X-Men : Dieu crée, l’Homme détruit – Par Chris Claremont & Brent Anderson – Panini Comics

23 janvier 2020 0 commentaire
  • Cet album est la réédition d'une histoire majeure du début des années 1980. Incontournable pour les fans comme pour les nouveaux lecteurs qui découvrent les aventures des mutants.
X-Men : Dieu crée, l'Homme détruit – Par Chris Claremont & Brent Anderson – Panini Comics
© Marvel.

God Loves, Man Kills (en version originale) est l’un des premiers graphic novel de l’éditeur Marvel. L’exercice consistait à cette époque pour les équipes créatives à raconter une aventure complète dans un album, avec une intrigue plus mature capable d’attirer un lectorat plus âgé qu’à l’accoutumée.

En 1982, en pleine ascension critique et publique avec la série Uncanny X-Men, le scénariste Chris Claremont propose donc une histoire de ce genre, accompagné par le dessinateur Brent Anderson. Ainsi naquit God Loves, Man Kills, un album appelé à devenir l’une des pierres angulaires de l’histoire des mutants.

Il suffit de raconter le synopsis de cette histoire pour entrevoir la marque qu’elle a laissé. William Stryker, évangéliste très populaire, appelle ses fidèles à rejeter de plus en plus violemment les signes d’une société américaine qui, selon lui, se soumet au diable et progresse vers l’Enfer.

Sa cible privilégiée ? Les mutants, véritables abominations à ses yeux, qui ne font même pas partie du genre humain... N’a t-on pas, selon lui, déjà vu des mutants carrément arborer l’allure de démons et de monstres ? Tandis que les violences raciales montent dans les rues du pays, les X-Men sont pris pour cible par de mystérieux agresseurs...

De Diablo ou William Stryker, qui est le véritable monstre ?
© Marvel.

Une histoire qui aujourd’hui nous semble bien familière, tant la question de l’intégration des mutants dans la société est presque devenu un poncif de la série. Et bien c’est Chris Claremont qui a créé les règles de ce canon.

Il n’a pas à proprement parlé inventé la thématique du racisme dans les X-Men, mais c’est lui qui lui a donné cette place prédominante, marquant de manière indélébile l’héritage des X-Men pour tous ses successeurs. On peut à ce titre relever qu’une large partie de la trilogie X-Men de Bryan Singer est inspirée par cet album.

Si cet album est aussi important, c’est parce qu’il illustre à merveille l’humanisme qu’a insufflé Chris Claremont dans les X-Men. Quand on lit dans les premières pages le lynchage de deux enfants afro-américains parce que l’un d’eux est un mutant, on est touché. Quand on lit les références bibliques précises de Stryker qui appelle au meurtre, dévoyant ainsi la foi de ses fidèles, on est touché. Quand le scénariste nous fait prendre conscience à travers ses personnages que si au quotidien, on détourne le regard face à l’injustice, on s’en rend complice, on est touché. Et quand on se rend compte que près de quarante ans après sa première parution, ce récit reste d’actualité, on est effrayé.

Dans cet album, le grand spectacle n’est clairement pas dominant. God Loves, Man Kills est avant tout une histoire qui s’intéresse aux théories et aux racines de la haine. Cela n’empêche pas Chris Claremont de démontrer son talent dans l’écriture de ses personnages : à ce jeu-là (comme beaucoup de fois à cette époque), c’est le personnage de Kitty Pryde qui bouleverse ; adolescente passionnée et révoltée qui découvre une société où la haine fait des ravages.

C’est aussi l’une de ces histoires du début des années 1980 dans laquelle Magnéto devient autre chose qu’un énième némésis pour l’équipe de héros. God Loves, Man Kills est une étape importante de l’évolution de Max Eisenhardt vers le personnage tragique et ambivalent que l’on connaît aujourd’hui (comme nous l’avait affirmé Chris Claremont il y a quelques années, Magnéto aurait dû être, dans son esprit, définitivement du côté des héros dès cette décennie !).

Doté d’un message humaniste touchant qui n’a pas été altéré par le passage du temps, et très bien mis en scène par le trait de Brent Anderson, X-Men : Dieu crée, l’Homme détruit est un album dont nous vous recommandons très chaudement la lecture.

Une édition à conseiller pour les nouveaux lecteurs, ou les amateurs de longue date qui souhaitent compléter leur connaissance des histoires emblématiques des X-Men.

(par Romuald LEFEBVRE)

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X-Men : Dieu crée, l’Homme détruit. Par Chris Claremont (scénario) et Brent Anderson (dessins). Traduction de Nicole Duclos. Panini Comics, collection Best of Marvel. Sortie le 2 janvier 2020. 96 pages. 16,00 euros.

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