Noragami T1 & T2 - Par Adachitoka (Trad. Anne-Sophie Thévenon) - Pika Édition

24 février 2015 0 commentaire
  • Yato est un dieu. Bon, pas un dieu tout puissant, mais quand même. Un dieu qui vient en aide à ceux qui lui en font la demande et qui vit son statut de divinité comme une sorte de commerce de service à la personne. Car le monde des esprits qui s'ouvre à nous avec {Noragami} est un peu particulier...

Le motif des esprits imprègne décidément puissamment le manga de ces dernières années. Depuis les shinigami, divinités de la mort, de Death Note ou Bleach, jusqu’aux esprits plus comiques de Bimbogami Ga ou Yakuza Love Theory, la liste est longue. Noragami s’inscrit donc dans une double tradition : celle, culturelle, de ces esprits du folklore japonais et celle, littéraire, de leur usage dans le manga.

Dieu de bas-étage, à la ramasse complète, sorte de SDF de la divinité n’ayant pas le moindre lieu de culte à lui, Yato s’en sort péniblement en rendant de menus services à ceux capables de voir les messages qu’il laisse dans des lieux franchement improbables. Deux personnages viennent rapidement accompagner notre héros dans ses missions : Hiyori, une jeune fille dont l’esprit quitte le corps un peu trop souvent à son goût, et Yukine, l’esprit adolescent qui devient son "shinki", c’est-à-dire son arme.

Noragami T1 & T2 - Par Adachitoka (Trad. Anne-Sophie Thévenon) - Pika Édition
L’histoire particulière d’Hiyori permet d’introduire le monde de Noragami
Noragami T1 © Adachitoka /Kodansha Ltd

Manga d’action plutôt pêchu et sympathique, Noragami est surtout servi par le dessin, fin et élégant, d’Adachitoka, un duo de dessinatrices que l’on avait déjà vues à l’œuvre dans Alive Last Evolution et qui se retrouve cette fois aussi en charge du scénario.

Car du côté de l’intrigue - mais l’on se situe encore dans une phase d’exposition - Noragami fait pour le moment preuve de peu d’originalité et ses personnages, s’ils se révèlent attachants, ont du mal à échapper à une construction très archétypale.

On sent bien, à travers l’univers choisi et le type de héros investis, une tentation pour cette tonalité sombre du shonen à la mode en ce moment. Cependant le manga n’y cède pas complètement pour le moment, conservant une forme de légèreté et veillant à entretenir un certain humour. Les rencontres avec les autres, célèbres elles, divinités - Tenjin ou Bishamonten par exemple - se révèlent ainsi assez savoureuses, éclipsant pour le moment le bestiaire, au demeurant joliment monstrueux, censé constituer l’adversité première de Yato.

Au Japon, la série rencontre un vrai succès, renforcé par un anime diffusé début 2014. D’ailleurs, sur cette période de fort recrutement de lecteurs, Noragami put se hisser à la 14e place des ventes de mangas de l’Archipel avec 1,8 millions de volumes vendus. Juste devant Bleach par exemple ! Si le bilan annuel fut plus modeste (27e place pour 2,2 millions d’exemplaires écoulés), il demeure impressionnant. Le marché français n’est certes pas taillé pour semblable success story, mais parce que ce manga affiche des garanties certaines sans prendre beaucoup de risques, le public devrait néanmoins lui réserver un accueil favorable.

Un dieu, un vrai.
Noragami T2 © Adachitoka /Kodansha Ltd

(par Aurélien Pigeat)

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Noragami T1 & T2. Par Adachitoka. Traduction Anne-Sophie Thévenon. Pika Édition, collection "shônen". Sortie le 4 février 2015. 200 pages. 7,20 euros.

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