Dépôt de bilan du distributeur Presstalis : un nouveau coup dur pour la presse BD

22 avril 2020 20 commentaires
  • Presstalis, c’est, notamment, le distributeur de Mickey et du Journal de Spirou et l’un des deux grands distributeurs de presse nationaux avec les MLP (Messageries lyonnaises de presse). Il vient de déposer le bilan alors que les kiosques sont à moitié vides. Statutairement, la structure appartenait à ses actionnaires, les éditeurs de magazines et de quotidiens. Cette mise sous tutelle judiciaire a pour but de préserver l’activité et les emplois de 900 salariés, tout en gelant les dettes de l’entreprise. La période de confinement n’aide pas à simplifier les choses...

Cette nouvelle donne met les actionnaires et les syndicats de Presstalis au pied du mur. Constituée par deux coopératives, une pour les mensuels (75%), une autre pour les quotidiens (25%), l’entreprise n’arrivait pas à mettre d’accord ses partenaires sur un plan de relance.

Il faut dire que la diffusion de la presse en kiosque en France ne s’est jamais aussi mal portée depuis ces dernières années en raison principalement du développement de la presse gratuite, du « switch » des lecteurs sur l’Internet dont le modèle payant et la recette publicitaire restent aléatoires, et d’une désaffection globale du lectorat pour la presse écrite. La bande dessinée -qui y est née- en sait quelque chose, elle qui est passée quasi intégralement sur le marché des albums depuis la fin des années 1970.

Dépôt de bilan du distributeur Presstalis : un nouveau coup dur pour la presse BD
Google Maps. Capture d’écran.

Créée en 1947 sous le nom des Nouvelles Messageries de la Presse (Presstalis a pris ce nom en 2009), cette véritable institution est le produit de la Loi Bichet sur la distribution de la presse écrite (1947) qui impose à ce distributeur l’obligation de diffuser de façon automatique n’importe quel titre de presse.

Une responsabilité lourde qui fait suite à un monopole de fait détenu avant-guerre par le groupe Hachette, lequel avait collaboré sans vergogne avec l’occupant nazi et le régime de Vichy.

Constitué après la guerre de coopératives très politisées et fortement syndicalisées, son exploitation a toujours été chaotique et peu rentable. Ce distributeur diffuse néanmoins près de 4000 titres, environ 80% de la presse française, et irrigue quelque 25 000 points de vente en France.

En raison de ses pertes chroniques, bien que son coût de distribution soit un des plus importants d’Europe, Presstalis vit sous perfusion des aides de l’État.

Spirou et Mickey sont dans la tourmente. Heureusement, l’essentiel de leurs recettes est assuré par les abonnements.

Ce dépôt de bilan a pour effet de geler ses dettes et de permettre la continuation de l’activité. La question est de savoir qui va payer la facture et financer la poursuite de l’exploitation et sous quelles conditions. Les éditeurs, de fait, puisqu’ils en sont les créanciers et l’État, tous sous la pression des représentants syndicaux du personnel. Pour le moment, ils se regardent en chiens de faïence...

Le confinement et la cessation presque totale de l’activité constituaient une opportunité idéale pour forcer la main des acteurs. Le dossier est aujourd’hui dans les rênes du Ministre de la culture Franck Riester sommé de sauver la filière.

« Quoi qu’il en coûte  », si l’on en croit l’injonction présidentielle ?

Le ministre Franck Riester est appelé à sauver la situation.
Photo DR - Ministère de la Culture

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(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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En médaillon : Google Maps. Capture d’écran.

 
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