Death Sentence - Par Montynero et Mike Dowling - Delcourt

10 mars 2015 0 commentaire
  • Que feriez-vous si vous appreniez qu'il ne vous restait plus que six mois à vivre mais que, durant ces six mois, vous alliez développer des pouvoirs incommensurables? C'est le point de départ, stimulant, de {Death Sentence}, qui peine pourtant à enthousiasmer au-delà de cette idée initiale, malgré des élans séduisants de provocation.

Un nouveau virus mortel ravage les pays occidentaux : le G+. Maladie sexuellement transmissible, il ne laisse que six mois d’espérance de vie à celui qui la contracte. Mais, dans l’intervalle, l’individu infecté développe des pouvoirs paranormaux : manipulation mentale, télékinésie, invisibilité, etc.. Ce volume nous entraîne dans le sillage de trois victimes du virus qui cherchent quoi faire des derniers mois de leur existence.

Death Sentence part d’une excellente idée qui revisite le mythe des super-pouvoirs de manière stimulante. Conséquence d’une MST, posant une échéance fatale à court terme et agissant comme un stimulant extraordinaire, le G+ permet de construire une aventure résolument "Sex, Drugs and Rock ’n’ roll". Une ambiance et un arrière-fond assez réjouissants.

Death Sentence - Par Montynero et Mike Dowling - Delcourt
Une jeune nonne se réveille dans le lit de Monty, et cherche son cruxifix. Une scène qui donne le ton de Death Sentence
© Montynero / Mike Dowling

Avec comme héros une jeune graphiste à la dérive, une rockstar constamment défoncée et un histrion bien décidé à multiplier toutes les expériences possibles avant sa mort, Death Sentence propose des développements détonants, multipliant les provocations savoureuses. On retient en particulier l’intrusion de Monty à Westminster, bien décidé à ajouter la Reine elle-même à ses conquêtes !

Reste qu’au-delà du concept initial et de ses protagonistes bien posés, le récit de Montynero ne propose pas grand chose et que le dessin de Mike Dowling, à notre goût trop rigide, ne nous enchante pas vraiment.

L’intrigue est réduite au minimum et l’on est davantage là dans une suite, allant crescendo, de situations imaginées à partir du point de départ, que dans une véritable aventure. C’est ainsi qu’au détour de certaines péripéties, on découvre Barack Obama ou la famille royale d’Angleterre représentés de manière irrévérencieuse et parodique. C’est un peu court...

Death Sentence amuse et séduit par sa capacité à offrir une véritable bouffée de politiquement incorrect So British assez loin de certaines productions américaines aseptisées. Mais il lui manque quelque chose pour pleinement enthousiasmer, à commencer par le fait qu’on nous conte une véritable histoire.

Avant que celui-ci ne change et ne devienne nettement plus sérieux, au fur et à mesure du volume, les pouvoirs des héros grandissant.
© Montynero / Mike Dowling

(par Aurélien Pigeat)

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Death Sentence. Par Montynero (scénario) et Mike Dowling (dessin). Traduction Benjamin Rivière. Delcourt, collection Contrebande. Sortie le 4 février 2015. 176 pages. 16,50 euros.

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