Torture Blanche - Par P. Squarzoni - Les Requins Marteaux

18 avril 2005 0 commentaire
  • Ce nouveau reportage dessiné de Philippe Squarzoni s'intéresse à la question palestinienne. Il évoque ainsi son séjour dans ce pays à la fin 2002. Un livre qui ne se pose pas vraiment comme une BD, qui n'est pas complètement autobiographique, mais en revanche, totalement militant.

Voilà un album qui ne va pas beaucoup faire avancer le débat. Les prises de position de Squarzoni en faveur de la "libération" de la Palestine, la mise en valeur des forces de paix et de l’antisionisme correspondent à une mouvance majoritaire dans la gauche altermondialiste.

Le récit suit la "41ème mission" des "campagnes civiles internationales de protection du peuple palestinien" pendant ses quelques jours de présence en terre palestinienne. Tous sont membres d’ATTAC. De réunions en manifs, chacun donnera son sentiment face à la violence et aux solutions possibles.
Mais outre l’aspect peu abouti du graphisme (le dessin se contente d’illustrer et reste assez sommaire), la démonstration s’avère assez lourde.

A chaque fin de chapitre, l’auteur a jugé utile de dresser la liste des morts générés par le conflit. Il donne également la parole à des personnalités qu’il ne présente pas, ouvrant de longs monologues indigestes qui plombent le récit. Qu’on soit d’accord avec son point de vue ou non.
Pour renforcer son versant documentaire, il utilise régulièrement des photos et des images d’archives. Son dessin peut faire penser parfois à celui de Fabrice Neaud chez qui ce petit côté statique des personnages n’est pas forcément désagréable.

Plus largement, les arguments de Squarzoni, qui reprennent des chiffres et des thèses très partiales, sont souvent amenés de façon naïve : scènes de manif convenues, réunion entre militants français, rencontres dans la rue ...
Tout cela fait penser au circuit de josé Bové dans la même région. Lui aussi s’était contenté de voir ce qu’on lui mettait sous les yeux. Mais il faut reconnaître à Philippe Squarzoni une volonté d’équilibre, lorsqu’il évoque la corruption d’Arafat et sa complaisance vis-à-vis du terrorisme.

Les militants de la cause palestinienne n’ont sûrement pas attendu cet album pour se convaincre qu’ils ont raison. Les autres le lâcheront au bout de deux pages. Quant aux simples amateurs de BD, ils risquent fort de s’ennuyer un peu...

Documents

(par David TAUGIS)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?