Les déshérités d’Hergé (2/2)

13 janvier 2008 22 commentaires
  • Pour ceux qui découvrent le dossier, c’est un mystère : De quoi Nick Rodwell, gestionnaire des droits d’Hergé, est-il coupable qui mérite à ce point l’acharnement dont il fait l’objet ? Analyse.

Passons sur la succession d’Hergé jusqu’à l’arrivée de Nick Rodwell aux manettes de l’entreprise en 1990. Á cette date et progressivement, le jeune Anglais, à qui l’on doit d’avoir ouvert une boutique Tintin à Londres au début des années 1980, décide de reprendre le contrôle de la licence Tintin, dispensée à des entreprises qui produisent des milliers d’objets à l’effigie du personnage. Ceci, avec d’autant plus de facilité qu’il est devenu l’époux de Fanny Remi, la femme d’Hergé et sa légataire universelle.

Récupération d’héritage

Mais du vivant d’Hergé déjà et surtout après sa mort, cette exploitation était devenue illisible, dispersée entre sociétés gigognes et contrats de licences dispensés parfois sans discernement. Aucune stratégie, ni développement commercial pérenne n’est envisageable tant que la chaîne des droits n’est pas assurée. Or, la rétrocession d’une partie de ces droits à Canal+, logée dans une société sur laquelle Moulinsart n’a aucun contrôle, en dehors de celui du droit moral, rend impossible une gestion cohérente. Le premier travail de Nick Rodwell va être de rapatrier tous ces droits dans une seule société.

Son idée est de construire un business complètement contrôlé, de la fabrication à la distribution. Il va d’abord récupérer ces droits, parfois en les rachetant. Cela fait, il bouleverse complètement les habitudes des licenciés Tintin. Des dizaines de contrats ne sont pas renouvelés, à la grande fureur de leurs bénéficiaires, et ceux qui veulent continuer à travailler avec l’image de Tintin sont contraints à devenir les distributeurs de produits estampillés « Moulinsart ». C’est vrai pour les statuettes, les jouets, les vêtements… C’est vrai aussi pour l’édition puisque désormais les nouveaux ouvrages signés Hergé ne seront plus édités par Casterman. La manœuvre consiste à ramener un maximum de chiffre d’affaires au 162 de l’avenue Louise à Bruxelles.

Les déshérités d'Hergé (2/2)
Louis Delas, PDG de Casterman. Il a perdu le droit de publier de nouveaux ouvrages sur Tintin. Mais il en reste le distributeur.
Capture d’écran - Image RTBF - Photo : D. Pasamonik

Par ailleurs, les usages informels de l’œuvre d’Hergé par des associations comme Les Amis d’Hergé dirigée par Stéphane Steeman, des librairies qui utilisaient Tintin sur leur façade et d’une manière générale toute utilisation qui ne ferait pas l’objet d’un contrat préalable sont contraints de rentrer dans le rang. Tout, ou presque tout, devient payant.

Nick Rodwell applique là une des règles de base du droit sur le copyright qui stipule que si vous ne défendez pas une œuvre dont vous êtes le propriétaire, vous pouvez légitimement la perdre. L’apparent « laissez-faire » hergéen (car, soyons sérieux, la procédure était déjà le fait du Studio Hergé et de Casterman du vivant même d’Hergé) trouve là un cadre particulièrement rigide. Nick Rodwell, de ce fait, donne au mieux davantage l’image d’un juriste que celle d’un commerçant, au pire celle d’un commerçant avide et procédurier.

Une politique de centralisation

La fureur des évincés – ces « déshérités d’Hergé »- fait du bruit. Imaginez : 70 entreprises qui vivaient de Tintin, une rente confortable s’il en est, se retrouvent sur le carreau. Certaines d’entre elles font faillite. Mais c’est le changement des relations entre Moulinsart et Casterman qui constitue pour Rodwell l’élément le plus délicat. Avant 1990, le scénariste, écrivain et réalisateur Benoit Peeters et le critique d’art Pierre Sterckx s’imposaient comme les analystes de référence de l’univers hergéen. Avec raison. Le premier avait publié chez Casterman Le Monde d’Hergé, un ouvrage clair, lisible et à l’époque le mieux renseigné sur l’univers d’Hergé. Publié en 1983, son auteur avait profité d’une certaine proximité avec le maître de l’École de Bruxelles. Peeters se retrouve tout naturellement à coordonner les publications savantes publiées à ce moment-là pour la filiale d’Hachette, Rombaldi. Pierre Sterckx n’était pas en reste. Ami du couple Hergé, il conseillait le dessinateur dans l’acquisition d’œuvres d’art contemporain. Brillant bretteur de mots, il avait signé avec Thierry Smolderen une biographie d’Hergé. Adoubés par le Studio Hergé et par Fanny Remi elle-même, ils étaient les référents intellectuels de l’univers de Tintin dans ces années-là.

Stéphane Steeman, l’un des "blacklistés" de Moulinsart
Capture d’écran - Image RTBF - Photo : D. Pasamonik

Benoit Peeters avait lancé chez Casterman une collection intitulée « La bibliothèque de Moulinsart » destinée à publier des ouvrages autour d’Hergé et de Tintin. Or cette collection contrarie Nick Rodwell. En effet, lui qui veut rapatrier tous les droits dans une seule société, ces livres-là, il préfère les publier lui-même. S’il laissait faire, les droits d’Hergé seraient encore dilués, appartenant pour partie à Casterman, un éditeur qu’il considère comme un partenaire commercial comme un autre, évacuant le rapport affectif qu’Hergé avait pu bâtir avec la maison tournaisienne. Cette dernière est d’ailleurs dans des difficultés qui provoqueront son rachat par Flammarion dans peu de temps. Il y a donc tout lieu de se garantir contre ces évolutions défavorables tout en assurant l’avenir éditorial et, corollairement, le chiffre d’affaire de l’entreprise qu’il est en train de bâtir, alors en pleine phase d’investissement. Pour Nick Rodwell, tout nouveau projet éditorial autour de Tintin n’a plus qu’un seul label : les éditions Moulinsart. Il va donc faire une guérilla incessante pour empêcher la publication d’ouvrages sur Hergé sous une autre marque que la sienne. Benoit Peeters a une longue liste de projets : avec Pierre Sterckx ou encore avec Albert Algoud, l’une des stars de Canal+. Hélas pour Peeters, Rodwell n’envisage plus de publication en dehors de Moulinsart, et il ne veut plus entendre parler de Canal+ à qui il a racheté (cher) les droits de Tintin. Tous les projets sont arrêtés.

Les Insurgés de Moulinsart

Entre les actions de justice pour des utilisations non autorisées de l’œuvre d’Hergé à l’encontre de libraires qui en utilisaient le logo sur leur façade (Michel Deligne, Jean-Louis Carette..., les commissaires-priseurs de certaines ventes publiques…), la fureur des licenciés aux contrats non renouvelés, celle des propriétaires de sites internet produisant de la « parodie » de Tintin en coulée continue et celle des spécialistes interdits de publier comme ils le veulent des essais sur l’œuvre d’Hergé, Rodwell se fait des ennemis en un temps record. D’autant qu’il n’y met pas les formes : il est autoritaire, cassant, provocateur. Il se complaît dans l’image du « grand méchant ». Interrogé par un journaliste belge parlant de sa mauvaise image, il ose : « Je me sens comme un Marocain en Belgique », renvoyant à son interlocuteur la réputation de racisme ordinaire qui est celle du Belge moyen vis-à-vis des immigrés. Pas vraiment diplomate… Outre que ses actions ne sont pas comprises, la structure informelle de son organisation, l’absolutisme de sa gestion et le caractère apparemment fantasque de ses décisions prêtent le flanc aux critiques. Et celles-ci ne vont pas manquer de tomber.

Benoit Peeters. Ce spécialiste d’Hergé a du arrêter la collection "La Bilbliothèque de Moulinsart" qu’il dirigeait.
Capture d’écran - Image RTBF - Photo : D. Pasamonik

En janvier 1997, au Festival d’Angoulême, Benoit Peeters, Pierre Sterckx, Albert Algoud, les libraires Jean-Louis Carette et Michel Deligne font une conférence de presse sur le thème : « Tintin : contrôle de l’œuvre ou abus de pouvoir ? ». Un article et des interviews dans le magazine branché Les Inrockuptibles donnent un retentissement au-delà de la cité angoumoisine. La croisade anti-Rodwell commence.

Dix-sept ans de querelles

Le 4 janvier 2000, le journaliste belge Hugues Dayez publie un réquisitoire sanglant contre l’homme d’affaires anglais. À Angoulême, il participe aux Forums Leclerc à un débat avec Alain Baran, ancien secrétaire d’Hergé évincé par le couple Rodwell et un tintinophile. Animé par Jean Aucquier du Centre Belge de la Bande dessinée, le débat est une suite de récriminations contre Moulinsart. La presse prend le relais. « Moulinsart prend l’eau » titre Le Point, du 15 décembre 2000, reprenant les thèses de Dayez qui sont exactement celles de l’émission « à la caméra cachée » diffusée mercredi dernier par la RTBF, huit ans plus tard.

Depuis cette date, rien n’a changé. Chacun est resté sur ses positions : Moulinsart se montre tout aussi vétilleux dans la défense de ses droits, notamment à l’encontre de l’essayiste Bob Garcia qui a essuyé récemment une procédure judiciaire, semble-t-il encore en cours, pour ses essais sur Tintin : Jules Verne et Hergé, d’un mythe à l’autre, Tintin à Baker Street, Tintin au Pays du Polar, Hergé et le 7ème Art (Éditions McGuffin), ou encore Éric Jenot qui a été condamné (légèrement, mais là aussi la procédure d’appel est en cours) pour son site de parodie « Tintin est vivant » actuellement fermé.

"Tintin Schizo" par Pierre Sterckx
Les impressions nouvelles

D’un autre côté, le camp « anti-rodwell » persiste dans l’affrontement. Pierre Sterckx, après un étonnant Hergé collectionneur d’art (La Renaissance du Livre) vient de publier aux Impressions nouvelles, Tintin schizo, un brillant essai relisant l’univers d’Hergé avec un regard toujours aussi fertile servi par une langue amusante et inventive. Peeters quant à lui, auteur d’une biographie de référence, Hergé, fils de Tintin (Flammarion, Champs, 2006), vient de republier Les Bijoux ravis (Magic-Strip, 1984) sous le titre de Lire Tintin également aux Impressions nouvelles. Pas une vignette de Tintin dans ces ouvrages : ils sont publiés contre la volonté de Moulinsart.

Tous ces gens, évidemment, Moulinsart ne les aime pas, et on l’a vu, c’est réciproque. L’affrontement se fait sur le terrain médiatique pour les uns, judiciaire pour l’autre. Quand Rodwell dit, en caméra cachée, « Dayez me déteste  », c’est en référence à son ouvrage dont il a pu mesurer la faculté de nuisance puisque ce sont ses thèses qui sont reprises par le reportage de la RTBF sept ans après sa publication et dix ans après la conférence de presse des « insurgés de Moulinsart ». Le dernier développement est sans conteste « l’affaire Tintin au Congo », Moulinsart étant attaqué (de façon absurde, d’ailleurs, on n’a plus de nouvelles du plaignant) et une nouvelle fois désigné à la vindicte, cette fois-ci, comme suppôt du colonialisme. Quand Moulinsart obtient en référé une interdiction des séquences litigieuses de l’enquête de la RTBF, on crie à la censure. Avec raison, car cette affaire crée un précédent de censure préalable. Mais au nom de la liberté d’expression, on pourrait diaboliser à discrétion le premier bouc émissaire venu ? Ce serait une liberté chère payée...

Car ce qui n’est au départ au fond qu’un simple conflit d’intérêt (combien de familles ne se sont pas déchirées sur un héritage ?) a fini par tourner au conflit d’ego. Il y a entre les parties un refus d’accepter la position de l’autre.

Hugues Dayez. Son ouvrage polémique "Tintin et les héritiers" taillait un costard à Nick Rodwell. Il le porte encore...
Capture d’écran - Image RTBF - Photo : D. Pasamonik

Tintin à Jérusalem

À ce titre, l’épisode « Tintin à Jérusalem » est un bon exemple. Je suis contacté par Michel Kichka, le plus grand caricaturiste israélien que je connais bien car il est d’origine belge (il a publié ses premiers dessins dans Curiosity Magazine). Il a fait son Alya (retour en Israël) il y a trente ans. Enseignant à l’école de Bezalel, il a formé la plupart des noms connus de la bande dessinée israélienne actuelle. Fan d’Hergé, il veut lui rendre hommage à l’occasion de son centenaire et, sous l’impulsion de Pierre Assouline, le biographe d’Hergé et de Simenon, il a dans l’idée de faire un colloque à Jérusalem sur le thème « Tintin à Jérusalem : Hergé et la politique ». Thème opportun s’il en est puisque l’affaire « Tintin au Congo » vient de réveiller de nouvelles interrogations sur l’œuvre. Sur la liste des invités : Pierre Assouline, le caricaturiste français Plantu, Daniel Couvreur, journaliste au Soir de Bruxelles, auteur de deux ouvrages sur Hergé, l’excellent éditeur Dov Alfon et moi-même. Philippe Goddin, l’auteur de la dernière biographie en date d’Hergé, Hergé, lignes de vie aux éditions Moulinsart, sollicité, ne peut pas venir : il est à Strasbourg à ce moment-là. Assouline parlera de Tintin et la politique, Couvreur évoquera dans le détail l’affaire « Tintin au Congo » ; Dov Alfon racontera les mésaventures des traductions de Tintin en Israël ; moi-même j’expliquerai les antécédents politique et antisémite de l’œuvre ; enfin Plantu et Kichka démontreront en duo l’influence qu’Hergé a pu avoir sur leur travail. L’ambassade de France et les régions Wallonie-Bruxelles apportent caution et soutien à l’opération. Rien de bien sulfureux. On reste dans l’hommage. Daniel Couvreur en a fait un bon compte-rendu dans Le Soir.

Kichka me demande si on obtiendra l’autorisation de Nick Rodwell. Je pense que c’est possible. Il lui écrit sur mes conseils et il reçoit sa réponse dans la minute : « OK. Inch Allah !  ». Ensuite, Kichka crée une affiche. Une parodie de Tintin en train de siroter un cocktail devant la Porte de Jaffa. Je lui dis qu’elle est très bien mais je lui conseille néanmoins de soumettre le projet « au château ». Il n’en fait rien. Nick Rodwell découvre l’affiche dans la presse.

Il est furax évidemment. De fait, l’autorisation préalable n’empêche pas qu’on doive lui soumettre en détail l’usage qui est fait de son patrimoine. Peut-être aurait-il refusé le dessin de Kichka, peut-être l’aurait-il simplement amendé. On ne le saura jamais puisqu’on s’est passé de son avis. Rodwell écrit alors un mail au conseiller culturel de l’ambassade de France, le très sympathique Toby Nathan pour lui exprimer sa « légère déception ». Pierre Assouline ne manque pas de publier la teneur de son message dans le compte-rendu du colloque sur son blog, lu par près de 380.000 lecteurs tous les mois. Les propos de Rodwell dans ce mail sont évidemment scandaleux et inexcusables.

Un gros enjeu

Mais ils auraient été évités si les organisateurs avaient pris soin de respecter jusqu’au bout la position de l’ayant-droit. Cette soumission n’est pas scandaleuse. Dans cette affaire, Nick Rodwell n’a fait aucune opposition de principe, ni aucun acte de censure. Il était juste soucieux de contrôler l’usage et la communication faite autour de Tintin. C’est compréhensible : l’œuvre d’Hergé est au cœur de son business et il joue gros avec un musée à 15 millions d’euros qui doit sortir de terre en 2009 et les films de Spielberg qui devraient également arriver en salle la même année.

"Lire Tintin - Les Bijoux ravis" par Benoit Peeters
Les impressions nouvelles

Car si l’on fait le bilan des années Rodwell (cela fait maintenant 17 ans qu’il conduit les affaires de Tintin), il faut bien convenir qu’il n’a pas si mal manœuvré. Tintin n’est pas oublié, contrairement à ce que prétendent les détracteurs de Moulinsart. Il ne se passe pas une saison sans exposition, sans publication, sans évènement autour du travail d’Hergé. Fanny et Nick Rodwell auraient pu vivre de leurs rentes, déléguer à Casterman la gestion de ses droits patrimoniaux sans trop se poser de questions. A la place de cela, ils ont préféré mener une aventure industrielle qui aboutit à la création d’un musée et à la promotion du personnage d’Hergé dans les pays anglo-saxons. Le chiffre d’affaires de Moulinsart est aujourd’hui supérieur à celui qui était le sien il y a dix ans. Tintin continue a susciter des passions et des controverses. Vingt-cinq ans après la disparition de son créateur, je trouve cela admirable.

On aurait pu espérer que le centenaire d’Hergé réconcilie pour un moment ces passionnés querelleurs. Il n’en est rien. Peut-être, après tout, ce sont ces disputes qui font qu’encore aujourd’hui l’analyse des œuvres d’Hergé soit aussi passionnée et passionnante.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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22 Messages :
  • Les déshérités d’Hergé (2/2)
    13 janvier 2008 18:14, par NoctéMédia

    C’est ahurissant ! Pas le droit de publier un ouvrage SUR Hergé ou SUR Tintin sans l’aval de M. Rodwell ??
    Et les tribunaux ne condamnent pas un abus de pouvoir aussi manifeste ?
    C’est du stalinisme.

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    • Répondu par Hectorvadair le 26 août 2008 à  16:21 :

      Très intéressant article Monsieur Pasamonik.
      Clair et précis. Cela permet de se (re) faire un idée plus précise.

      Par contre, pour ma part, je vois poindre à l’horizon quelque chose qui ressemblerait à une renaissance de Tintin grâce (à cause ?) de l’adaptation programmée au cinéma par Spielberg.
      Puisque ce film (ces films) seront des films d’animation aux dernières nouvelles, et que des scénarios originaux les serviront (si j’ai bien tout suivi), alors on aura effectivement droit à de nouvelles aventures de Tintin. (cfd)

      Or, imaginons que ces films marchent (et pourquoi ne marcheraient ils pas ?)... Le succès aidant, il serait peu probable qu’une adaptation BD du même film ne voit pas le jour, n’est-il pas ? Comme cela se fait pour bien d’autres films : Indiana Jones, E.T., Arthur et les minimoys, les différentes adaptations de comics,...etc.)

      ...D’une adaptation filmée en BD à de nouveaux scénarios BD tout court, avec de nouveaux scénaristes et dessinateurs... je ne vois qu’un pas. Que l’(les)administrateur(s) de Moulinsart SA se décideront peut-être à franchir si le jeu en vaut la chandelle.
      Non ?

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  • Les déshérités d’Hergé (2/2)
    13 janvier 2008 18:45, par brusselman

    Votre analyse est vraiment très objective, bravo pour ces articles. j’avais aussi trouvé le reportage rtbf peu intéressant finalement, beaucoup de grandes déclarations sur la liberté de la presse, un battage médiatique stéril.Si Hergé avait voulu que son personnage lui survive on n’en serait pas là, Tintin serait resté une affaire de dessinateurs et de scénaristes, il serait toujours un personnage de bd.

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  • Les déshérités d’Hergé (2/2)
    13 janvier 2008 19:06, par Benoît Peeters

    L’article de Didier Pasamonik est à mes yeux assez équilibré. L’émission de la RTBF ne me satisfait pas davantage que lui. Elle me semble de mauvaise foi, à bien des égards. Il est absurde de reprocher à Tintin d’être aujourd’hui moins populaire auprès des enfants que Titeuf.

    En revanche, quand Didier Pasamonik écrit ci-dessus : "D’un autre côté, le camp « anti-rodwell » persiste dans l’affrontement", je ne peux pas être d’accord. Publier des ouvrages comme "Tintin schizo" (de Pierre Sterckx) ou mon propre "Lire Tintin" sans pouvoir y reproduire la moindre vignette d’Hergé, ce n’est nullement, pour les auteurs que nous sommes, vouloir persister dans l’affrontement. C’est simplement continuer à évoquer une oeuvre que nous aimons en acceptant les limites de fait qui nous sont imposées. De l’absence de ces images, les seules vraies victimes sont d’ailleurs les lecteurs.

    J’ai eu un vif désaccord avec Nick Rodwell à propos de la "Bibliothèque de Moulinsart", il y a dix ans. Les motifs en sont bien reconstitués dans l’article de Didier Pasamonik. Mais depuis des années, je ne me suis plus mêlé de ces questions et me suis efforcé d’éviter toute polémique. Je préfère continuer à parler d’un auteur et d’une œuvre que j’aime plutôt que de me perdre dans une querelle somme toute secondaire. J’aurais de loin préféré qu’une réconciliation survienne, mais il faut être deux pour faire la paix.

    Je l’ai par contre dit à diverses reprises : quels que puissent être nos points de désaccord, Fanny et Nick Rodwell ont à mes yeux respecté l’essentiel : la volonté d’Hergé qu’il n’y ait pas de nouvelle Aventure de Tintin après lui.

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  • Les déshérités d’Hergé (2/2)
    13 janvier 2008 19:31, par David

    Je trouve l’intervention de monsieur Peeters très brillante, et cela ne m’étonne pas d’un auteur d’une telle honnêteté intellectuelle.
    Le débat prend un autre niveau et je trouve aussi que finalement les héritiers d’Hergé ont raison sur le fond, même si sur la forme il y a beaucoup à dire. Monsieur Peeters est un spécialiste d’Hergé incontesté et son dernier ouvrage,l’analyse des Bijoux est passionante ; dommage que le livre ne bénéficie pas des illustrations d’hergé et peut-être qu’une réconciliation permettrait une réédition allant dans ce sens !Je pense que l’attitude des héritiers d’Hergé finira par s’assouplir, il faut reconnaître qu’il était urgent pour eux de "récupérer" l’oeuvre d’Hergé afin d’éviter que l’on se retrouve avec plein de livres farfelus, des histoires de Tintin nulles ( alors qu’Hergé, il est bon de le marteler, ne voulait pas la poursuite de ses aventures)...Merci pour votre objectivité monsieur Peeters.

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    • Répondu par Hugues Dayez le 13 janvier 2008 à  21:20 :

      Etant mis en cause dans cet article, je tiens à apporter quelques précisions.
      Didier Pasamonik me présente comme un "polémiste". Non ! Je suis journaliste et critique culturel, et mon livre "Tintin et les héritiers" était une enquête journalistique, pas un pamphlet. Si Fanny et Nick Rodwell n’y interviennent que très peu, ce n’est pas une volonté de ma part : je rappelle qu’à l’époque, ils ont demandé que je dépose mon manuscrit chez leur avocat comme condition préalable à toute interview... Aucun journaliste digne de ce nom n’aurait accepté un tel procédé qui ressemble furieusement à de la pré-censure.
      Je constate et regrette qu’au fil des ans, Monsieur Rodwell ait refusé tout débat avec quiconque n’est pas un tintinologue "adoubé" par Moulinsart SA.
      Je précise encore que je n’ai jamais eu le moindre intérêt mercantile à graviter dans la sphère "Hergé".
      Et je signale aussi qu’après mon livre sur Tintin, j’ai publié d’autres ouvrages ( "La nouvelle BD", "Peyo l’enchanteur", en préparation une bio de Tillieux ) qui témoigne de ma passion pour la BD, et pas d’une quelconque "haine anti-Rodwell" : j’ai autre chose à faire !
      Merci d’en prendre bonne note.

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  • Les déshérités d’Hergé (2/2)
    13 janvier 2008 22:14, par Alain De Kuyssche

    Le reportage de la RTBF me semble participer d’un mal très répandu dans la presse actuelle : le désir de scoop, la recherche du "scandale" à tout prix et la détestable prétention de certains journalistes à vouloir se prendre pour des procureurs. C’est vouloir faire justice à bon compte, sans respecter les règles d’une instruction à charge et à décharge. Certains journalistes se sentent naître les ailes d’un chevalier blanc, ce qui d’ordinaire se révèle louable, à condition d’en posséder le talent et de vouloir vraiment servir l’information du téléspectateur, sans recourir à des expédients plus que discutables, tels des sondages bidons et, à tout le moins, non-représentatifs (ce qui s’appelle une faute professionnelle : aussi discutables soient-ils, les sondages répondent à des exigences qui sauvent leur crédibilité), des "micros trottoir" manipulés. Au total, en donnant à croire qu’ils veulent rendre la justice, ces journalistes ne nous offrent qu’un déni de justice. Il y a là une formidable malhonnêteté intellectuelle, contre laquelle se sont exprimé des gens comme Françoise Giroud, Jean Daniel, Hubert Beuve-Méry, qui ont toujours veillé à ne pas s’offrir la tête de quelqu’un sans disposer d’éléments solides.

    Ici, que trouve-t-on ? Des faits sempiternellement ressassés et faussement extraordinaires (les "listes noires" existent partout, et notamment à la Rtbf, où l’on n’aime guère la contradiction - ce qui n’est pas une raison pour justifier l’existence de "listes noires", liberticides) ; l’éternel retour des évincés, des déshérités, des frustrés, des anciens adorateurs qui se métamorphosèrent en vipères dès qu’ils se sentirent privés de leur fonds de commerce ; les insinuations malveillantes d’un ancien élu bruxellois, dont les citoyens n’ont pas fini de payer les gaffes, alors qu’il n’a pas craint de renier tous ses engagements politiques précédents pour obtenir son actuelle sinécure bien rémunérée.

    Bref, tout cela est très médiocre, face au travail accompli par Rodwell et son équipe. Car, comme le rappelle Didier Pasamonik, rares sont les créations qui survivent sans la moindre parution d’une nouveauté en librairie. Rodwell n’est-il pas un as de la communication ? Il aime les formules choc et n’oublions pas que le français n’est pas sa langue maternelle. En tout cas, sans lui, il n’est pas certain que l’oeuvre de Hergé serait à la Belgique ce que Shakespeare est à l’Angleterre : un génie créatif,un personnage controversé, un être humain dans lequel chaque honnête homme peut se reconnaître.

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  • Les déshérités d’Hergé (2/2)
    14 janvier 2008 10:19, par Pierre Assouline

    A propos de "Tintin à Jérusalem", tu écris :"Dans cette affaire, Nick Rodwell n’a fait aucune opposition de principe, ni aucun acte de censure. Il était juste soucieux de contrôler l’usage et la communication faite autour de Tintin. ". Mais cher Didier P., c’est bien le problème, justement, et en cela je suis d’accord avec le commentaire qui me précède : lorsqu’on consacre un colloque d’idées à un créateur et un artiste, on n’entre pas dans "la politique de communication" du commerçant qui gère son image. On n’en a que faire, même. Vous croyez que les universitaires qui consacrent un colloque à l’oeuvre de Simenon, de Joyce ou même de Victor Hugo qui a encore des descendants, se demandent auparavant si cela va entrer dans la "politique de communication" de ses ayant-droits ?

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    • Répondu par Antonio le 14 janvier 2008 à  14:24 :

      Bravo, M. Pasamonik. Votre article est admirable de clarté, objectif et nuancé. Je suis tout à fait d’accord avec votre analyse.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 14 janvier 2008 à  14:46 :

      Cher Pierre, j’entends ce que tu dis. Tu m’accorderas que Nick Rodwell a donné son accord de principe sur ce colloque sans même demander le contenu de ta communication, ni celui d’aucun des intervenants.

      Quant à la question de l’usage des images, il est clair que l’ayant-droit est en position de force puisque le droit de citation de l’image n’existe pas dans le droit français et belge (et sans doute européen) et que Moulinsart dispose d’une longue liste de jurisprudences restrictives de ce droit.

      Certains exemples que tu cites ne sont pas probants : Victor Hugo (dans le domaine public), Simenon (droit de citation du texte autorisé, au contraire de l’image)...

      Si on va dans le domaine de l’image, on est coincé. Il m’étonnerait que l’on puisse faire un colloque sur Picasso ou sur Disney sans l’autorisation des ayant-droits. Idem pour Spielberg ou Coppola, ou même des auteurs de documentaires comme Arthus-Bertrand.

      Il est un fait que Rodwell est dans son droit et que la base du litige principal est quand même fondé d’abord sur un conflit d’intérêt.

      Maintenant que Moulinsart doive assouplir sa position et prenne en compte le travail d’auteurs de qualité comme Peeters, Sterckx ou toi-même en dehors de toute considération mercantile, je suis le premier à le souhaiter.

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      • Répondu par Phénidon le 22 janvier 2008 à  14:25 :

        Le 14 janvier 2008, par Didier Pasamonik (L’Agence BD)

        "Certains exemples que tu cites ne sont pas probants : Victor Hugo (dans le domaine public), Simenon (droit de citation du texte autorisé, au contraire de l’image)..."

        Et dans l’article du 21 janvier sur la dernière polémique avec Larcenet, par le même Didier Pasamonik http://actuabd.com/spip.php?article6205
        "Or, il faut le rappeler, la loi fait une exception au droit d’auteur, précisément dans le cadre de son usage par la critique, tel que précisé dans le Code de la propriété intellectuelle :

        « 1. Code de la Propriété intellectuelle
        A rt. L. 122-5. Lorsque l’œuvre a été divulguée, l’auteur ne peut interdire : [...]
        3° Sous réserve que soient indiqués clairement le nom de l’auteur et la source :
        a) Les analyses et courtes citations […] justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information de l’œuvre à laquelle elles sont incorporées ;
        b) Les revues de presse »

        Il n’y a pas, à notre connaissance, de jurisprudence qui condamne une chronique de bande dessinée qui utiliserait une image dans ce cas. "

        Hi hi hi

        Bon, toute raillerie mise à part, l’image est-elle oui ou non écartée du droit de citation ?

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        • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 22 janvier 2008 à  16:04 :

          Bon, toute raillerie mise à part, l’image est-elle oui ou non écartée du droit de citation ?

          Il n’y a pas de contradiction, contrairement à ce que vous croyez.

          Il semble que la jurisprudence ait fait un distingo entre l’usage pour l’actualité (par exemple : Quand Hergé est mort, Libération a été constellé de dessins d’Hergé sans que les ayant-droits n’aient à redire) et son usage dans un livre de référence ou une biographie qui porte sur un usage plus long. Même là, seuls quelques excités réclament des droits. En général, les éditeurs jouent le jeu, et c’est tellement plus agréable que de se faire fliquer.

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    • Répondu par Aponi le 14 janvier 2008 à  16:22 :

      (si j’peux m’permettre un aparté:l’intervention de Monsieur Assouline ici,sur actuabd,me fait doucement rire/pleurer/désesperer :voila quelqu’un qui s’est donné la noble tâche de "passer",d’informer auprès des gens,de donner à voir,sentir ,goûter les trésors de livres auxquels il a accès,et...et qui ne semble ouvrir une"Bande DessSSssIIInnééée " que si celle-ci porte un garçon à houpette en couverture.
      Je me permets d’écrire ça après une visite sur le blog de ce monsieur,c’est assez édifiant...
      Vive l’ouverture d’esprit...Vive la prise de ’risques’...

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    • Répondu par Chrismanoir le 22 janvier 2008 à  10:43 :

      Pardon, M. Assouline, mais il y a un peu de mauvaise foi dans votre propos, à moins que je ne l’aie mal compris. D’après ce que je lis dans l’article de DP, Rodwell ne prétendait pas contrôler le contenu de votre colloque, mais le graphisme et le contenu de l’affiche qui l’annonçait, cette affiche se présentant comme une "parodie" de Tintin. Ce faisant, il était cohérent avec lui-même et fidèle à la politique menée depuis 17 ans. Si ladite affiche avait représenté la photo d’une table ronde, ou la photo des principaux organisateurs, ou même une photo de Jérusalem, je ne crois pas que Rodwell s’en serait formalisé. Il y a donc un léger abus, à mes yeux, à passer comme vous le faites d’une réaction portant sur l’affiche à l’accusation d’une réaction sur le contenu du colloque annoncé par ladite affiche.

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  • Les déshérités d’Hergé (2/2)
    14 janvier 2008 14:59, par PPV

    Vu de l’extérieur, je ne puis m’empécher de penser que Rodwell ne fait que récolter les fruits de ce qu’il a lui-même semé ! Sa férocité dans ses recours systématiques à des avocats pour régler des broutilles du genre les enseignes de Deligne et Carette tient davantage de la goujatterie que de la mégalomanie... Encore vu de l’extérieur, couper les ponts avec tous ceux qui ont fait de lui ce qu’il est (Peeters, Sterckx, Steeman - qui a vendu sa collection sans laquelle le Musée Hergé n’aurait jamais existé ! - et j’en passe) ressort de la sphère privée, dans le business les alliés sont parfois une notion versatile. Toujours vu de l’extérieur, le upscaling du personnage qui le confine à un héros qui n’est plus de papier mais plutôt d’objets divers bien bien chers et bien bien "margés" est en contradiction avec l’esprit populaire des début.
    Enfin, vu de l’extérieur Rodwell a réussi à mener à bien la construction du Musée Hergé, la sortie de au moins un film, le maintien des ventes des albums de Tintin à un niveau plus qu’acceptable et qu’envieraient des milliers d’auteurs et tout cela sans trahir les volontés de Hergé...

    Conclusion : on peut (à mes yeux à juste titre) ne pas aimer l’homme, mais mépriser l’homme d’affaire serait de la mauvaise foi !

    Quant au reste, si Rodwell n’a pas de problème a avoir organisé sa propre solitude en réduisant son cercle d’amis à pas grand chose, cela le regarde.

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  • Les déshérités d’Hergé (2/2)
    14 janvier 2008 19:40, par Loupiac

    Excellente et passionnante analyse en vérité ! Comme me l’avait fort judicieusement confié Hergé sur un air de Tao, il y a belle lurette déjà et à propos des avis et des opinions des uns et des autres : "Il n’y a pas de noir, il n’y a pas de blanc, il n’y a que des nuances de gris".

    Mais, heu, hem, les déshérités de Hergé ? Ah bon ? Au sens littéral du mot, ce serait là, par contre, plutôt assez noir ! Mais c’est sans intérêt…

    RG jr

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  • Les déshérités d’Hergé (2/2)
    16 janvier 2008 23:20, par Etienne POLLET

    Mes félicitations les plus vive à Didier Pasamonik !
    C’est la première fois que je lis une information d’une telle qualité sur les tenants et aboutissants de la "polémique anti Rodwell".
    Principaux atouts : l’auteur est parfaitement informé ; il relate des faits ; il connaît bien la profession...
    Et par chance, ces qualités ont créé un flot de réactions tout aussi intéressantes et, le plus souvent, équilibrées.
    Merci Didier.
    J’ajouterai une réflexion : depuis des années j’entends tout et son contraire sur la manière dont l’un ou l’autre estime qu’il faut, ou ne faut pas, gérer l’héritage d’Hergé. Personne n’a d’ailleurs le même avis que son voisin. Fallait-il - ou ne fallait-il pas - laisser créer de nouveaux albums, faire des dérivés haut de gamme, laisser quiconque s’approprier Tintin, mettre Hergé au musée...
    Face à toutes ces opinions contradictoires, ne pourrait-on pas considérer que la meilleure façon de gérer l’héritage d’Hergé est, par définition, celle que choisit sa légataire universelle.
    Peut on reprocher au détenteur indiscutable d’un droit de l’exercer comme il l’entend ?
    Quand de surcroit la stratégie adoptée a mené à une notoriété exceptionnelle et jamais atteinte de Tintin et, surtout, d’Hergé... Je vous laisse conclure.
    Quand à imputer au prix élevé des produits dérivés achetés par les parents la baisse des ventes d’albums aux jeunes lecteurs, c’est aussi malin que d’imputer aux excès de droitisme d’un président, la hausse des prix du mazout de chauffage.
    Faut-il rappeler que le prix des albums n’a jamais cessé de baisser (hors inflation) et que de ce fait, l’accession à la lecture de l’oeuvre principale d’Hergé, les Aventures de Tintin, est bien moins coûteuse qu’à "la belle époque".

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  • Les déshérités d’Hergé (2/2)
    17 janvier 2008 09:36, par joël hortegat

    Je ne me rendais pas compte que Actua bd était lu par autant de gens de la profession (auteurs et éditeurs). Mais c’est un indice de la qualité des enquêtes de ce site. Et le "forum des commentaires" n’en est que plus intéresant.
    A mon petit niveau de lecteur, je vous remercie pour les informations complètes, M. Pasamonik.

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  • Les déshérités d’Hergé (2/2)
    17 janvier 2008 13:35, par Spalding714

    J’ai dans ma bibliothèque "les Bijoux ravis" de Benoit Peteers aux Editions Magic Strip copyright 83 ou 84, ça nous rajeunis pas, qui sont orphelins des images de Tintin. Comme quoi le contrôle de l’image de Tintin ne date ni de hier, ni de Rodwell. Il est clair qu’un peu de liberté pour les internautes et les associations seraient la bienvenue.

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  • Les déshérités d’Hergé (2/2)
    18 janvier 2008 15:31, par claude

    Pour vous faire réfléchir à l’absurdité qu’il y a à vouloir défendre comme vous le faites la philosophie d’homme d’affaires de Rodwell : si la RTBF se comportait comme lui, vous risqueriez de gros ennuis pour avoir ainsi capturé les images de ce reportage que vous vouez aux gémonies...

    Je lis par ailleurs dans ces réactions que l’existence des listes noires est chose courante, y compris à la RTBF... Ah bon ? Lesquelles ? Vous en avez la preuve ? Car le mérite du reportage en question était de la fournir, malgré un référé demandé par Rodwell et qui soit dit en passant n’a pas à statuer sur le fond. Seul un long procès pourrait le faire.

    Trouver normal de mettre sur liste noire des contradicteurs, c’est admettre que désormais Nicolas Sarkozy refuse de répondre aux questions de Libé ou de Marianne et tant qu’à faire les interdise de salle de presse à l’Elysée. A chacun de juger des bienfaits de restreindre la liberté de presse. Comme l’écrivait Beaumarchais : sans liberté de blâmer, il n’y a pas d’éloge flatteur. A bon entendeur...

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    • Répondu par leolelego le 21 janvier 2008 à  09:25 :

      Pour vous faire réfléchir à ce que vous écrivez, dites-vous que cet article ne défend pas Rodwell, il informe.
      Il est vrai qu’attaquez Nick Rodwell de toute part est tellement courant que ne pas le faire revient à le défendre. Mais cet article ne défend pas, il décrit. Il redonne ses lettres de noblesse à un métier qui le mérite : journaliste.
      Il s’agit d’un article objectif qui instruit à charge et à décharge. Dans lequel Nick Rodwell n’est certes pas en dehors de tout reproche mais où, au moins, il n’est pas décrit comme le gripsou qu’il n’est pas.
      Par ailleurs, deux remarques au passage :
      Premièrement, la liste noire de Moulinsart est un secret de polichinelle et est un pratique nullement illégale. Elle est même assez fréquente. Moi aussi, par exemple, si j’ai la possibilité de ne pas travailler avec des gens qui m’insultent, je le fais. Je ne vois pas ce qu’il y a de choquant à cela. C’est, au contraire, m’obligez à collaborer avec mes ennemis qui est choquant.
      Deuxièmement, il va de soit qu’en aucune façon, un directeur d’entreprise qui agit dans la plus stricte légalité n’a à rendre des comptes à un journaliste. Un représentant politique élu par le peuple doit lui rendre des comptes à ce peuple. La comparaison est donc tout-à-fait ridicule.
      Enfin, les résultats des entreprises sont publics et consultables à la chambre du commerce. Le journaliste n’avait qu’à les consulter pour se rendre compte que Moulinsart n’est pas du tout une pompe à fric puisqu’au contraire Fanny Rodwell touchait beaucoup plus de sous avant la création de Moulinsart quand tout le merchandising se faisait avec des licences.

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  • Noblesse Oblige
    6 mai 2008 15:08, par CJacobs

    Pour ceux qui acceptent qu’une oeuvre est le fruit de l’individualité d’un artiste, il est indiscutable que lui seul (ses héritiers) en gère les droits d’exploitations, comme il est indiscutable que celui qui trouve un filon puisse exploiter sa mine comme il l’entend...

    Dans le détail, comme le souligne M. Pasamonik, surtout pour la BD qui impose une lecture à la fois statique et chronologique, j’imagine qu’il soit très difficile de faire la distinction entre l’élément graphique "racoleur" et la reproduction "documentaire" a titre de citation...
    Cela tient au fait que le dessin est, même très sommaire, à même de devenir immédiatement une signature indubitable dans la mesure où il n est pas composé de "modules" standardisés comme les mots.

    Il est évident que la lecture stricte du droit d’auteur, interdisant toute "citation" de l’image dans un livre (surtout comme parodie), est excessive, et suggère que la "jurisprudence" a encore une fois volé la constitution. Une solution (radicale) consisterait évidemment pour Sterkx et Co à tronquer les vignettes ;-)(J entends déjà les cris d horreur !).

    Mais dans le cas précis de cette affiche de colloque qui doit porter sur l’accroche même les noms de "Tintin" et "Herge", il aurait en effet certainement été bienvenu d’en discuter amplement avec les ayant droits, tant le renvoi à l’individualité d’Hergé semble incontournable.

    Que Moulinsart n’aime pas son style "Spirou"... là encore je comprends, même si c’est finalement une simple question de gout. Quand on essaye de fonder une multinationale avec des "petits mickeys", on doit sûrement vouloir appuyer le côté sérieux du sujet. Or on ne peux pas dire que le style de cette affiche corresponde vraiment à cette prétention...

    PS : Une minuscule suggestion pour ce Blog que j’admire, M. Pasamonik :

    rendre les séparations de messages plus visibles, de sorte que la chronologie qui semble s’inverser à plusieurs reprise dans les commentaires devienne directement compréhensible

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