Cavales - par Piatzszek & Douay - Quadrants

6 septembre 2008 0
  • C'est l'histoire d'un règlement de comptes entre truands qui tourne mal. D'un polar qui aurait pu être d'un classicisme ennuyeux, les auteurs en font un récit noir et romanesque au style soigné.

Angel a été enlevée. Serge, son père, n’a que quelques heures pour rassembler la rançon. Pour ce spécialiste du braquage, la morale, c’est d’abord de respecter la famille. Mais les voyous d’aujourd’hui, eux, s’en fichent pas mal. Leur objectif, c’est le fric facile. Serge est d’autant plus énervé qu’il vient de se faire doubler et n’a pas toucher sa part du dernier casse…

La lecture des 8 premières planches suffit à identifier la qualité de l’ouvrage. D’entrée de jeu, Stéphane Piatzszek et Stéphane Douay affirment leur savoir faire : un découpage particulièrement efficace, des planches muettes percutantes, des dialogues aux petits oignons. Très vite, le lecteur sait qu’il tient là un polar singulier et passionnant.

Stéphane Piatzszek nous immerge au beau milieu d’un règlement de comptes entre truands. La partie n’est pas aisée pour Serge : récupérer sa part de butin pour délivrer sa fille, sans pour autant se faire coincer par les poulets. La partition développée par chacun des personnages de cette histoire sonne juste. Et le contexte du Morvan enneigé et de la nuit où se déroule la totalité du récit ne fait qu’accroître le suspens et l’oppression nés de ces cavales. La tension est quasi palpable. C’est un album pour les sens que nous proposent les auteurs. Le dessin semi réaliste de Stéphane Douay n’enlève rien à la véracité de l’intrigue tant la mise en scène est parfaitement orchestrée. Messieurs, bravo !

(par Laurent Boileau)

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