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Lutin Spirix – Par B-gnet – Editions Vraoum

  • Nommer les quatre grand héros de la bande dessinées franco-belge est facile : Lucky Luke, Tintin, Spirou et Astérix, voilà le quarté gagnant. Mixez-les et vous obtenez Lutin Spirix, LE héros à la fois journaliste, gaulois, cow-boy et groom, qui vit ses aventures plus vite que son ombre.

Lutin Spirix, ce héros ultime, est bien entendu accompagné de l’indispensable faire-valoir, le capitaine Obésio. Et il compte parmi ses fidèles amis le professeur Champagnol et son chien, le fidèle Ran Pi Ploux.

Qui dit héros, dit super-vilains, dont font partis le démoniaque Zorgamopoulos ou encore les hordes hystériques de Schtrumpführer.

Lutin Spirix – Par B-gnet – Editions Vraoum

Vous l’aurez compris, B-gnet mélange toutes les références qui ont bercé notre tendre enfance pour en faire un pastiche carrément déjanté.
L’album est truffé de références à la BD franco-belge du Journal de Tintin, Spirou et Pilote. L’auteur joue avec les codes... pour mieux les exploser.

Pas de retenue, B-gnet est franchement irrévérencieux. On se pose des questions sur la sexualité des « héros au cœur pur de notre jeunesse » ? L’auteur se fait un plaisir d’apporter une réponse, et pas la plus romantique. Un capitaine barbu qui profère des insultes à tour de bras ? Chez Lutin Spirix c’est une maladie qui existe en vrai, qui s’appelle le syndrome de Gilles de la Tourette, et le sujet atteint ne se content pas de dire « Bachi-Bouzouk » ou « moules à gaufres ». Vous voyez le genre...

Dans Lutin Spirix, les héros du Journal de Tintin et de Pilote débarquent chez Psikopat (ça tombe bien, c’est là, entre autre, que l’auteur publie).
Le principe met tellement les pieds dans le plat, et avec des sabots de bois pointures 56, que les premiers strips font un peu peur : on sent que l’album peut basculer dans le jubilatoire comme dans la purge de mauvais goût.

Rapidement, le constat est là : c’est vraiment, mais vraiment drôle ! L’auteur ose tout, des blagues salaces (la potion qui permet de tirer plus vite que son ombre…) au politiquement incorrect (l’expulsion du camp de Babaoroms) en passant par jeux de mots les plus pourris, et c’est pour ça que ça fonctionne. Il y a un vrai parti-pris, sans concession, parfaitement assumé.

C’est le genre d’humour où on lâche à l’auteur, entre deux éclats de rire, un « mais t’es vraiment trop con » à valeur de compliment et de respect. Voilà, c’est ça, Lutin Spirix, c’est « vraiment trop con ».B-gnet (B-gnet, je viens de comprendre, excellent), bref je disais B-gnet ose l’exercice jusqu’au bout et c’est cette absence de compromis qui fait la réussite de l’album.

Il est possible (voire probable) que certains lecteurs trouvent cet humour déplacé, inapproprié et irrespectueux... Ce sera le revers de la médaille de cet exercice. On peux rire de tout, mais pas avec tout le monde. Peut-être que l’auteur et sa maison d’édition se retrouveront avec un nombre record de procès sur les bras et des dettes pour six générations. Mais une bonne vanne, si on la sort pas au moment opportun, elle reste sur l’estomac et on en dort mal… alors ça valait le coup de sortir cet album !

(par Gallien Chanalet-Quercy)

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