Alice in Murderland T11 - Par Kaori Yuki - Pika

4 juin 2019 0 commentaire
  • Clap de fin pour le « survival » gothique de Kaori Yuki : Stella deviendra-t-elle la nouvelle chef du clan Kuonji ? Réponse dans ce dernier tome d’une auteure toujours très efficace, même si ses ficelles n’offrent plus guère de surprise.

Faisant suite à Devil’s Lost Soul, Alice in Murderland, publié en France de 2016 à 2019, se termine avec ce onzième tome, et la confrontation tant attendue de Stella, dernière représentante d’une fratrie décimée lors de la Tea Party, avec son indigne de mère. Cette dernière semble, en effet, peu décidée à céder sa place à sa fille, en dépit des règles d’usage dans leur famille !

Dans ce manga, Kaori Yuki s’essaie au survival et y injecte son traditionnel univers gothique mêlé de thèmes qui lui sont chers comme l’Angleterre victorienne ou les contes. Nous y faisons la connaissance d’une famille toute-puissante et extrêmement riche, les Kuonji, dirigée par une mère digne de la Reine de Cœur : Olga.

Un beau jour, Olga réunit ses neuf enfants lors de leur traditionnelle Tea Party et leur annonce qu’ils vont devoir s’entre-tuer. Le survivant deviendra alors le nouveau maître de la famille, et de ses fantastiques ressources - pas très nettes et évidemment surnaturelles.

Alice in Murderland T11 - Par Kaori Yuki - Pika
© Kaori YUKI / Kodansha Ltd.

Stella va se découvrir une capacité pour le moins intéressante, celle de se transformer en Bloody Alice, une tueuse spécialisée dans les armes à feu. Ses frères et sœurs ne sont pas en reste, révélant eux aussi des pouvoirs démentiels. Ces pouvoirs vont renforcer leur détermination, déjà bien ancrée, à devenir l’héritier du clan.

Articulé autour de la découverte des personnalités des huit frères et sœurs de Stella, ainsi que de quelques autres personnages, affrontés par notre héroïne d’une façon ou d’une autre, le manga suit un canevas simple, même si la densité de l’univers peut surprendre.

En effet, comme à son habitude, et même si elle use de ressorts bien connus de ses lecteurs, la mangaka fait les choses en grand. Elle développe aussi bien le passé de la famille, via l’histoire d’Alice, que de ses ennemis avec une secte qui vient perturber la Tea Party meurtrière. De même, nous y retrouvons des personnages à la double, voire triple, identité, permettant d’amener de fracassantes révélations, ainsi que des liens insoupçonnés entre certains protagonistes.

© Kaori YUKI / Kodansha Ltd.

Un travail rigoureux et précis, à l’image d’une mangaka qui connaît parfaitement son affaire avec ses intrigues à tiroirs et ses personnages torturés et flamboyants, aux destins cruels. La forme du survival, très à la mode de nos jours, se mêle d’ailleurs bien à son univers, qui reste finalement assez classique par rapport à ses travaux habituels.

Dans tous les cas, il n’y a pas à bouder son plaisir : un beau graphisme gothique, un rythme endiablé et sans faiblesses, une histoire qui, en dépit d’une structure linéaire, parvient à surprendre, sans oublier les mystères et retournements de situations, plutôt intéressants dans l’ensemble.

Une série avec une mangaka égale à elle-même, mais dotée d’une belle énergie, qui s’essaie ici au motif de l’héroïne badass et guerrière avec réussite. Une variation plutôt fun qui devrait tout autant plaire à ses lecteurs traditionnels qu’aux nouveaux.

© Kaori YUKI / Kodansha Ltd.

(par Guillaume Boutet)

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Alice in Murderland T11. Par Kaori Yuki. Traduction Léa Le Dimna. Pika, collection "Shôjo". Sortie le 22 mai 2019. 178 pages. 7,20 euros.

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