Dragon Quest - Emblem of Roto T1 et T2 - Par Kamui Fujiwara et Chiaki Kawamata (trad. Fédoua Lamodière) - Ki-oon

10 juin 2014 0 commentaire
  • Vivez le grand retour de la saga mythique "Dragon Quest" avec "Emblem of Roto". Sortie il y a plus de vingt ans au Japon, cette fabuleuse aventure qui connut un vif succès dans l'Archipel arrive enfin chez nous grâce à Ki-oon.

Après la défaite du Roi Démon Baramos, et la disparition du Grand Roi Démon Zoma, Loran et Carmen, fils du héros légendaire Roto et dépositaires de son emblème, fondent chacun leur royaume, l’un au nord, l’autre au sud. Mais après un siècle de paix la menace ressurgit.

Alors que le Royaume de Carmen s’apprête à célébrer la naissance de son nouvel héritier, Arus, un démon prend la place du roi et entraîne le pays à sa perte. Lunafrea, fille du général en chef des armées, parvient cependant à sauver le prince et à s’enfuir avec lui pour l’élever en secret.

Mais dix ans plus tard, l’histoire les rattrape quand des monstres les retrouvent. D’autant qu’entretemps l’entreprise maléfique amorcée à Carmen est parvenue à ses fins à Loran : sitôt né, l’héritier du nord se trouve voué aux forces du Mal. L’heure est venue pour nos héros de débuter leur aventure.

Dragon Quest - Emblem of Roto T1 et T2 - Par Kamui Fujiwara et Chiaki Kawamata (trad. Fédoua Lamodière) - Ki-oon

Emblem of Roto s’inscrit donc dans la formidable saga vidéoludique Dragon Quest débutée dans les années 1980. Dragon Quest, c’est plus de 50 millions de jeux vidéo vendus à travers le monde, la figure de proue d’une forme de classicisme dans le RPG et un véritable phénomène de société au Japon.

Outre les jeux eux-mêmes, dont une partie de la renommée provient du fait qu’Akira Toriyama en supervise le character design, la série fut popularisée chez nous par l’adaptation manga - et anime - de cet univers, La Quête de Dai, anciennement appelée Fly [1].

Si La quête de Daï avait proposé une intrigue "autonome", décrochée des histoires développées dans les jeux vidéo, les autres adaptations se situent davantage dans le prolongement de ces derniers. Ainsi, Emblem of Roto s’inscrit dans le cadre de la première trilogie - le nom-même de Roto renvoyant à une figure majeure de cet univers - et en particulier dans la continuité de Dragon Quest III.

Débuté en 1991 dans le Monthly Shonen Gangan que Square Enix venait de lancer, Dragon Quest - Emblem of Roto reprend les codes de la saga et tente de capitaliser sur le succès de La Quête de Dai : affrontement entre le Bien et le Mal, vaste aventure, sombres mystères, débauche d’énergie, action continue, dynamisme dans la mise en scène. Sans oublier quelques situations burlesques et des protagonistes attachants et charismatiques.

L’intrigue peine cependant à s’amorcer durant ces deux premiers volumes. Trop téléphonée, elle se contente pour le moment d’aligner les passages obligés du genre sans leur donner de véritable relief. Ainsi en est-il du rude entraînement accompli par Arus et Kira.

Le trait de Kamui Fujiwara se montre quant à lui à la hauteur du prestige de la saga. Précis et en harmonie avec son sujet, il témoigne de la maîtrise du dessinateur, manifestement à l’aise dans cet univers de Fantasy. Graphiquement, Emblem of Roto retranscrit la richesse et la diversité attendues de ce type d’univers.

©Kamui Fujiwara / Ki-Oon

Si, Dragon Quest oblige, le lecteur observera d’évidentes ressemblances avec des éléments caractéristiques du dessin d’Akira Toriyama, celui de Kamui Fujiwara possède une identité propre. Il a d’ailleurs été character designer pour des RPG cultes comme Terranigma ou Grandia Xtreme.

Achevée en 1997, la série fut un immense succès au Japon : 19 millions d’exemplaires écoulés de ses 21 tomes. Si cela a définitivement installé la notoriété de Kamui Fujiwara, celui-ci signa également des œuvres moins mainstream comme une adaptation de La Genèse ou encore Unlucky Young Men, série à travers laquelle il pose un regard personnel et désabusé sur la société japonaise. Interrogé sur ses sources d’inspiration en bande dessinée, il cite d’ailleurs non seulement Katsuhiro Otomo, l’auteur d’Akira, mais aussi... Moebius !

À l’occasion de ses dix ans des éditions et du lancement de la série, Ki-oon invite Kamui Fujiwara en France, à Japan Expo 2014. Désireux de s’investir dans ce projet éditorial particulier, et près de vingt ans après la fin de la série au Japon, le mangaka offre à cette édition un nouveau matériel. Côté textes, de nouveaux commentaires et côté dessin de nouveaux avatars. En outre, Ki-oon a pu travailler à partir de l’édition Perfect japonaise, ce qui signifie des dialogues corrigés et des planches retravaillées.

Avec une frise qui se dessine de volume en volume sur la tranche des différents tomes de la série et un planning de sortie très soutenu (cinq tomes entre mai et septembre 2014), Emblem of Roto possède de solides arguments pour séduire le lectorat français, qu’il s’agisse de mordus de la première heure, fans de Dragon Quest, ou bien de complets néophytes. La Fantasy en manga est loin d’avoir dit son dernier mot !

©Kamui Fujiwara/Ki-Oon

(par Marc Vandermeer)

(par Aurélien Pigeat)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

- Dragon Quest - Emblem of Roto T1 et T2. Par Kamui Fujiwara et Chiaki Kawamata. Traduction Fédoua Lamodière. Ki-oon. Sortie le 15 mai. 192 pages. 6,60 euros.

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[1La Quête de Dai fut publiée dans le Weekly Shonen Jump entre 1989 et 1996. D’abord éditée en France par J’ai lu puis récemment rééditée chez Tonkam, la série compte 37 tomes.

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