Dupuis rachète le label de manga Vega

19 novembre 2020 10 commentaires
  • « Sire, c’est une révolution ! » pourrait-on dire au roi des Belges. Dupuis qui avait depuis trente ans toujours tourné ostentatoirement le dos aux mangas, entre dans la danse avec éclat en rachetant le label Vega dirigé par Stéphane Ferrand, jusqu’ici publié dans le catalogue du groupe Steinkis. L’éditeur quitte officiellement par la même occasion son poste à la direction artistique du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême.

Décidément, 2020 est une année de profonds bouleversements. Dupuis, éditeur de mangas, qui l’eut cru ? L’éditeur de Marcinelle avait raté le tournant des années 1990 pris successivement par Glénat, Dargaud, Casterman et les autres éditeurs importants de l’espace francophone. Le N°1 de l’édition jeunesse faisait là une erreur stratégique marquante. La création d’un label de mangas chez Dupuis entérine une réalité : la jeunesse lit majoritairement des mangas de nos jours. L’éditeur du Journal de Spirou, leader de la bande dessinée « gros nez » pour les jeunes, aujourd’hui très investi dans la production de webtoons, ne pouvait pas passer à côté.

Dupuis rachète le label de manga Vega

Stéphane Ferrand quitte Steinkis et le FIBD pour rejoindre Dupuis.
Photo : Chloé Vollmer. (cliquer pour agrandir)

Stéphane Ferrand, son directeur éditorial, arrive donc avec un catalogue et un programme fin prêts. Il quitte en conséquence le joint-venture qu’il avait avec le groupe Steinkis de Moïse Kissous. Successivement libraire, journaliste, figurant parmi les créateurs, en 2003, du magazine Virus Manga et, en 2005, de l’espace international asiatique du Festival International de la BD d’Angoulême, Stéphane Ferrand est une pointure : éditeur de mangas chez Milan, il passe chez Bayard quand le groupe toulousain est racheté par le groupe catholique parisien. En 2007, il est recruté chez Glénat où il développe la gamme des mangas vers de nouveaux publics dans les genres shonen, shojo, seinen et kids. Il y reste jusqu’en 2015.

Il monte ensuite sa propre structure, Nexusbook, dédiée à l’édition et à l’événementiel dans laquelle il continue d’animer l’espace manga du FIBD, montant d’importantes expositions. En 2019, on le retrouve au Parc Astérix sur une des attractions du Parc : L’Aventure Astérix. En 2018, comme expliqué, il crée un joint-venture avec le groupe Steinkis, Vega.

En un an, cette maison d’édition édita des auteurs majeurs comme Akira Oze (Natsuko no Sake) ou encore Toshiya Higashimoto (Le Bateau de Thésée). Nous vous avions parlé de cette maison en octobre 2018. C’est ce label qui est racheté aujourd’hui par les Éditions Dupuis. Il en reste le directeur éditorial et rejoint ainsi son ami Stéphane Beaujean, nommé récemment directeur éditorial de la maison carolorégienne, avec qui il avait travaillé naguère au Festival d’Angoulême. Quand on vous disait que le FIBD était le meilleur DRH de la BD francophone…

"Le Bateau de Thésée", l’une des belles découvertes de Vega.

Depuis l’arrivée de Julien Papelier à la direction générale de Dupuis, l’éditeur de Spirou a mis le grand braquet : développement à l’international et merchandising à 360° (développement de films, de parcs d’attraction…) sont les maîtres-mots de son développement. Bientôt, le vocable « franco-belge » ne voudra plus dire grand-chose à Marcinelle...

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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10 Messages :
  • Dans quelque années le modele franco belge ne saura qu’un vague souvenir.

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    • Répondu le 19 novembre à  11:14 :

      Surtout avec un salon bd qui ne fait que la torpiller depuis des années au lieu d’essayer de la mettre en avant.

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      • Répondu le 19 novembre à  16:31 :

        ben voyon le prix 2019 c’est quoi

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        • Répondu le 20 novembre à  08:56 :

          Vous parlez du grand prix Takahashi ou du roman graphique de l’américaine Emil Ferris prix du meilleur album comme mise en avant de la bd franco-belge en 2019 ?

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    • Répondu par Jonhy queed le 19 novembre à  11:19 :

      En quoi, l’achat d’un Label Manga met en péril le modèle de la maison mère ? Glénat, Delcourt, Casterman ont un Label manga ! Ça ne les empêchent pas de sortir de bonnes BD !

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      • Répondu le 19 novembre à  12:55 :

        Ce serait bien que les éditeurs japonais aient des labels franco-belges aussi.

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      • Répondu le 19 novembre à  16:33 :

        dans une generation on est reparle

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        • Répondu par Henri Khanan le 20 novembre à  18:17 :

          Bien, beaucoup d’éditeurs classiques franco-belge éditaient déjà des mangas, directement ou par le biais de filiales. Pas forcément par goût, mais pour une triste réalité économique : les mangas coutent peu cher à produire et rapportent parfois beaucoup.
          Dupuis rejoint ainsi Casterman, Dargaud Delsol et Glénat.
          Tant que les mangas ne polluent pas les pages de l’hebdo Spirou, je n’y vois aucun problème.

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      • Répondu par Henri Khanan le 21 novembre à  16:17 :

        Morning (Kodansha) je crois a fait bosser beaucoup de Français par le passé.

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