Romance Killer, T1 & 2/2 - Par Doha - Casterman Hanguk

15 septembre 2008 1 commentaire
  • Malgré un titre et une couverture plutôt énigmatiques, {Romance Killer} rassemble tous les éléments d'un drame de mœurs, doublé d'une intéressante chronique sociale : crise de la quarantaine, relation équivoque entre jeune fille et homme d'âge mûr, tensions familiales et place de l'individu dans le cadre qu'il s'est construit, mais qui pourtant l'étouffe. Quelques longueurs malgré tout.

Il y a sept ans, le tueur à gages le plus en vue de la ville tomba amoureux de sa cible. Rompant avec ses propres règles, il abandonna sa carrière pour se consacrer à cette femme, devenue la sienne, et à sa belle-fille. Mais les années passent, et, tout en coachant un apprenti nettoyeur, l’ex-killer se surprend à penser à ses anciennes libertés, lorsqu’il rencontre une camarade scolaire de sa fille. Il ressent pour elle des bouffées coupables de désir, et dès lors, sa vie va prendre un tournant plutôt inattendu, aussi passionné que sordide ...

Romance Killer, T1 & 2/2 - Par Doha - Casterman Hanguk

Sept ans de mariage, crise de la quarantaine ... Ces repères bien ancrés dans le mental de notre société, comme autant de signaux d’alarme, ont-ils vraiment lieu d’être ? Ce sont pourtant ces thèmes que Doha, l’auteur remarqué de Catsby, choisit de mettre en avant dans la première partie de Romance Killer. En choisissant un ex-tueur à gages, il prouve que personne n’est à l’abri d’une petite dépression qui peut faire basculer une vie rangée, même pour un homme normalement réputé pour ses nerfs d’acier.

Malgré une mise en situation rapide, on peine à entrer dans le début de ce long roman, pour enfin pénétrer dans l’affreux dilemme sentimental de cet homme de quarante ans : doit-il profiter de son charisme pour coucher avec sa jeune Lolita, ou devrait-il accorder toute son attention à son épouse, qui tente désespérément de ressembler à Liz Taylor à coups de chirurgie esthétique ?

Si l’ennui et le manque de repères stables sont le cœur des deux tiers de ce récit, ce sont aussi les sentiments que l’on partage entre deux moments forts, certaines scènes ralentissant le rythme de l’ensemble, principalement au début du second tome. Dans une interview accordée à la fin du second tome, l’auteur avoue connaître ces points faibles, mais se justifie en précisant qu’ils sont nécessaires dans la construction du récit. Effectivement, les deux cents dernières pages sont menées tambour battant, concluant avec brio, suspens et noirceur, mais peut-être un peu trop hâtivement, un récit qui s’était pourtant embarqué volontairement dans la critique des mœurs. Il fallait bien justifier le métier peu académique du "héros".

L’ensemble est servi par un dessin efficace et coloré, réalisé entièrement à la palette graphique. Les lieux principaux étayent suffisamment le récit sans substituer à lui. On regrettera juste le final trop sombre, et un manque de finesse dans les visages féminins.

Romance Killer est un excellent mélange de suspense, de polar noir et de chronique sociale, pour autant qu’on passe au dessus d’un début un peu trop lent, ce qui semble caractériser les manhwas actuels.

(par Charles-Louis Detournay)

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