Sang royal, T1 : Noces sacrilèges - Par Alejandro Jodorowsky & Dongzi Liu - Glénat

22 juin 2010 1 commentaire
  • Amours, traitrises et vengeance au sein d'une famille royale. Du grand Jodo, théâtral, voire shakespearien, superbement mis en scène par un virtuose du dessin.

Alvar, jeune et puissant souverain, est trahi par son propre cousin et laissé pour mort. Le félon qui a pris sa place à la tête des ses armées, est aussi entré dans le lit de la reine, pour lui faire un fils.

Mais après des années d’une demi-folie, Alvar retrouve la mémoire et quitte la paysanne qui a pris soin de lui ainsi que la fille qu’il croit avoir engendrée. Blessé, bafoué, il reconquiert son trône en imposant à tous une épouse contreversée : sa propre fille.

Sang royal, T1 : Noces sacrilèges - Par Alejandro Jodorowsky & Dongzi Liu - Glénat

À plus de 80 ans, Jodorowsky est toujours aussi productif ; Le Pape terrible, la réédition des Alef-Thau et une nouvelle série Ogregod chez Delcourt, les Borgia chez Drugstore, Bouncer toujours chez les Humanos, et voilà un nouveau diptyque chez Glénat : Sang Royal !

Ce nouvel opus charrie les thèmes porteurs de Jodo : de grandes batailles, mais surtout des destins complexes vécus par des hommes en manque d’une part d’eux-mêmes, poussés par leur héritage, leur soif de vie ou de vengeance.

Les situations et dialogues dénotent l’influence théâtrale de Jodorowsky : les personnages sont torturés, assumant des actes et des paroles extrêmes pour provoquer des situations tendues voire violentes. Le résultat est sans conteste passionnant, tant on se plaît à suivre ce roi bafoué qui reconquiert son trône, et laisse la passion de l’amour conduire ses actes. Dommage que cela manque parfois un peu de sensibilité, mais ce n’est pas ce qu’on attend d’un scénario de Jodo !

Il faut également saluer la maestria de Dongzi Liu : ses tableaux de bataille sont aussi vivants que les émotions qui transparaissent de ses personnages. Même si on ressent parfois l’influence asiatique de son dessin (visage androgyne et cheveux longs, surtout présents sur la couverture), cela ne rebutera pas un lecteur de franco-belge.

Un scénario classique mais tourmenté, qui mérite réellement le détour, autant pour son dessin que la puissance de son évocation. On espère tout de même quelques surprises pour le second et dernier tome.

(par Charles-Louis Detournay)

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