Witchfinder T1 - Au service des anges - Par Mike Mignola et Ben Stenbeck - Delcourt

2 janvier 2014 0 commentaire
  • L'univers d'Hellboy s'enrichit d'un nouveau héros menant ses propres aventures: Edward Grey, chasseur de sorcière et enquêteur au service de la Reine Victoria pour tout ce qui touche au domaine de l'occulte.

Des cadavres vidés de leur sang, une liste de victimes plus longue qu’initialement envisagé, une sorte de malédiction qui frappe les membres d’une expédition ayant découvert les vestiges d’une ancienne civilisation perdue : voilà le fond à partir duquel se déploie l’enquête menée par Edward Grey à l’époque victorienne.

Ce personnage introduit en marge de l’univers d’Hellboy occupe là le premier rôle et à travers lui le lecteur se trouve plongé dans le passé de cette saga. La chasse au monstre - démon ? créature perdue ? fantôme ? - est ouverte et provoque des rencontres spectaculaires.

Witchfinder T1 - Au service des anges - Par Mike Mignola et Ben Stenbeck - Delcourt
© Mignola / Stenbeck / Delcourt

Comme souvent avec Mike Mignola, la galerie de portraits relève du prodige : Edward s’affaire avec un Capitaine à qui Jonathan Swift aurait volé le récit de ses aventures, se lie avec une splendide figure angélique ou se trouve aux prises avec une société secrète des plus inquiétantes. Chaque moment, chaque échange se voit immédiatement conféré une épaisseur, une densité qui montrent la maîtrise narrative de l’auteur.

Côté dessin, Ben Stenbeck s’en tire de manière exemplaire, parvenant à s’emparer du style global de Mignola, inscrivant par là bien la série dans la galaxie Hellboy. Mais surtout la finesse et la précision de son trait permettent de retranscrire à merveille le contexte victorien qui sert de cadre à l’action.

© Mignola / Stenbeck / Delcourt

Comme le dit lui-même Mike Mignola dans la postface de l’ouvrage, il fallait au personnage d’Edward Grey, depuis longtemps imaginé, attendre le dessinateur à la hauteur du projet et ce fut Ben Stenbeck. Outre ce texte, le volume comprend également deux nouvelles et un carnet de croquis autour du projet.

"Encore un spin-off d’Hellboy ?" s’indigneront certains." Quel bonheur de creuser davantage l’univers imaginé par Mike Mignola" s’exclameront les autres, dont nous faisons partie. Witchfinder constitue une de ces pépites qui signalent la vitalité d’une production comics qui propose une vision d’auteur sans pour autant renoncer au caractère populaire de la publication. Une œuvre précieuse et une lecture jubilatoire.

© Mignola / Stenbeck / Delcourt

(par Aurélien Pigeat)

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