Red Hood & The Outlaws - Par Scott Lobdell, Dexter Soy - Urban Comics

5 décembre 2019 0 commentaire
  • Urban Comics a réuni pour la fin de l’été le run de Scott Lobdell sur "Red Hood & The Outlaws". Premier tome d’une série qui se poursuivra en février 2020, ce volume nous présente les protagonistes de cette nouvelles équipe, et raconte comment ils en sont venus à travailler ensemble. Débuts prometteurs pour une saga qui s’annonce riche en émotions.

Red Hood & The Outlaws - Par Scott Lobdell, Dexter Soy - Urban ComicsParfois, durant ses heures les plus sombres, Gotham n’a pas besoin d’un héros symbolique comme Batman, mais d’un hors-la-loi prêt à se salir les mains. Red Hood est de ce genre-là. Accompagné d’Artémis, l’Amazone construisant sa légende, et de Bizarro, le clone instable de Superman, ils forment les Outlaws, et font ce que les vrais héros ne peuvent pas faire, ne doivent pas faire : jouer avec les limites, tolérer l’intolérable, pour éradiquer les menaces de l’intérieur. Mais la ligne entre justicier et vilain est bien fine, et une fois franchie, on ne peut revenir en arrière…

Le scénariste Scott Lobdell (Facteur X, Division Alpha…) raconte dans ce recueil un chapitre bien sombre de l’histoire de la Bat Family. Le second Robin Jason Todd, sous le masque de Red Hood, doit prouver à son ancien mentor, et à lui-même, qu’il n’a plus besoin de personne pour combattre le crime.

Tué par le Joker, puis ressuscité par la Ligue des Assassins, il a appris à ses dépends qu’on ne revient pas indemne du royaume des morts. Et si ses ennemis de chair et d’os sont redoutables, ses démons intérieurs le sont bien plus encore. Le justicier aux méthodes expéditives doit réapprendre à faire confiance pour travailler avec ses alliés de circonstance, et franchir ainsi le premier pas sur la voie de sa propre rédemption.

L’alchimie entre les trois anti-héros ne fonctionne pas immédiatement, mais Lobdell prend le temps de développer chaque personnage jusqu’à ce qu’ils deviennent plus que des partenaires : des amis. Red Hood, l’enfant prodige qui a grandi trop vite et qui a déjà bien trop souffert ; Artémis, la guerrière apatride qui doit se racheter auprès des siens et surtout d’elle-même ; Bizarro, le candide monstre surpuissant qui cherche à comprendre le sens de son existence. Tous les trois semblent n’avoir en commun que leur profonde solitude et la certitude qu’ils ne pourront jamais compter que sur eux-mêmes. Et ils devront d’abord s’affronter sans pitié avant de réaliser la convergence de leurs intérêts, puis, de réaliser qu’ils se ressemblent bien plus qu’ils ne veulent l’admettre.

Une fois ce cap passé, on assiste même a des scènes d’émotion très touchantes entre Bizarro et Red Hood, qui fait presque office de figure paternelle pour cet ersatz de Superman parvenant, par ses faiblesses, à être bien plus humain que l’original. La psychologie de Bizarro est remarquablement bien exploitée : le personnage est très attendrissant, par son innocence enfantine, et il sert de liant pour l’équipe. C’est pour le protéger et protéger le monde du risque qu’il représente qu’Artémis et Jason restent ensemble. Et c’est très intéressant de voir un personnage comme Red Hood, chevalier impitoyable au cœur de pierre, s’attendrir au contact d’un grand enfant.

Si Scott Lobdell scénarise toutes les histoires du tome, il est accompagné pour chacune d’elles d’illustrateurs différents. Le manque d’unité graphique ne pose cependant pas de problème, car les styles de dessins restent suffisamment proches les uns des autres pour assurer une certaine cohérence. Mention spéciale à Dexter Soy, dessinateur de la première aventure du récit, qui propose un trait clair et puissant, donnant un dynamisme et une énergie bienvenue aux (nombreuses) scènes de combats. On retrouve également au fil des chapitres Tyler Kirkham et Arif Prianto, Mirko Colak et Veronica Gandini, ainsi que Kenneth Rocafort et Dan Brown.

Sans être la publication la plus remarquable d’Urban Comics cette année, Red Hood & The Outlaws reste un comics très agréable à lire qui ravira les fans du personnage. Il ne déborde pas de références à des aventures antérieures et est donc accessible aux néophytes, même si on recommandera à ceux-là de lire en premier l’arc Un Deuil dans la famille (scénarisé par Jim Starlin et Marv Wolfman.
Illustré par George Pérez et Jim Aparo) il raconte la mort de Jason.

Enfin, cet opus est le premier d’une série au nombre encore indéterminé de volumes, on peut donc s’attendre à des développements intéressants. Et si cet album apparaît surtout comme une mise en place, un setup pour la suite, il remplit très bien son rôle et se termine sur un cliffhanger des plus angoissants, présageant une bonne évolution. Affaire à suivre…

(par Jaime Bonkowski de Passos)

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