"BD Guide 2005" - C. Moliterni, Ph. Mellot, L. Turpin, N. Michel-Szelechowska - Editions Omnibus

17 novembre 2004 1 commentaire
  • Souvent, dans ces pages, nous évoquons des moments et des personnages de l'histoire de la BD. Ces éléments n'auraient jamais pu être portés à votre connaissance sans le travail accumulé depuis quelques décennies par des chercheurs et des historiens, le plus souvent des passionnés. Les références hasardeuses des débuts ont fait place aujourd'hui à des ouvrages mieux étayés, appuyés sur une documentation précise. Le BD Guide est l'un de ceux-là.

Récemment, nous vous parlions du Larousse de la BD de Patrick Gaumer comme une référence. Ce ne doit être qu’un des jalons de votre bibliothèque. Le BD Guide en est un autre, différent, plus étoffé (4 000 entrées contre 2 200 pour le Larousse et 1 792 pages contre 976), plus ambitieux aussi, intégrant de nombreux auteurs étrangers de tous les horizons, et donc forcément moins synthétique, parfois moins bien écrit et parfois plus arbitraire que le Larousse. Mais le curieux y trouve son compte : riche en anecdotes et en points de vue, il est plus ludique aussi. Ainsi les auteurs ont ajouté une liste (encore incomplète) de films tirés de bandes dessinées et surtout un quizz de 500 questions très généralistes qui permet au lecteur de tester ses connaissances. Si vous cherchez un ouvrage à mettre dans la hotte de Noël du bédéphile, ne cherchez plus.

Une brochette de spécialistes.

Il faut ajouter que les auteurs de cet ouvrage de référence en ont, justement, des références : Claude Moliterni est un des défenseurs de la BD de la première heure, créateur du Festival d’Angoulême et initiateur de plus de 200 expos, fondateur de la revue Phénix dans les années soixante (le premier organe un peu sérieux en France qui parle de BD), ancien éditeur de Dargaud, c’est un des pères fondateurs de la bibliographie bédéphilique ; son complice Philippe Mellot est plus jeune mais il n’a pas démérité non plus : savant connaisseur de l’édition jeunesse du 19ème siècle (il prépare un ouvrage sur Jules Verne), il est notamment le « M » du BDM, le guide argus de la BD publié régulièrement depuis 1988 ; Michel Denni, propriétaire des librairies Lutèce à Paris, et le « D » du même BDM. Co-fondateur de la revue Le Collectionneur de Bandes Dessinées, la BD n’a plus aucun secret pour lui. Enfin, Laurent Turpin, journaliste (il anime avec Moliterni et Mellot notre confrère, le site BDZoom) et Nathalie Michel-Szelechowska, historienne de l’art, spécialisée en BD américaine, complètent ce quintet auquel s’ajoute cette année une pléiade de correspondants, dont le brillant Michel Viau pour le Québec.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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1 Message :
  • ...On s’étonnera seulement que ces spécialistes bien connus continuent à écrire Rémi et non Remi à propos d’Hergé !

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    • Répondu le 17 novembre 2004 à  20:26 :

      Je dirais même plus, cher Jacques : c’est inadmissible, alors que le Larousse de la BD, lui, ne fait pas cette faute. J’ai eu beau dire à Laurent Turpin, auteur de la notice, que l’édition de Bob Fish chez Magic Strip était en bruxellois, et non pas en flamand, cette faute n’a pas été corrigée dans la nouvelle édition. Ce sont les limites de cette équipe. Cela accrédite une plus grande fiabilité du Larousse de Gaumer (qui a corrigé cette fois le décès anticipé de Barks, le créateur de Donald).

      Cela dit, ne boudons pas notre plaisir : saluons la capacité du BDGuide d’avoir pu rassembler un réseau de correspondants (les relations de Moliterni aidant, comme à la belle époque de Phénix) et d’ouvrir sur un large spectre d’intérêt à vocation cosmopolite. Avec, évidemment, toute la marge d’erreur coutumière à ce genre d’exercice.

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    • Répondu par Nicolas Anspach le 17 novembre 2004 à  22:56 :

      Sans vouloir polémiquer sur le sujet. Je dirais que l’erreur est humaine, et que même si des personnes comme Patrick Gaumer et l’équipe
      de BD Guide font le maximum pour éviter des coquilles, il y en aura
      sans doute toujours l’une ou l’autre dans chacun de ces deux
      ouvrages... Carl Barks a -hélas- anticipativement été déclaré mort dans
      une version du Larousse, mais soulignons la difficulté du travail des
      deux équipes. Cela n’est vraiment pas évident de recouper et de
      vérifier des informations sur certains auteurs...

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      • Répondu par Didier Pasamonik le 18 novembre 2004 à  00:08 :

        Mon cher Nicolas,

        Pour Barks, il suffisait de le lui demander, non ? Gaumer ne m’en veut pas quand je le plaisante sur ce sujet, d’autant qu’il a corrigé ses fautes.

        En ce qui concerne le BD Guide, on peut, d’un côté louer le travail (colossal) accompli. D’un autre côté, Jacques Langlois, le défenseur d’Hergé bien connu, a raison d’exiger un minimum de rigueur concernant un sujet qui est aujourd’hui bien connu.

        Cette rigueur manque au BD Guide, je crois à cause de son appétit. Je viens de lire la notice sur la BD de Hong Kong (signée Claude Moliterni) et, malgré toute la sympathie et l’admiration que j’ai pour Claude, je ne conseille à personne de se baser sur cette chronique pour avoir une idée de la BD hong-kongaise.

        Ces défauts viennent de l’ambition de l’ouvrage. Une telle somme ne s’établit pas en un jour. Peut-être que, comme disait Nicolas Boileau dans l’Art Poétique : "Qui trop embrasse, mal étreint"

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