Fracasse - Marion Mousse - Treize étrange

13 juillet 2004 0 commentaire
  • Sous le règne de Louis XIII, un jeune baron ruiné abandonne ses terres pour s'adonner au théâtre de rue et faire fortune à Paris. Une adaptation colorée et réjouissante du roman de Théophile Gautier.

XVIIe siècle, près de Dax. Le dernier des Sigognac traîne sa jeunesse dans les Landes de Gascogne. Son château tombe en ruine, « les lierres et le salpêtre font bombance, le castel s’affaisse de jour en jour dans la scolopendre et les lambruches sauvages », piteuse existence pour le bourgeois défroqué.

Jusqu’à l’arrivée impromptue d’une troupe de saltimbanques réclamant l’hospitalité. Bon prince, le baron ouvre son gîte aux comédiens. Il ne le regrettera pas. Séduit par la liberté et l’entrain de ces joyeux lurons, il laisse les clés du domaine à Pierre, son majordome, et remonte vers Paris en leur compagnie. Sur la route, oubliant sa noblesse et n’écoutant que son courage, il s’oppose, épée au poing, à l’assaut d’un piètre brigand de grands chemins. Victorieux, il est congratulé par ceux qui, bientôt, compteront parmi les siens. Bye bye baron... en scène, Capitaine Fracasse !

Derrière son allure de livre pour enfant ; petit format, nombre de pages restreint, couleurs basiques, « Fracasse » cache une élégante pièce de théâtre à bulles. Style graphique enlevé, spontané, limite tremblant. Les imperfections renforcent le trait et décuplent l’expressivité du moindre personnage, la mise en scène comique de la moindre situation. Le récit est alerte, les dialogues d’un autre temps, raffinés et authentiques. Un régal !

Marion Mousse -artiste masculin soit dit en passant- adapte Théophile Gautier avec classe et légèreté. Pas une page sans un sourire volé, pas une case inutile. Il s’adjoint les services de Marie-O. Galopin pour une coloration en toute simplicité. Pas mal, mais le noir et blanc aurait probablement apporté un cachet supplémentaire à ce p’tit bouquin sympathique, au risque de perdre une tranche juvénile de lectorat. Le baron Fracasse s’apprête à devenir capitaine. C’est ballot qu’il faille attendre le prochain épisode du triptyque pour assister au spectacle.

(par Nicolas Fréret)

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