Pest T2 - Les Boîtes noires - Par Corbeyran & Amaury Bouillez - Delcourt

6 avril 2013 0
  • Après un premier tome très remarqué, Corbeyran et Amaury Bouillez dévoilent les dessous d'une redoutable machination. Ce dernier volet d'un diptyque cynique et atypique est accompagné pour sa sortie d'une réédition du tome 1, « Le défosseur ».

Bienvenu à Spleen City, ville frappée par la "Pest". Depuis des années, aucun remède n’a été élaboré. Véritable épidémie ou complot des plus hautes autorités de la ville ? Le doute n’est plus possible lorsqu’un simple employé assigné à la surveillance du taux de contamination des eaux, Abélard, découvre les preuve de l’accablante vérité.

Fasciné d’uchronies auxquelles, il dédia un album (Uchronies, Glénat), Corbeyran (le Chant des Stryges) nous régale d’un monde hors du temps, coincé entre machines et costumes XIXe, dans un scénario emballant et captivant, aux dialogues drôles et percutants.

Le dessin d’Amaury Bouillez qui, dans un choix stylistique volontairement irréaliste, donne vie à cette ville steampunk fantasmée par Corbeyran, pourrait au premier regard faire penser à un album jeunesse. Mais son adjonction à un scénario qui aborde intelligemment des questions de sexe, de mort et d’isolement n’est pas sans rappeler l’esprit de certains albums de la série Percevan de Luguy & Léturgie.

C’est riche, travaillé, cela fourmille de petits détails qui donnent envie d’observer chaque petit rouage des machines délirantes qui font tourner le petit monde de "Pest".

Pest T2 - Les Boîtes noires - Par Corbeyran & Amaury Bouillez - Delcourt

Difficile néanmoins de lire Pest en oubliant la référence Horologium, dont il est pratiquement impossible de faire abstraction pour quiconque connaît la série. Et malheureusement, force est de constater que « Pest », malgré toutes ses qualités graphiques et scénaristiques, souffre de la comparaison.

Le monde de Pest est en effet très riche et, si le scénario tient impeccablement en deux tomes, on est également un peu frustrés de ne pas avoir plus de temps de s’imprégner de cet univers à part et dont les possibilités, à l’instar d’Horologium, méritait d’être exploitées sur la longueur.

(par Gallien Chanalet-Quercy)

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