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Isabelle Beaumenay-Joannet : « Les originaux permettent de suivre le travail et les repentirs de Chaland »
3 septembre 2010

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Isabelle Beaumenay-Joannet : « Les originaux permettent de suivre le travail et les repentirs de Chaland »

Ainsi que nous vous l’annoncions, la Galerie Champaka accueille une exposition exceptionnelle des planches de Freddy Lombard, rehaussée d’impressions aux encres pigmentaires mettant en avant l’atmosphère et la composition de l’oeuvre d’Yves Chaland.

À tout seigneur, tout honneur, laissons Éric Verhoest présenter cette exposition. Il y a deux ans, il nous confiait que, selon lui, on reconnaissait un grand auteur à ce qu’on pouvait agrandir ses cases sans perdre en qualité et en contenu. Il le prouve avec cette exposition dédiée à Yves Chaland :

« Notre idée, avec Isabelle, était de pouvoir présenter un jeu de superbes planches issues des albums de Freddy Lombard. Nous avons également choisi deux cases par album afin d’en réaliser des impressions grand format à l’aide de couleurs pigmentaires à raison de trois exemplaires chacune. Pour chaque ‘couple’, nous voulions une première image panoramique ou de construction plus complexe, tandis que la seconde revêt un caractère plus intimiste, proposant une réelle atmosphère.

Avec l’expérience, je me rends compte que Chaland rejoint le niveau des Franquin, Jacobs, Hergé, trois très grands auteurs, avec Pratt un cran juste en dessous, dont les cases peuvent être agrandies jusqu’à un format colossal. Et encore, on se limite à la largeur du papier, car les cases présentes pourraient être plus grandes. Dans ce cadre, on a voulu démonter ce que pouvait transmettre une case muette de Chaland en termes d’émotion et de narration. »

Isabelle Beaumenay-Joannet : « Les originaux permettent de suivre le travail et les repentirs de Chaland »
Dès l’entrée, Chaland nous saute aux yeux !

Isabelle Beaumenay-Joannet, la veuve de l’artiste, nous conduit à travers l’exposition.

Pouvoir admirer ainsi les planches originales de Freddy Lombard renseigne-t-il sur sa façon de travailler ? Pouvez-vous les commenter pour nous ?

Yves [Chaland] réalisait un premier croquis dans un petit format, avant de crayonner puis d’encrer sur la planche elle-même. Ces étapes étaient bien entendu des moments où il composait, revenant parfois en arrière pour mieux repartir. Mais comme on peut le voir sur ces originaux, il était très consciencieux et il arrivait régulièrement qu’il ne soit pas satisfait de l’attitude d’un personnage ou d’un autre détail, même après l’encrage. Il collait alors sa nouvelle version sur la planche, il découpait d’ailleurs celle-ci afin de repositionner l’insert. En observant les originaux, on peut donc suivre ces repentirs, soit grâce aux traces de scotch ou de colles vieillies, ou alors grâce aux inserts.

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Repentir pour les dialogues, bromure pour l’article de presse, composition de la case d’introduction, physionomie des personnages : les pistes de lecture ne manquent pas !

Comment se déroulait la collaboration avec Yann ?

J’ignore qui a été trouver l’autre en premier, mais leur rencontre a sans doute eu lieu lors d’un festival ou l’autre, lors de lesquels ils se sont trouvés des ‘atomes’ crochus. C’était un réel travail de conversation entre les deux, chacun d’un côté de la table, rigolant en écrivant le scénario. Puis cela se prolongeait par lettre, selon la documentation rassemblée ou une nouvelle idée survenue.

L’atmosphère et la composition technique des albums de Freddy Lombard est remarquablement transcrites pas ces grandes cases. Comment avez-vous travaillé ?

On a parfaitement respecté mon travail de colorisation en scannant les bleus pour les positionner sur le scan du trait noir à part. Un travail à l’ancienne avec une technique d’impression très moderne qui permet un superbe rendu du trait d’Yves Chaland et le respect des aplats originaux. Mise-à-part une case où l’on a ôté une onomatopée, nous n’avons choisi que des cases sans bulle, dont la moitié pour des perspectives globales, et l’autre partie pour des ambiances, réparties au mieux parmi les cinq albums de Freddy Lombard. Le travail de scan a très minutieux, car on peut observer les coups d’aérographe et les détails du trait.

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Qu’on apprécie ou pas les albums de Chaland, on ne peut que reconnaître le travail de composition réalisé pour une ’simple’ case.

L’exposition présente vingt-quatre planches, choisies parmi les cinq albums. Vous en vendez une partie, mais que vous reste-t-il de son travail original ?

Yves avait déjà vendu pas mal de planches de ces premiers albums, mais il avait conservé la majeure partie de celles-ci pour les dernières parutions. C’est donc la première fois qu’on peut observer autant de planches et en acquérir une partie. Comme Champaka nous a toujours soutenu, il semblait normal qu’on participe à cette aventure. Mais je ne peux me résoudre à me séparer d’autant de planches ! Dans les belles œuvres originales exposées, je conserve une bonne moitié, celles qui pourraient avoir une portée muséale ou dont je me sers pour les expositions. Je dois avouer que j’ai néanmoins un peu de mal à me séparer des autres, car elles comportent toutes leurs souvenirs particuliers ! Donc, il ne faut pas que je les regarde trop attentivement, sinon je vais avoir des regrets ! (rires)

Pourquoi vous décidez-vous alors à les mettre en vente ?

Cela fait vingt ans qu’on me le demande, puis cela marque également une étape dans sa notoriété. À notre époque, il y a un réel respect pour l’œuvre originale de bande dessinée, considérée actuellement comme de l’art à part entière. Cela confère donc de la respectabilité qu’une planche soit acquise par un collectionneur.

Une autre étape importante dans la reconnaissance d’Yves Chaland, ce sont les Rencontres de Néracdont la troisième édition approche à grands pas !

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Le bureau d’Adolphus Claar
© Leblon-Delienne

Plus qu’un mois ! La pression monte car il faut être à la hauteur des invités prestigieux que nous recevons. C’est Joost Swarte [1] qui est donc à l’honneur cette année. Dessinateur, mais aussi scénographe, nous allons profiter de son regard pour s’intéresser au design et à l’architecture en bande dessinée, et en particulier dans les albums de la Ligne Claire. Trois expositions mettront donc cela en avant dans le travail de Swarte, une quatrième mettra alors plus l’accent sur cet aspect au sein des auteurs invités (Schuiten, Berberian, Mattoti, Alfred, Chistian Cailleaux, Philippe Wurm, Ever Meulen, etc.) tandis qu’une cinquième exposition s’intéressera au travail d’Yves dans ce sens, via ces grandes cases qui plantent l’atmosphère de ses récits. On aura d’ailleurs un aperçu du mobilier Chaland grâce à Leblon-Delienne. On peut d’ailleurs admirer à la Galerie Champaka une première pièce, à savoir le bureau d’Adolphus Claar !

J’imagine que le principe même des Rencontres ne change pas !

Non, nous ne désirons pas être un festival, mais bien un lieu de rencontre où auteurs, lecteurs et intervenants peuvent se côtoyer et intervenir librement. Au sein même de la manifestation, il y a des tables rondes où se déroulent des conversations ouvertes au tout public. Pas de file d’attente pour des dédicaces, mais la possibilité de discuter et rencontrer les auteurs. Les dessinateurs apprécient d’ailleurs beaucoup le système, car il n’y a plus l’obligation de dédicacer, même s’ils s’y prêtent bien volontiers, mais on privilégie le principe de l’échange sur le travail, l’ambiance du moment, ou concernant les diverses expositions. Ainsi les dessinateurs vont présenter leurs coups de cœur parmi les travaux de leurs collèges.

Concernant cette interaction personnelle, Charles Berberian nous fait d’ailleurs le plaisir d’exposer des photographies qu’il réalisera à Nérac-même, pour renforcer le regard des auteurs ayant répondu à notre invitation. Les dessinateurs sont heureux d’être présents, et de pouvoir avoir de petites missions qui les sortent de leur quotidien, tout en permettant au public de les apprécier en dehors de leurs planches traditionnelles. Il y aura également tout un important pan destiné à la jeunesse : une ‘petite’ maison d’1m80 due à Mariscal qu’on pourra mettre en couleur, ainsi qu’une vision très design de l’intérieur des maisons des trois petits cochons en lien avec le travail de grands architectes. Il y aura donc pour tous les goûts !

Et vos futurs projets ?

Nous sommes déjà très heureux que cette exposition Grandes Cases et les troisièmes Rencontres de Nérac aient lieu. Nous avons bien entendu d’autres projets, comme celui de réaliser un tirage noir et blanc en grand format des aventures de Freddy Lombard, mais rien n’est encore concrétisé à l’heure actuelle. Une chose à la fois…

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Isabelle Beaumenay-Joannet et Eric Verhoest
© CL Detournay

Lire nos précédentes interviews d’Isabelle Beaumenay-Joannet et d’Eric Verhoest.

Exposition Yves Chaland Grandes Cases
Du 3 septembre au 3 octobre 2010

Galerie Champaka
27, rue Ernest Allard
B-1000 Bruxelles
Belgique
Tel : + 32 2 514 91 52
Fax : + 32 2 346 16 09
sablon@galeriechampaka.com
www.galeriechampaka.com
• Mardi à samedi : 11h00 à 18h30
• Dimanche : 10h30 à 13h30

- Le site officiel d’Yves Chaland

- Le site officiel de Champaka

- Le site du Club des Amis de Freddy Lombard

- Le site de Lebrun sur Yves Chaland

Photos : © CL Detournay


[1] Inventeur en 1977 du terme de la Ligne Claire, Joost Swarte est également le scénographe du Musée Tintin.

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

21 Messages de forum : Participez à la discussion

  • Merci pour cette belle visite commentée et ces premières informations sur Nérac 2010 !

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  • "Avec l’expérience, je me rends compte que Chaland rejoint le niveau des Franquin, Jacobs, Hergé et, dans une moindre mesure, de Pratt" Est-ce une façon de justifier les prix pratiqués , à savoir 12 500€ la planche ? Même si sur le plan graphique , je ne peux que donner raison à cette phrase, cette augmentation me parait disproportionnée en regard des dernières ventes parisiennes de cet auteur .(3000-4000 euros moins cher) . Curieusement , ceux qui me soutiennent que ce prix est justifié , ont souvent "du Chaland à vendre" ou prêt à être balancé dans l’une ou l’autre vente .. Enfin bon , vu que Marini demande 25000 € pour une couverture , faut plus s’étonner de rien ..

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    • Répondu le 4 septembre 2010 à  19:40 :

      Au contraire, je trouve que 12500, ce n’est pas encore assez. Une planche de Chaland devrait être côtée au-dessus d’une planche de Marini. Chaland est un géant. Il a marqué l’Histoire de la BD au même titre que Schulz, Hergé, Franquin. Pas Marini. Ceux qui achètent une planche de Marini à 25 000€ ne font pas le meilleur placement.. Marini, c’est juste joli. Achetez du Chaland, ça ne pourra QUE prendre de la valeur parce que c’est de l’Art, pas de la petite manière.

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    • Répondu par rdi le 4 septembre 2010 à  19:54 :

      Ce qui fait la cote ce n’est jamais le prix de vente (souvent ridiculement élevé), mais le prix d’achat, ce que des gens sont prêts à mettre pour posséder l’original. A la galerie Slomka j’ai vu un original de Tardi (Adèle Blanc-Sec) à 20 000€, il faudrait être un sacré imbécile pour payer ce prix-là (mieux vaut aller voir Tardi en personne d’ailleurs, on peut le croiser à Paris dans certaines librairies).

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      • Répondu le 5 septembre 2010 à  09:13 :

        Il faut surtout être un sacré imbécile pour penser que ça ne les vaut pas. Ce que les gens sont prêts à mettre pour posséder l’original correspondant réellement à la valeur artistique. Plus une œuvre est importante dans l’Histoire, plus elle vaut cher. Jusqu’à atteindre une valeur inestimable. Plus personne ne pouvant se l’offrir, l’œuvre appartient à l’humanité toute entière et ne peut être exposée que dans un musée. la vraie valeur d’une œuvre n’est pas spéculative mais représentative. Son prix correspond à son importance dans l’Histoire. Une planche de Marini a 25000 euros, c’est de la spéculation. Une planche de Chaland à 15000 c’est un manque de culture. Une planche de Chaland vaut au moins le double d’une planche de Marini pour l’instant et vaudra beaucoup plus dans 20 ans. Une planche de Marini, non.Elle ne prendra pas autant de valeur. Marini est un brillant artisan, Chaland, un immense artiste. Payer 25000 un objet artisanal, c’est de la folie. Payer 15 000 une œuvre d’Art, c’est donné. Ou bien vous estimez qu’une planche de Chaland vaut moins que 15 000 euros, et en ce cas, n’allez même pas dans des séances de dédicaces, n’achetez rien d’original parce qu’alors, la BD ne vaut rien, n’est qu’un art populaire et un artisanat pour amuser le prolo. Ou bien vous estimez qu’une planche de Chaland vaut bien plus et vous considérez alors que la BD est un Art. Si j’avais 30 000 euros et qu’il y avait une page de Chaland à ce prix, je n’hésiterais pas à me l’offrir. Pour le plaisir de l’œil et parce que ce serait un excellent placement.

        Dernière chose. Isabelle Beaumeany-Joanenet est aussi une immense coloriste. Son travail sur les dessins de son défunt mari est sublime. Des couleurs à la fois élégantes, sensibles et narratives. Une mise en couleurs rare et intelligente. J’ai rarement vu ça ailleurs.

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        • Répondu le 5 septembre 2010 à  10:49 :

          Les "imbéciles" qui pensent que cela ne vaut pas ça, vous remercient. Lorsqu’on suit l’évolution des prix de vente des planches de Freddy Lombard - puisque c’est bien de cela qu’il s’agit dans cette galerie - on retiendra surtout que ces planches se vendaient 1500 euros il y a dix ans et 3-4000 euros il y a cinq ans. Ensuite, une galerie parisienne les a "proposées" à 8000 euros il y a deux ans et aujourd’hui une galerie bruxelloise les "propose" à 12500 euros. Jusqu’à preuve du contraire, le prix proposé ne valide pas le montant réel de la transaction. Comme le fait remarquer quelqu’un ici plus haut, cette inflation des prix profite principalement aux vendeurs (les détenteurs de planches de Chaland) et tant mieux pour eux, cela ne me concerne pas. Quand à savoir si quelqu’un qui "investit" aujourd’hui 12500 euros dans une planche de Freddy Lombard de deuxième, voire même troisième choix, pourra la vendre encore plus cher dans les années à venir, je reste fort perplexe ! Et prétendre que parce que c’est cher c’est forcément bon ("ce que les gens sont prêts à mettre pour posséder l’original correspondant réellement à la valeur artistique"), je trouve ce raccourci vraiment peu crédible ! Les prix peuvent fluctuer en fonction de l’offre et la demande et cela relève plus de théories économiques que de l’artistique.

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          • Répondu le 5 septembre 2010 à  11:42 :

            La valeur augmente, c’est bon signe !

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          • Répondu le 5 septembre 2010 à  11:45 :

            Bien entendu que ma synthèse est crédible. Si les prix montent pour Chaland, la reconnaissance de son œuvre monte avec. Vivement que ça devienne inabordable !

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            • Répondu par Denis le 5 septembre 2010 à  16:58 :

              La valeur artistique et la valeur financière d’une oeuvre n’ont absolument rien à voir. Il est des grands auteurs de bd dont les originaux ne sont pas chers car ils ne sont pas à la mode et qu’ils ne font pas l’objet de spéculation. Souhaiter que les prix des originaux de Chaland flambent est vraiment stupide car non seulement ce n’est pas un gage de qualité mais en plus cela réserve son oeuvre aux très friqués, soit pas mal de spéculateurs qui ne sont même pas capable d’apprécier son travail comme le ferait le vrai amateur pas forcement plein aux as

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              • Répondu le 5 septembre 2010 à  21:55 :

                Vous avez raison, il faudrait casser les prix pour que les amateurs pauvres et éclairés puissent s’offrir des œuvres inestimables à la pelle. C’est n’importe quoi votre raisonnement ! Ce sont les gens fortunés qui peuvent financer l’Art, pas des pauvres ! Vous vivez au pays des Bisounours ? De la même manière, un éditeur pauvre ne peut pas aider un artiste à se développer. Il peut, tout au plus, l’aider à survivre.

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                • Répondu par danielsansespace le 6 septembre 2010 à  11:57 :

                  Je doute que le prix des planches de Freddy Lombard aide Chaland à en vivre aujourd’hui... Alors que Marini, oui, c’est lui qui les vend. Il a toujours vendu cher et il y a beaucoup plus de planches sur le marché, et ça continue quand même à se vendre. Et s’il faut comparer les prix des planches, il faut prendre en compte non pas la double couverture à 25000, mais les planches : on peut encore avoir 3 ou 4 Marini de choix pour un seul Chaland au choix plus réduit. (signé un multi-acheteur de Marini qui ne comprend pas vraiment pourquoi opposer Marini à Chaland...)

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                  • Répondu le 6 septembre 2010 à  19:39 :

                    "on peut encore avoir 3 ou 4 Marini de choix pour un seul Chaland au choix plus réduit. (signé un multi-acheteur de Marini qui ne comprend pas vraiment pourquoi opposer Marini à Chaland...)"

                    Avec des logiques pareilles, le marché de l’Art se serait effondré depuis Ucello, au moins.

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                • Répondu par Denis le 6 septembre 2010 à  19:55 :

                  Mais l’auteur de bd vit de la vente de ses albums et pas de la vente de ses originaux comme le fait le peintre ! Si l’on suit votre logique (spécieuse il me semble), la bd va devenir comme la peinture, un symbole de puissance et de pouvoir (le pouvoir de l’argent), que le commun des mortels aura tout juste le droit d’aller contempler religieusement dans ces temples de la culture morte que sont les musées. Je suis peut-être un bisounours ;-) mais je considère la bd comme un art populaire qui mérite mieux que d’être réservé à une élite friquée. Et je ne souhaite pas qu’il arrive à Chaland, ce qu’il arrivé à Hergé et Franquin dont les oeuvres sont désormais mortes

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      • Répondu par Ray Banana le 5 septembre 2010 à  10:53 :

        Il faudrait aussi être un sacré imbécile pour penser que les artistes vendent simplement leurs originaux en direct à quiconque les croise dans une librairie ! S’il y a des galeries c’est aussi parce que les dessinateurs préfèrent en général confier leurs oeuvres à vendre à des professionnels plutôt que de recevoir n’importe qui dans leurs ateliers et se voir souvent confrontés à de vils marchandages de marchand de tapis, avec des indélicats qui veulent négocier les prix, adoptant alors une attitude insultante pour les artistes, dévalorisant leur travail !

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        • Répondu par Radada le 5 septembre 2010 à  12:35 :

          Intéressant ces réactions ....en peu de temps , les insultes fusent. C’est dingue comme le sujet des originaux de bandes dessinées est brûlant....quelque soit le site ou le forum. Quelques remarques :
          - Comparer Chaland à Schulz ....faut oser quand même.Malgré toute l’admiration que j’ai pour Chaland, on est quand même loin de l’apport que Schulz a offert à la bande dessinée ..internationale. Et même si Chaland a bien participé une révolution graphique , le comparer à Schulz est un raccourci un peu trop simpliste .Comparons ce qui est comparable et laissons-le dans le top franco-belge :-)
          - 12500 euros pour une planche ...moi , je dis bonne chance à ceux qui pensent en faire une bonne affaire dans les années qui viennent . Peut-être que cela marchera , peut-être pas .... un coup de dés :-) Un auteur trop tôt disparu dont le lectorat ne se renouvelle guère , des prix devenus inaccessibles, cela fonce pour rester dans un monde d’investisseurs avec tôt ou tard .... le risque que cela comporte de ne pas retrouver sa mise.
          - Demander discrètement à un auteur si il vend en direct n’a rien de déplacé . On risque juste un refus poli . ( et personnellement ,en 15 ans, je les compte sur les doigts d’une main). C’est certain que c’est flatteur pour un auteur de voir ses originaux sous cadre dans de belles galeries , il semble cependant que beaucoup ne ferme pas la porte à 1 contact en direct. Le tout , c’est de pas être un goujat....mais cela c’est valable pour tout les sujets , y compris émettre un avis sur un forum , lol

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          • Répondu le 5 septembre 2010 à  13:25 :

            "12500 euros pour une planche ...moi , je dis bonne chance à ceux qui pensent en faire une bonne affaire dans les années qui viennent . Peut-être que cela marchera , peut-être pas .... un coup de dés :-) Un auteur trop tôt disparu dont le lectorat ne se renouvelle guère , des prix devenus inaccessibles, cela fonce pour rester dans un monde d’investisseurs avec tôt ou tard .... le risque que cela comporte de ne pas retrouver sa mise. "

            Absurde de comparer les ventes d’"albums aux ventes d’originaux. Les originaux ne s’adressent pas au même public.

            Un Schulz vaut plus qu’un Chaland. Mais un Chaland vaut plus que Marini.

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            • Répondu par Radada le 5 septembre 2010 à  16:07 :

              Je cite Absurde de comparer les ventes d’"albums aux ventes d’originaux. Les originaux ne s’adressent pas au même public.

              Un Schulz vaut plus qu’un Chaland. Mais un Chaland vaut plus que Marini Vous déformez mes propos ! Je n’ai jamais insinué qu’un Marini vaut plus qu’un Chaland ....Je dis simplement que demander 25000 euros pour une couverture de Marini est la porte ouvertes à toutes sortes d’abus .... Mais bien sur qu’il faut mettre en relation le lectorat et les amateurs d’originaux ...Dans 10-20 ans , qui connaitra encore Chaland et estimera son travail au point de sortir 15000-20000 euros la planche ? Si l’oeuvre de l’auteur n’est pas entretenue correctement (avec un maximum de visibilité) comment voulez-vous qu’une jeune génération redécouvre son oeuvre d’ici quelques années et se passionne pour celle-ci ? A moins que tout cela ne soit futilité , un spéculateur ne devant , effectivement , pas être un lecteur .

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              • Répondu le 5 septembre 2010 à  19:51 :

                Il y a 20 ans, vous m’auriez dit : " dans 20 ans, Chaland ne vaudra plus rien... et blahblah..." Dans 20 ans, il y aura encore des tas de gens pour acheter du Chaland.

                "Je dis simplement que demander 25000 euros pour une couverture de Marini est la porte ouvertes à toutes sortes d’abus .... Mais bien sur qu’il faut mettre en relation le lectorat et les amateurs d’originaux ."

                Et pourquoi la porte ouverte à tous les abus ? Au contraire. plus la valeur des originaux monte mieux sait. Ce qui serait absurde serait que les choses stagnent ou que les originaux valent de moins en moins. Vous voulez quoi, des légions de dessinateurs clochards ?

                Un livre, c’est démocratique. C’est fait pour être acheté et lu par le plus grand nombre. Mais un original, c’est le contraire, c’est unique et rare. Donc il faut que les gens se battent pour l’avoir. Donc, il faut qu’il soit cher et que sa valeur monte monte monte !!!

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                • Répondu par radada le 6 septembre 2010 à  05:51 :

                  Mhmm ...effectivement cher spéculateur , restez dans votre monde , vous semblez bien y être . Inutile d’essayer de discuter avec vous , vous n’y connaissez rien , cela se sent à 1000 lieues à la ronde. Adios

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                  • Répondu le 6 septembre 2010 à  06:39 :

                    Vous vous y connaissez sûrement mieux que tout le monde, cher collectionneur. Ce que vous voulez, ce sont des prix le plus bas possible pour spéculer plus tard.

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  • Je suis collectionneur de Chaland depuis ma découverte de son Godefroid de Bouillon à la librairie Chic Bull en 1981 ,emballé sous blister avec son épingle de cravatte made in Expo 58 ! Un must ! Le ton était donné ! De la même façon , il restait quelques exemplaires du tirage de tête luxe de son Bob Fish ; impayable pour moi à l’époque.... Aujourd’hui peu de chose me manque sinon Chaland lui-même ... et c’est donc avec un plaisir de jouvance que j’ai fait 150 bornes pour aller voir cette magnifique expo sur son Freddy Lombard . Mais trop tard pour emporter un des agrandissements qui me plaisait , trop tard également pour me réfléchir "en live" sur une possible acquisition d’une des 10 planches originales ! (et très sincèrement c’est la planche de la Comète avec la scène du phare qui aurait retenu mon premier choix !!)

    Qu’en dire de ces pièces proposées à un prix plutôt costaud ? Pour commencer je salue l’audace des 12.500 euros imposées par le galeriste. S’il n’avait rien vendu , on aurait pu en rire. Mais en trois jours il avait trouvé preneur pour la moitier des planches de Freddy proposées à la vente. C’est donc qu’il était (en partie) dans le bon. Je dis en partie car ma seule critique serait de regretter ce prix "uniforme" , sans distinction d’albums ! Et les amateurs ne s’y sont pas trompés dès lors que les F-52 et les Budapest sont encore disponibles.

    Ensuite , bien entendu que nous pouvons tous regretter de ne pouvoir s’en payer une à ce prix ! Et alors ? Il reste les salles de vente qui proposèrent jusqu’ici de belles pièces originales de Chaland à des prix plus abordables.

    L’essentiel restera d’avoir pu découvrir cet ensemble de planches de Freddy Lombard , en expo à Bruxelles. On rêve d’une plus grande manifestation sur ce grand classique avec encore plus d’originaux à nous faire re-découvrir ! Merci Champaka !

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