audacieux... et de l’audace les foules en manquent. De plus je craint pour la "ligne éditoriale" (de fait inexistante) de Sandawe qui semble taper à droite à gauche, au risque de perdre le lecteur et de ne pas trouver de public.

          Voilà un vrai argument. Mais encore une fois, vous jugez sans rien avoir vu. Voilà un éditeur qui publie son premier bouquin et vous le condamnez avant même d’avoir pu constater son échec ou sa réussite. C’est ce qu’on appelle une pensée indigente.

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  • Bonjour,
    C’est le modèle économique du système qui me met un gros doute.
    Admettons que hellwest (par exempel) soit vendu à 15 euros.
    Admettons que le financement ait servi à payer entièrement l’imprimeur et déjà les droits d’auteurs pour un tirage conséquent.
    Admettons que Sandawe laisse 58 % au diffuseur/distributeur.
    Ca nous fait 14,21 HT soit un gain de 42 % de 14,21 = 5,97 par album.
    40210 / 5,97 = 6735 albums à vendre avant de gagner le moindre centime.
    7000 albums vendus, c’est beaucoup.
    Enorme, même, par les temps qui courent.
    Comment cela peut-il être viable ?
    Ca l’est peut-être pour Sandawe s’il utilise une partie de ces fonds pour payer un salaire à ses fondateurs (?) mais je vois difficilement comment ça peut rapporter des sous aux "actionnaires", voire leur éviter d’en perdre.
    Je suis dubitatif.
    Ceci dit : LONGUE VIE à SANDAWE et à TOUS LES AUTRES EDITEURS !
    Toute initiative est bonne à prendre pour aider les auteurs qui, aujourd’hui, mangent de la vache enragée (quand il en reste).

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    • Répondu par Patrick Pinchart le 19 février 2011 à  11:54 :

      Avant toute chose, annonçons la couleur : les fondateurs de Sandawe ne se versent pas de salaire pour le moment. Et tout le système fonctionne à partir de leurs fonds propres.

      En ce qui concerne l’économie du livre, elle est la même que pour l’édition traditionnelle : il n’y a pas de recette du succès et l’on prend chaque fois un risque en éditant un livre. Certains fonctionneront mieux, d’autres moins bien. Il est donc indispensable que les édinautes jouent le même rôle qu’un éditeur traditionnel en investissant dans plusieurs projets.

      A la différence de bien d’autres éditeurs, chaque nouveauté dispose d’un budget promotionnel. Alors qu’une tendance (malheureuse) est de plus en plus de sortir une nouvelle série sans support et de ne lui accorder un soutien marketing que si la sauce prend. Cela lui donne, ici, plus de chances de toucher un public.

      Vous avez aussi pu constater que nous utilisons à fond les nouvelles technologies pour lui apporter une visibilité supplémentaire. Sans oublier la communauté des membres de Sandawe. L’album ne passe pas inaperçu.

      Et puis, il y a des choses qui ne sont pas de l’ordre du financier pur : les édinautes suivent la création de l’œuvre, dialoguent avec les auteurs, reçoivent une édition spéciale, numérotée, voire dédicacée, leur nom figure dans l’album, ils participent à la promo, etc. Certains peuvent n’accorder aucune importance à cela, ce qui est peut-être ton cas, mais je suis convaincu que, pour ceux qui participent à l’aventure, ce sont des choses qui ont une valeur.

      Patrick Pinchart

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      • Répondu par K-putt le 20 février 2011 à  06:36 :

        Y a aussi des éditeurs qui compte QUE sur le marketing des auteur, et ça se répand de plus en plus ! Bénef = tout bénef !

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  • Il semble qu’en ce moment, Actua BD ne peux pas faire un article sans mentionner les "combats d’arrière-garde qui font rage en ce moment dans la bande dessinée indépendante française". C’est pas un peu de l’acharnement ?

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 18 février 2011 à  19:44 :

      C’est pas un peu de l’acharnement ?

      Pas du tout. Il s’agit bien ici de mener une réflexion sur l’avenir de l’édition. Vous isolez du contexte mon propos sur la BD indépendante alors que par ailleurs je mentionne, et de façon pas forcément moins amène, que la BD Mainstream est en pleine interrogation face au numérique et que je détaille une série d’initiative d’acteurs indépendants (Ankama, Manolosanctis, Les Autres Gens, les blogs...) qui sont en train de construire la BD de demain.

      L’aventure Sandawe est l’une de ces pistes.

      Est-ce que vous sur-réagissez pas chaque fois qu’apparaît le mot "indépendant" ? La question se pose... J’attends le moment où l’on me traînera en justice pour délit de blasphème...

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      • Répondu le 18 février 2011 à  21:05 :

        Je ne sur-réagis aucunement, je trouve juste que le parralèlle est un peu bancal. Un, la "vieille garde’ ne vacille pas nécessairement tant que cela (si l’on ne la limite pas qu’a une obsession Menuesque) en tout cas en terme de qualité produite mais aussi d’innovation (Ego comme x par exemple - vieille école - est aussi actif sur le plan numérique, ou l’Astronef, ou autres), et ces nouvelles plateforme ont aussi encore à faire leur preuve de survie autonome. Manolosanctis publie à tour de bras, mais je serai curieux de voir les retours de ventes dans quelques mois... Sandawe publie un premier album qui honnêtement n’est quand même pas à tomber par terre et dont le financement, pour avoir suivi un peu l’histoire, à tout de même été bien laborieux (comme l’est celui des autres projets)... Les autres Gens va se retrouver édité en papier chez Dupuis... Bref, enterrer les uns comme encenser les autres est un peu prématuré. ( Je sais, vous n’allez pas être d’accord... :)

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  • Votre "moment historique" est un non-évènement. Il ne sagit que de vieilles pages pas très drôles et au dessin bâclé publiées au siècle dernier dans Spirou, c’est d’ailleurs l’idée même "d’éditorial démocratique", il n’y aura que des albums issus de consensus mou puisque devant plaire au plus grand nombre pour atteindre son quota, peu de chance de voir émerger un chef d’oeuvre de cette manière.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 18 février 2011 à  20:02 :

      Votre "moment historique" est un non-évènement.

      Si, c’est le premier album de BD francophone financé par le système du crowdfunding.

      Le reste, ce sont des considérations dignes d’une voyante extralucide (profession respectable et très divertissante, au demeurant).

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      • Répondu par martinou le 18 février 2011 à  21:41 :

        Pasamonik, vos propos m’auraient passionné il y a 10 ans, mais force est de constater que vous semblez complétement dépassé.
        Je ne crois pas en Sandawe (mais je leur souhaite de réussir). J’ai confiance en Manolo car ils sont jeunes, dynamiques, font des beaux livres et ont compris qu’il ne fallait pas juste se baser sur le choix des internautes. Les Autres Gens, ce sont de très bon auteurs, mais est-ce que ça marche vraiment ?
        Je ne crois pas que quelqu’un ait encore trouvé le modèle idéal.

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        • Répondu par Eric B. le 19 février 2011 à  06:08 :

          Manolosanctis produit (malheureusement) déjà trop d’albums, c’est dire ! Au début, on trouvait ça rafraîchissant, mais avec tout ce qui est paru ces dernières semaines, ça commence déjà à être lourd. On a l’impression d’un sous-KSTR, lui-même déjà largement inégal.

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      • Répondu le 22 février 2011 à  17:33 :

        Pour etre parfaitement exact, il s’agit du deuxième albuim, puisque le financement d’IL Penello a été bouclé avant....mais il semblerait que son achèvement prenne plus de temps...

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    • Répondu par Patrick Pinchart le 19 février 2011 à  11:13 :

      C’est exactement la crainte qu’avaient exprimée certains journalistes au moment où nous avons lancé le concept et il y avait effectivement un risque. Je ne comprends pas que l’on puisse encore honnêtement, à moins de ne pas avoir été jeter un simple regard sur le site et les projets financés, écrire ce genre de chose aujourd’hui.

      Il y a une variété de projets, de styles qui sont loin de correspondre à un standard de bande dessinée "de consensus", "devant plaire au plus grand nombre".

      Le premier album est une bande dessinée de type classique, oui. On espère qu’elle plaira au plus grand nombre. Mais elle n’a pas été la première financée. Allez lire les trois autres projets (on espère aussi qu’ils plairont au plus grand nombre, mais sont radicalement différents). Vous comprendrez qu’on est loin du consensus que vous dénoncez.

      Patrick Pinchart

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      • Répondu le 19 février 2011 à  11:49 :

        Pour les auteurs, toutes ces initiatives font plaisir à voir. Il y a aussi dans Sandawe une idée vieille comme le monde dans le milieu de l’art qui revient enfin dans la BD : le mécénat.
        Tant mieux pour tout le monde donc.

        En revanche, ça ne devrait pas coûter si cher d’avoir un bon maquettiste, non ? Là, c’est vraiment hideux et d’un autre temps. c’est fort dommage.

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        • Répondu le 19 février 2011 à  17:14 :

          Les couv du Complot de Venus et Hell West sont très belles je trouve.

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        • Répondu par Patrick Pinchart le 21 février 2011 à  11:11 :

          Les couvertures présentées sur le site, à l’exception de "Maître Corbaque" n°1 qui est commercialisé, sont de simples montages provisoires, pas des couvertures destinées à devenir définitives.

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