Adieu Kharkov - Par Bouilhac & Catel d’après le livre de M. Demongeot - Dupuis

12 novembre 2015 0 commentaire
  • L'actrice Mylène Demongeot évoque sa vie et celle de sa mère. Deux destins liés et pourtant si différents. Un souffle romanesque, un dessin splendide, malgré un côté fleur bleu un peu envahissant.

L’histoire commence en Ukraine, ou naît la mère de Mylène Demongeot, Claudia. Son destin, ses rencontres et ses déracinements successifs constituent un fil conducteur rythmé par le dialogue mère/fille, de nos jours. A travers son regard entre deux culture, l’actrice française fait raconter à Claudia les multiples péripéties de sa vie, tout en défendant ses propres choix, notamment sentimentaux.

Adieu Kharkov - Par Bouilhac & Catel d'après le livre de M. Demongeot - Dupuis
Adieu Kharkov par Bouilhac Catel Demongeot © Dupuis 2015

Curieux mélange que cet album de souvenir qui allie autobiographie et hommage filial. Claudia, cette mère d’une grande dureté, apparaît comme une manipulatrice sans scrupules, obsédée par son propre confort et son statut social, dénigrant constamment la gent masculine, mais aussi résistante à de grandes souffrances. En parallèle,la vie de Mylène Demongeot, qui a connu une brève notoriété dans les années 60 avant de s’éclipser près de 30 ans, ressemble à un roman-photo. C’est dire qu’on passe d’une trame grave et parfois sordide (le père incestueux de Claudia) à des tableaux amoureux couleur rose, avec en plus un côté people assumé (le mari de Mylène est le fils du grand romancier Georges Simenon).

Adieu Kharkov possède tout de même deux sérieux atouts : le dessin délicat et gracieux de Catel Muller et surtout celui de Claire Bouilhac, d’une finesse admirable. Chacune prend en charge un personnage, la mère pour Catel, la fille pour Bouilhac. Les différentes scènes alternent ainsi tant dans la narration que graphiquement. Autre point fort de l’album, son souffle romanesque, en particulier dans sa succession de voyages et de traversées de pays, de situations politiques ou sociales, notamment les années 30 et 40. En n’épargnant pas sa mère -souvent effrayante de sécheresse affective-, Mylène Demongeot s’interroge sur son propre parcours et livre des tranches de destin sans fard. Sa vie actuelle, entourée d’animaux et se voulant proche des points de vue de Brigitte Bardot semble indiquer une forme de militantisme loin du sort des humains les plus démunis...

(par David TAUGIS)

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