Sélection du 32e Festival d’Angoulême : du « mainstream » au snobisme ?

5 décembre 2004 20 commentaires
  • Le voile a été levé sur la sélection officielle du 32e Festival International de la Bande Dessinée, jeudi 2 décembre, à L'Olympia. Attention séisme !

Le 32e Festival International de la Bande Dessinée se déroulera à Angoulême du 27 au 30 janvier prochain, sous la présidence du dessinateur préféré des petits gnomes de l’an 2000, Zep. A J-56, Jean-Marc Thévenet, le directeur général du festival et son directeur artistique, Benoît Mouchart, ont annoncé de concert sur la scène de l’Olympia la sélection officielle, sept albums pour chacune des six catégories (meilleur album, meilleur scénario, meilleur dessin, meilleur premier album, meilleure série et le prix du patrimoine consacré aux rééditions ou aux traductions). Une sélection jugée, à chaud (devant un verre à l’issue de la conférence de presse) tour à tour "éclectique", "originale", "variée", "costaud" voire "élitiste"par les journalistes... « ça me fait un peu peur, il y a plein de titres que je n’ai même pas lus, d’autres que je découvre », s’est étonnée une sommité du monde de la BD.

Pas content

Autre réaction, celle d’un lauréat potentiel du Grand Prix de la ville d’Angoulême. Réaction soigneusement rédigée dans une lettre adressée à la direction du FIBD ainsi qu’à Thierry Bellefroid, membre du comité de sélection : « Ce que vous proposez cette année, c’est une sélection de fan de bédé. C’est le travail de gars qui passent vingt heures par jour à farfouiller dans les bacs des dealers de comics et qui ne savent plus faire la différence entre un bon livre et un livre qu’aime Technickart. Votre sélection n’est pas pointue, elle est snob ». La colère est de Joann Sfar - rien que ça - qui, comme vous pouvez l’imaginer, argumente largement son propos. L’auteur, devenu une référence, un incontournable, accuse notamment le Festival de mettre de côté ce qui se fait de mieux en bande dessinée actuellement, pêle-mêle, Emmanuel Guibert, Blutch, Riad Sattouf, Winshluss, Lisa Mandel, Lucie Durbiano et Ludovic Debeurme... bref, ses brillants amis. Il regrette fermement l’internationalisation à outrance en opposition de phase illogique avec la diversité et la créativité locale, et s’insurge contre la mise en avant de titres publiés des décennies plus tôt au Japon et outre-Atlantique...

Pas représentatif

« Faire découvrir des livres difficiles, c’est bien, faire les malins, c’est minable » déplore l’artiste irrité, pour ne pas dire vexé, de se sentir ainsi mis sur la touche. Lui et les lecteurs toujours plus nombreux à vivre "le nouvel âge d’or de la bande dessinée" (la considération est signée Benoît Mouchart). Il n’oublie pas de préciser l’absence, au rang des citations, de Bréal Jeunesse dont il est le directeur de collection. Avec Zep à la tête de cette édition 2005, les petits livres cartonnés à bordure colorée auraient trouvé toute leur légitimité. Monsieur Crocodile n’est pas Titeuf... dommage !

Pas pacifique

Cela étant dit, Joann Sfar ne s’en tient pas là. Il se plaint, il accuse mais il va plus loin, il menace. « Menu a raison [ndlr : Jean-Christophe Menu, L’Association], je crois qu’il est temps d’arrêter d’être gentils avec tout le monde. Il est temps de ressortir les vieilles mitrailleuses rouillées ». Que penser de cette fièvre de violence lexicale ? N’anticipons pas et restons prudents quant aux conséquences, mais convenons que la levée de bouclier est inquiétante. La secousse dérivera-t-elle en séisme ?

« Je ne sais pas où vous allez, mais je n’y vais pas avec vous ». Conclusion sans appel ! On attend avec impatience la réponse de l’exécutif du Festival d’Angoulême.

À vous de juger... mais préparez-vous d’ores et déjà à faire prochainement une sortie chez le libraire si vous voulez être à la page...

Sélection officielle du 32e Festival BD d’Angoulême :

Prix du meilleur album :

Sélection du 32e Festival d'Angoulême : du « mainstream » au snobisme ? « Panorama de l’enfer », Hideshi Hino, Imho
- « Louis Riel », Chester Brown, Casterman
- « Une tragédie américaine », Kim Deitch, Denoël graphic
- « Lupus T2 », Frederik Peeters, Atrabile
- « L’homme sans talent », Yoshiharu Tsuge, Ego Comme X
- « Mariée par correspondance », Kalesniko, Paquet
- « Poulet aux prunes », Marjane Satrapi, L’Association

Prix du dessin

- « Le sommet des Dieux T2 », Jirô Taniguchi, Kana
- « Donjon Monsters T9 : Les Profondeurs », Trondheim, Sfar, Killofer, Delcourt
- « D-day, le jour du désastre. Les mangeurs de vie », David Brin (scénario) et Scott Hampton (dessin). Les Humanoïdes Associés
- « L’enragé T1 », Baru, Dupuis
- « Wolverine : Snikt ! », Tsutomu Nihei, Marvel France
- « La Malle Sanderson », Jean-Claude Götting, Delcourt
- « Smart Monkey », Winschluss, Cornélius

Prix du scénario

- « Y, Le dernier homme T2 », Brian K. Vaughan & Pia Guerra, Semic
- « Comme des lapins », Ralf König, Glénat
- « Le Marquis d’Anaon T3 : La Providence », Fabien Vehlmann & Mathieu Bonhomme, Dargaud
- « Summer of love », Debbie Drechsler, L’Association
- « Le tour de valse », Lapière (scénario) & Pellejero (dessin), Dupuis
- « Clichés Beyrouth 1990 », Bruno & Sylvain Ricard (scénario), Christophe Gaultier (dessin), Les Humanoïdes Associés
- « Le sang des valentines », De Metter & Catel, Casterman

Prix du premier album

- « Blankets - Manteau de neige », Craig Thompson, Casterman
- « L’immeuble d’en face », Vanyda, La Boîte à Bulles
- « Extrême-Orient T1 », Frank Bourgeron, Vents d’Ouest
- « Love my life », Ebine Yamaji, Asuka
- « Same difference », Derek Kirk Kim, 6 Pieds Sous Terre
- « Trois éclats blancs », Bruno Le Floc’h, Delcourt
- « De mal en pis », Alex Robinson, Rackham

Prix de la série

- « Coq de combat », Akio Tanaka, , Delcourt/Akata
- « Un privé à la cambrousse : Chambre froide », Bruno Heitz, , Seuil
- « Daredevil T5 : Le Scoop », Brian Michael Bendis & Alex Maleev, Panini Comics
- « Le cri du peuple T4 : Le testament des ruines », Jacques Tardi & Jean Vautrin, Casterman
- « Buddy Longway T19 : Révolte », Derib, Lombard
- « Universal War One T5 : Babel », Denis Bajram, Soleil
- « Les formidables aventures de Lapinot, T8 : La vie comme elle vient », Lewis Trondheim, Dargaud

Prix du patrimoine

- « Les mythes de Cthulhu », Breccia & Lovecraft, Rackham
- « Gen d’Hiroshima », Keiji Nakazawa, Vertige Graphic
- « Ragnar », Eduardo Teixeira Coelho, Glénat
- « Mystérieuse matin midi et soir », Jean-Claude Forest, L’association
- « Félix, L’intégrale », Maurice Tillieux, , Niffle
- « Concombre masqué », Mandryka, Dargaud
- « Spider-Man : L’intégrale 1969 », Stan Lee, John Romita Sr & John Buscema, Panini Comics

(par Nicolas Fréret)

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  • Votre "article" (ce texte ne mérite clairement pas ce nom) est très partial : L’auteur [...] accuse notamment le Festival de mettre de côté ce qui se fait de mieux en bande dessinée actuellement, pêle-mêle, Emmanuel Guibert, Blutch, Riad Sattouf, Winshluss, Lisa Mandel, Lucie Durbiano et Ludovic Debeurme... bref, ses brillants amis[...]

    l’artiste irrité, pour ne pas dire vexé, de se sentir ainsi mis sur la touche

    Feanchement, ce genre de prise de position avec sous-entendus malsains et attribution à la personne concernée d’intentions dont on ne sait rien est totalement contraire à de l’information, et me paraît assez minable (indépendamment du fait que son auteur ait ou non raison).

    Par ailleurs vous dites que Sfar argumente très largement sa prise de position, sans donner l’intégralité du texte ou un lien vers celui-ci. Il me semble pourtant que ç’aurait été la moindre des choses pour permettre à l’internaute de se faire une idée.

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    • Répondu par N.F le 6 décembre 2004 à  15:28 :

      Lorsque j’ai reçu la lettre adressée au FIBD, signée Joann Sfar, je l’ai trouvée virulente mais sincère et représentative. Elle avait été envoyée, en copie, à d’autres auteurs, des éditeurs et de journalistes. Il ne s’agissait pas d’une correspondance privée entre un simple artiste et l’organisation du Festival mais d’une communication "off". Sfar a voulu, implicitement, que son coup de colère soit relayé. J’ai donc fait mon boulot, point barre !

      Etre partial signifie prendre position, faire usage du "Je". Juger mon article "très partial" c’est faire une erreur d’interprétation. J’ai repris, sans m’impliquer, la subtantifique moëlle du texte intégral -qu’il était hors de question de publier sans l’aval de son rédacteur- afin de la mettre en perspective, de lancer le débat. Je vous invite à relire la fin du papier où je sollicite "la prudence", au cas où...

      S’en est suivie une déferlante de réactions (cf. forum BD Paradisio), souvent à l’encontre de Joann Sfar qui ne faisait qu’exprimer un opinion partagée par d’autres auteurs. Dommage !

      Nicolas Fréret

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    • Répondu par LO le 6 décembre 2004 à  15:28 :

      Non cet article n’est pas partial !
      Signaler que les auteurs cités par Joann Sfar appartiennet à la même mouvance est util à la compréhension du message. Quant à l’oportunité d’en parler sur un site spécialisé alors que celle-ci a déjà fait un bon tour de la profession, cela me semble évident.

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      • Répondu par Benoît Mouchart le 6 décembre 2004 à  20:27 :

        Droit de réponse officiel à Joann Sfar

        Le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, loin d’être autarcique ou replié sur la France, est chaque année, pour toute la planète, le rendez-vous du 9e art : le programme des expositions et la Sélection officielle présentent le reflet multiforme du meilleur de la production mondiale, sans esprit de chapelle.
        Depuis 32 ans, les plus grands noms de la bande dessinée ont figuré dans les Palmarès officiels du Festival. On se souvient de Pratt, Muñoz et Sampayo, Spiegelman, Blain, Ware ou Alan Moore. Il y a eu aussi Emmanuel Guibert, primé dès 1998 pour La Fille du professeur, mais aussi, Blutch, récompensé en 2000 pour Blotch, le roi de Paris, et encore David B., lauréat en 2000 et sélectionné en 2004 pour L’Ascension du Haut-mal.
        Angoulême n’est pas seulement un endroit où l’on « s’amuse » et « râle » entre soi. C’est une manifestation culturelle destinée au grand public où se pressent 200 000 visiteurs. Le Festival est pour les auteurs et les éditeurs français une caisse de résonnance médiatique incomparable à travers le monde : l’expression francophone est invitée à y rejoindre les éditeurs et les auteurs de tous les horizons.
        C’est pourquoi nous accueillons avec effarement la réaction ponctuée d’erreurs de Joann Sfar, dont nous n’avons pas à rappeler ici combien nous estimons l’œuvre. Prétendre que nous réduisons à un Prix « Jeunesse » les œuvres pour enfants ne manque pas d’incongruité l’année où nous célébrons le talent de Zep, créateur de Titeuf. Affirmer que nous ne prêtons aucune attention aux éditions Milan tombe mal quelques semaines seulement après que nous ayons évoqué avec les responsables de Capsule cosmique une exposition pour 2006 .
        Ce qui guide nos choix dans la Sélection officielle du Festival, c’est la promotion des livres qui, parmi les 400 albums que nous recevons, représentent la variété d’inspiration de la bande dessinée publiée en France. Nous jugeons la qualité des œuvres, sans nous préoccuper de leur origine nationale. L’édition de bande dessinée en France témoigne désormais d’une grande ouverture aux auteurs étrangers. Nous nous devions de le souligner. Tsuge et Hino ne sont pas des fantômes ! Leurs histoires continueront longtemps de hanter les esprits. C’est ce qui nous importe le plus, au-delà des polémiques stériles et des jugements à l’emporte-pièce.

        Benoît Mouchart (directeur artistique) et Jean-Marc Thévenet (directeur général du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême)

        PS : Sfar évoque les « gens d’Angoulême », un peu comme les aristos parlaient de leur personnel, du temps de l’Ancien régime. Angoulême n’est pas organisé par des « gens », mais par une équipe qui place toute son énergie dans la défense et l’illustration de la bande dessinée. Joann prétend nous connaître : il devrait aussi savoir que nous ne sommes pas du genre à faire l’artiste ou le malin. Quant au petit vélo qu’il prête à nos périgrinations, il témoigne bien du mépris où il tient notre mission.

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        • Répondu le 6 décembre 2004 à  21:48 :

          une selection reste une selection.

          Il y aura toujours des pour et des contres.

          Pour ma part, je crois que cette selection passe à coté du chef d’oeuvre ...."le photographe"....

          l’avenir nous le dira.

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          • Répondu par moz le 8 décembre 2004 à  17:09 :

            Joann Sfar est un auteur intègre, et passioné, ses réactions sont légitimes et pulsionelles,on rigole bien en le lisant, et puis la polémique ça donne de la vie à un festival !
            Si ses amis représentent le meilleur de la production française, ce n’est pas un hasard, un vivier de talents a prospéré dans les mêmes quelques metres carrés , et le presse dans son ensemble s’en est fait largement l’écho (Télérama,Libé,Radio France ...)
            Le jury d’Angoulème fait son boulot avec beaucoup de conscience, et c’est pas mal de se dire qu’on a encore plein de choses à découvrir, et puis Zep c’est pas snob, et c’est trés bien, et ça ramenera du monde au festival.
            Si il y en a un qui pourrait faire la tronche, c’est Michel-Edouard, qui va devoir créer un rayon hyper pointu chez Leclerc
            Heureusement avec le prix du prochain festival à Jean Graton (chut c’est encore secret ), tout le monde sera réconcilié.

            Voir en ligne : On se calme, et on boit frais à Angoulême.

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            • Répondu par A’DN le 10 décembre 2004 à  01:07 :

              En même temps je le comprend. Selectionner en meilleur album de l’année un ouvrage sorti au japon y’a 10 ou 15 ans c’est comme si on selectionnait une réedition couleur d’un Corto ou N&B d’un Blake & Mortimer : personne ne remet en question la qualité des ouvrages, juste l’intelligence de la selection...
              Je pense que tout le monde trouverai bizarre que My Fair Lady soit selectionné pour les Oscar 2005.
              Et je suis d’accord quand il dit que ça à même un coté vexant pour les gens qui triment pour faire de la BD de nos jour, y’a un coté c’etait mieux avant, ou de nos jour on sait plus faire de la qualité, ou je ne sais pas quoi.
              Maintenant, c’est n’est pas une critique de l’integralité de la selection, juste le manque de pertinence de certains choix.
              Quant à y voir de la part de Sfar de la colère pcq ces potes y sont pas, c’est possible, j’ai du mal à y croire, c’est juste qu’il cite les noms qu’il connait, c’est tout, et donc ceux de ces amis.
              Personnelement je prend autant de plaisir à lire du Blain que du Larcenet, du Marini ou que sais je encore, donc ce n’est pas une question d’elitisme, en tout cas pour moi( la preuve, je dois avoir que 2 bouquins de l’asso, alors bon...). Mais c’est vrais qu’une bonne part de la selection cette fois ci ne reflete pas le paysage de la BD de cette année ( oeuvre intemporelle ou pas, c’est pas le pb), et c’est là l’essentiel de ce que j’ai perçu dans son message.

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            • Répondu par Eric le 10 décembre 2004 à  10:34 :

              "Menu a raison : je crois qu’il est temps d’arrêter d’être gentils avec tout le monde. Il est temps de ressortir les vieilles mitrailleuses rouillées ».
              Je ne crois pas que ces propos, écris à destination de connaissances (même vagues) restituent exactement la pensée de Sfar. On est plus ici dans un abus de langage, auquel nous cédons tous plus ou moins facilement lors d’échanges privés qu’un raccourci de pensée. La seule évocation de M. Menu ne suffit pas à amalgamer l’erreur stratégique de l’Association avec le coup de gueule de Sfar dans une croisade contre une prétendue pensée unique de la presse BD. Pour la réaction de Sfar, avouons qu’elle a au moins le mérite d’ouvrir un débat public qui fait défaut dans ce microcosme au moment où la presse généraliste s’ouvre légèrement à la BD. Autant qu’il soit productif et qu’on évite les procès d’intention. D’ailleurs, adresser un message à un ensemble de professionnels me paraît plus productif que le "boycott" de la presse. Soit on devient le média au risque de ne pas garantir l’indépendance à ses lecteurs, soit on tente d’accéder aux supports existants. Et si supériorité qualitative de la production de l’Association il y a : 1/ cela se démontre et 2/ autant que la presse spécialisée en parle pour accroître sa diffusion.
              Bref, je ne me prononce pas au fond (La sélection ne me paraît pas abominable) mais sur la forme. Encore que je crois que le respect de règles de conduite formelles dans les débats soit déterminante et donc de fonds pour faire avancer les choses. Dommage qu’une lettre privée soit à l’origine de la polémique, cela brouille considérablement le contenu des débats. En clair, la virulence des propos de Sfar ne traduit qu’une posture qui n’exclut pas le dialogue. Elle le crée là où il n’y avait pas d’espace pour prendre place. Virulent mais pas insultant. Les auteurs sont soumis à la critique. Pourquoi ne pas inverser les règles du jeu ? Pas de faux procès donc. Quant au copinage : il y a une dimension politique dans la culture et que des auteurs se regroupent pour se faire valoir, encore une fois pourquoi pas ? Appartenir à un collectif n’exempte pas de prendre du recul ni de porter un regard critique. Stratégies d’acteurs contre strétégies d’acteurs : la confrontation, c’est le mouvement, non ?
              La polémique amorcée par Sfar mériterait de sortir de l’actualité et de faire l’objet d’un article ou d’un dossier de fond dans la presse spécialisée.

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              • Répondu le 11 décembre 2004 à  14:21 :

                J’aime bien quand la discussion prend un tour raisonnable. Je n’ai rien à dire sur l’opinion de Sfar qui est totalement respectable.

                Nous avons, de notre côté, fait notre travail de journaliste (et aussi bien Nicolas Fréret que moi-même, nous le sommes). Il n’y a aucune malhonnêteté dans sa démarche. Le fait de publier la réaction de Joann au palmarès d’Angoulême (nous n’avons pas reproduit son texte initialement, juste des citations choisies en toute équité, il a depuis été publié çà et là intégralement) correspond au besoin d’informer que nous exerçons dans ce site.

                Dans le cadre de l’avis de Joann, il n’y a pas mort d’homme. Depuis le début d’Angoulême, il y a eu une discussion sur le palmarès. Si Angoulême a joué souvent son rôle de révélateur, il y a aussi des oublis flagrants. Donc, il n’y a pas de polémique sur ce point, si ce n’est une virulence dans les propos de Joann à laquelle le Festival a réagi ici sous la signature de MM. Thévenet et Mouchart.

                Toutes les parties se sont exprimées et c’est bien. Nous aimerions bien que vous fassiez la même chose que Joann : signaler ce qui, selon vous, aurait été oublié. Dans une production de plus de 2600 albums en 2004 (avec, semble-t-il une augmentation de la production qui frise les 30%), il est normal qu’un jury puisse paraître injuste et qu’il y ait des oublis criants.

                D’ailleurs, dans quelques jours, nous lancerons comme chaque année le choix des lecteurs d’ActuaBD. Vous aurez l’occasion de dégager une sélection qui se distinguera de celle du jury angoumoisin.

                Bédéphiliquement vôtre,

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                • Répondu par guillemet le 22 décembre 2004 à  15:30 :

                  La sélection du festival 2005 est faite pour une élite, pas pour le lecteur lambda. Il est évident que la direction du festival se fout du public...
                  Zep doit être vraiment géné de participer à cette mascarade.
                  Dommage que d’autres auteurs n’osent pas l’ouvrir comme Sfar. Et les éditeurs où sont-ils ?
                  Quand on est un simple lecteur de base,il vaut mieux faire confiance à son nez pour trouver les vrais petits plaisirs avec des BD qui le méritent...
                  Mais c’est bien connu, les directeurs ont toujours raison... je retourne à ma lecture.

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          • Répondu par caliz le 4 janvier 2005 à  15:30 :

            il me semble que le photographe est paru en 2003, donc ne peut pas faire partie de la sélection 2004...

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  • apres une premiere impression suite a la lecture d’une interview de sfar ds " le collectionneur de bd 100 " ,déjà édifiante , cela se confirme avec ses propos sur la selection d’angouleme : a force d’enfler , sa tête va exploser ! Comme si une selection pouvait etre parfaite , plaire a tous et être representative a 100% ! Mais de là a mettre sa production et celle de ses amis en avant , avec autant de manque de recul ! Il a peut-être du talent mais l’humilité est une qualité qu’humainement il devrait apprendre
    une question : l’omnipresence de ce monsieur dans l’édition est bien concrétisée par de forte vente ou , une fois de plus , c’est plutôt une affaire de journalistes qui , une fois un filon trouvé ne lâche plus le morceau ?
    en tout cas , qu’il se rassure , l’absence de sfar ne risque guère d’entraver le festival !

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  • Je tiens à préciser que le courrier que j’avais écrit était destiné à des professionnels et pas à un forum internet. J’ajoute que les membres du comité de sélection sont des amis qui se tuent au boulot depuis des années sur ce putain de festival. J’ai envoyé cette lettre sans la relire, je l’ai envoyée à tous mes éditeurs, à mes amis auteurs et à quelques autres acteurs de notre microcosme. Cette lettre commence par une phrase ou j’explique que ce débat ne doit pas s’étaler sur un forum. Les gens qui ont pris la responsabilité d’en coller des extraits tronqués sont des couillons. Ca n’est bon pour personne. Je parle de kalashnikov quand j’écris à mes copains, j’écrirais pas ça sur internet !

    Je suis allé voir sur internet et je ne comprends pas cette idée selon laquelle je serais en manque de reconnaissance ! Le festival d’angoulème m’a toujours très bien traité et ça n’est pas sur ce point que portait mon courrier. Il faut vraiment être con pour écrire ça ! Ils arrêtent pas de me nominer et de m’organiser des expos depuis 1994 ! Non ! Je dois énormément au festival d’angoulème et je croyais que ça se savait. Est ce qu’à cause de ça je n’ai pas le droit de faire savoir aux gens de la profession mon inquiétude face à des messages bizarres que semble vouloir nous envoyer un comité de préselection un peu autarcique ?

    En revanche, oui, je considère que le travail d’auteurs comme David B, Blutch ou Emmanuel Guibert n’a jamais été récompensé à sa juste valeur et c’est d’un aveuglement incroyable que d’attribuer ces remarques à du copinage. Ce sont des gens de ma génération donc oui, nous sommes amis, mais je ne vois pas le rapport. Pour moi, il s’agit d’auteurs majeurs et je remarque qu’à de nombreuses reprises, le festival à primé ou nominés des gens qui leur doivent beaucoup.

    Je suis désolé que tout ça se répande sur les forums, c’était pas fait pour.

    Je suis en colère que les bandes dessinées lisibles par des gamins soient réduites à un prix jeunesse subventionné (et pourtant je suis client de la caisse d’épargne). Asterix aurait sans doute été en jeunesse s’il avait été publié cette année !

    Je trouve dégueulasse d’entendre des gens raler qu’on ne parle pas assez des jeunes auteurs et voir que ce sont les mêmes qui ne font rien pour les nominer.

    Mes copains ? Quoi ? On est deux cent auteurs professionnels, on est tous copains. Alors quand je parle de gens comme Morgan Navarro, Winshluss, Lisa Mandel, mathieu Sapin, Riad Sattouf, évidemment, c’est des copains.
    Il y a sans doute des tas d’autres gens intéressants dont je ne connais pas le travail.

    D’ailleurs, quand on est pas content d’une sélection parce que c’est pas nos amis qui sont primés, on râle dans son coin, c’est tout, c’est le jeu, c’est comme ça dans tous les domaines. J’irais pas écrire une lettre pour ça.

    La, c’est autre chose. On se retrouve face à des livres qui ne sont pas d’actualité au japon, qui ne sont pas d’actualité aux usa et qui n’ont pas été faits en Europe cette année par des gens vivants. Alors on a l’impression que ça n’est plus une compétition. Que ça n’est plus un instantané de ce qui s’est fabriqué cette année.

    Et on ne comprend pas ce que les gens du festival essaient de nous faire passer comme message.

    Une traduction, ça n’est pas très dangereux à faire, pour un éditeur. Il y a des exceptions et j’admets que l’homme sans talent a représenté un boulot colossal. Mais ça aussi, c’est un livre de copain. Cette traduction est l’oeuvre de Frederic Boilet et son épouse. C’est un livre que j’adore, de même que j’aime Hino, que j’ai découvert il y a plus de dix ans. Notons que ce qu’on célèbre cette année au sujet de Hino, c’est une traduction faite à partir d’une traduction américaine ! le tout dans un format repris de la même édition américaine ! je trouve ça honteux qu’on encourage de telles pratique.

    Malgré tout, je trouve ça merveilleux qu’on mette ces livres en avant, mais qu’ils prennent la place de la publicité que le festival doit faire aux auteurs et aux éditeurs qui mouillent la chemise, c’est méprisant.

    Je ne m’en suis pas pris aux ouvrages sélectionnés. Je dis simplement que nominer une telle proportion de traductions c’est déclarer la guerre aux auteurs et aux éditeurs tous genres confondus. On a l’impression de bosser pour rien.

    On n’a jamais eu autant de nouveaux éditeurs, de nouveaux titres, de nouveaux auteurs et le festival a pas l’air de s’en apercevoir. Il est vrai que Milan, ça fait sans doute moins chic que Chester Brown. Et non, Milan, c’est pas des copains.

    C’est une question de proportion. Moi, bêtement, je me dis que les sélections d’angoulème devraient ressembler plus ou moins à ce qu’on a aimé lire dans l’année...là,non. Tu parles à un copain des dix bouquins qu’il a aimés cette année, que le mec soit libraire, lecteur, auteur ou éditeur, on tombe toujours plus ou moins sur des choses assez proches.
    Bon, là,non. Peut etre parce que le comité n’achète pas ses livres !
    C’était un des principes de schneiderman quand il était critique télé du monde. Il voulait voir les programmes en téléspectateur, en allumant son écran et en changeant de chaines et en voyant ce qu’il retenait ou pas.
    Il ne voulait pas de projections presse.

    J’ai l’impression que lorsqu’on recoit cinq cent bouquins et qu’on doit en tirer une sélection, on a un peu envie de faire l’artiste, de s’inventer un machin auquel personne n’aura pensé. Moi, j’appelle ça faire les malins.

    Et c’est du mépris pour les gens qui veulent faire de la bande dessinée vraiment, c’est à dire monter un projet, le dessiner, aller le présenter à un éditeur, convaincre des représentants, des libraires, des lecteurs.

    Alors oui, il m’arrive de m’interroger sur la légitimité d’un comité de
    préselection qui semble ne devoir rendre de comptes à personne. Pour moi, Angoulème, c’est un rendez vous annuel bourré de défauts où personne n’est jamais content mais où on s’amuse bien. Depuis treize ans que j’y vais, c’est toujours comme ça, on râle, mais on râle tous ensemble. Là, l’impression que j’ai, c’est que les organisateurs sont partis tout seuls tout vite sur leur petit vélo et que personne n’a pu suivre. même Zep que j’ai vu avant hier il me disait qu’il était un peu emmerdé d’avoir à défendre cette sélection parce qu’il avait la même opinion que moi : aucune place aux auteurs qu’on a lus cette année.

    Finalement, le seul truc avec lequel je sois d’accord, c’est poulet aux prunes. Ah oui, c’est une copine aussi.

    Bon. mais je ne comprends pas la violence des réactions sur internet. C’est si scandaleux, qu’on critique un truc quand on est pas d’accord ?
    Sous prétexte que je suis auteur, je devrais absolument la fermer ? Sous prétexte que le festival d’angoulème a beaucoup fait pour ma pomme, je devrais toujours être d’accord ? Bin connement, moi, quand j’aime un truc, je m’implique.

    Jojo

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    • Répondu par Laurent Queyssi le 6 décembre 2004 à  16:28 :

      Je trouve, pour ma part, que le mépris est dans votre camp. Le travail de Frédérik Peeters n’est pas aussi digne d’intérêt que celui de Satrapi ??
      Question de goût.
      Et de là à voir du copinage dans vos propos, il n’y a qu’un pas.
      Et la phrase "On est deux cent auteurs professionnels, on est tous copains" est un exemple parfait de langue de bois.
      Une sélection est un travail subjectif, je comprends que celle-ci ne vous plaise pas, mais je trouve vos arguments (celui des livres que l’on n’a pas lu, en particulier) un peu limites.

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    • Répondu par Emmanuel Pehau le 7 décembre 2004 à  17:23 :

      "je ne comprends pas la violence des réactions sur Internet"

      C’est que vous sous-estimez la violence initiale de vos propos.

      Et là, c’est moi qui ait du mal à comprendre : qui séme le vent récolte la tempête, vous devriez le savoir - comment peut-on s’étonner de déclencher un ouragan, quand on a tempêté aussi fort ?

      "C’est si scandaleux, qu’on critique un truc, quand on n’est pas d’accord ?"

      Non. Mais il y a une différence entre critique et diffamation, de même qu’entre la critique et l’injure - si l’on estime que vous ne percevez pas clairement cette distinction, voire que vous l’ignorez sciemment, ou bien encore que vous vous évertuez à la brouiller, vous paraît-il tellement scandaleux que l’on s’en scandalise ?

      Quoiqu’il en soit : il me semble bien, à moi, que ce que l’on vous reproche c’est justement de ne pas être "critique" ...

      " Sous prétexte que je suis auteur, je devrais absolument la fermer ?"

      Non - encore fois, il ne me semble pas que quiconque ici vous ait reproché cela - vous qui êtes si prompt à reprocher aux autres de troquer la proie pour l’ombre, vous ne semblez décidément avoir d’yeux que pour celles qui hantent votre caverne - mais il est vrai que pour jouer les Don Quichotte, il vaut mieux avoir face à soi de bons vieux moulins que de véritables géants ...

      Je disais donc : non, personne ne vous demande de "la fermer" , encore moins "sous prétexte que vous êtes auteur", mais il probable, en revanche que, au motif que vous en avez, sinon la stature, du moins le statut, beaucoup attendaient de vous une autre maîtrise de lui-même et de ses moyens - bref, non pas que vous vous taisiez sans autre forme de procés, mais du moins que vous réfléchissiez avant de parler ...

      Et, par pitié, ne venez pas me dire que vous avez, sinon modéré le ton, du moins mesuré la portée de vos propos : concernant un certain nombre d’entre eux, la préméditation pourrait bien s’avérer une circonstance aggravante ...

      "Sous prétexte que le festival d’Angoulême a beaucoup fait pour ma pomme, je devrais toujours être d’accord ?"

      Non, mais, au motif que le système était le même alors, on est en droit de vous reprocher de n’avoir rien dit à l’époque, et vous soupçonner de n’avouer un quelconque désaccord avec lui que dès lors qu’il ne semble plus avoir, sinon les moyens, du moins la volonté, d’acheter votre silence - histoire, sans doute, de l’encourager à faire le fond de ses poches ...

      Apparemment, si pour d’autres, le festival d’Angoulême, c’est un peu Noël en janvier, pour vous, ça serait plutôt les étrennes ...

      "bin connement, moi, quand j’aime un truc, je m’implique"

      en ce moment, on préférerait d’avantage d’explications ...

      Blague à part : l’amour n’est pas une excuse, comme on dit dans les romans à l’eau de rose ...

      Vous m’avez l’air de ne pas en lire suffisamment - plutôt que de leur donner des leçons, à vos copines super-migonnes, vous feriez peut-être bien mieux de leur demander des conseils ...

      Moi, un jour, la mienne elle m’a rapporté cetté cette anecdote :

      Un colon disait aux Algériens, à l’époque de l’OAS : "Moi aussi j’aime les Arabes." Il s’entendit répondre : "Eh bien nous, les Arabes, on en a marre d’être aimés."

      Quand vous nous dîtes des choses comme "Moi aussi j’aime L’homme sans talent et Ego comme X", eh bien moi, ce sont des choses comme ça qui me traversent l’esprit ...

      A bon entendeur, salut ...

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    • Répondu par Emmanuel Pehau le 7 décembre 2004 à  17:26 :

      P.S. :

      en fait, la phrase exacte, c’est :

      "L’amour, c’est n’avoir jamais à dire qu’on est désolé."

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    • Répondu par Jérôme Tournadre le 9 décembre 2004 à  19:38 :

      Ne serait-il pas plus sage à l’avenir, afin de ne brusquer personne - et surtout pas Mr Sfar -, de créer deux nouvelles catégories de nominés : "Meilleur album franco-français", d’une part, et "Meilleur album des amis de Johann Sfar", d’autre part ?

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    • Répondu par Michel Paquot le 10 décembre 2004 à  09:39 :

      Critique BD pour des journaux belges depuis de nombreuses années, et ne connaissant pas personnellement Joann Sfar, je contresigne son coup de gueule (meme si je ne suis pas certain d’aimer tout ce qu’il aime)(et les rédacteurs d’Acta BD sont bien mal inspirés de s’en prendre à lui de la sorte).

      Face à une telle préselection, on est partagé entre éclats de rire et consternation. Si le Festival ne veut s’adresser qu’à une poignée d’happy few, qu’il le dise, on le laissera faire. C’est se moquer des lecteurs BD, meme assidus, que de les tenir à ce point à l’écart (et ne parlons pas des plus dilettantes pour qui c’est du chinois, plutot du japonais).

      Il semble qu’il y ait chez les préselctioneurs (qui sont-ils ?) une volonté de tenir à l’écart les Glénat, Dupuis, Delcourt, Casterman et consors, tout en leur donnant quelques hochets pour faire bonne mesure. Ils voudraient tuer le festival qu’ils ne feraient pas autrement (peut-etre est-ce de l’entrisme de quelques pourfendeurs de BD ?). Peut-etre est-ce pour faire bonne mesure avec l’élection de Zep (discutable) l’an dernier. Un coup de popu pour un coup d’élitisme. Totu cela est bien désolant. Surtout de la part de gens qui se targuent d’aimer la BD (ce qui reste à prouver).

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    • Répondu le 10 décembre 2004 à  09:41 :

      Et si on parlait du photographe !!!
      C’est pénible d’oublier le meilleur et de se prendre le bec sur des conneries.

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    • Répondu par Kikuick le 10 décembre 2004 à  11:25 :

      comme vous tous, je suis un passionné de bande dessinée... et je ne comprends pas cette polémique. pourquoi tomber sur joann sfarr à bras raccourçis ? parce qu’il dit ce qu’il pense ? nous nous flattons tous de la franche camaraderie et de la liberté d’expression qui prévalent dans ce milieu.. et à la première occasion, tous le monde perd la tête dans une stupide controverse ! dans le petit monde de la BD, n’a-t-on plus le droit d’exprimer ce que l’on ressent ?

      au passage, je rappelle juste que sa lettre n’était destinée qu’à un cercle restreint de personnes et qu’elle n’avait rien d’une récrimination officielle.

      à titre personnel, je suis membre du festival d’angoulême au sein duquel je travaille comme bénévole depuis 13 ans (tiens, comme joann !). je peux donc dire qu’à mon petit niveau, je vois comment le festival se prépare et se déroule... et le moins que l’on puisse dire, c’est que toutes les décisions (programmation, invitations, sélections...) font l’objet d’âpres débats avant, pendant et après lesdites décisions. mais bon, c’est vrai, y’a pas de petits malins pour mettre ces débats parfois houleux sur la place publique...

      je ne suis pas forcément d’accord avec toutes les récriminations de joann sfarr à l’encontre du festival d’angoulême. mais c’est son droit le plus strict que de commenter les choix qui sont faits... c’est le contraire qui m’attristerait car cela voudrait dire qu’il s’en "tape le coquillard" et ne verrait le festival que comme un rendez-vous commercial et médiatique... la première chose qu’on demande à un ami, c’est la franchise... si aimer le festival d’angoulême et la bd, c’est dire amen à tout, jouer les "bénis oui-oui" et rechercher en permanence les échanges consensusuels, j’ai bien peur de ne plus me sentir à ma place dans ce milieu...

      n’oubliez pas que ce sont les critiques constructives (positives ou négatives) et le débat qui font avancer les choses... pas le consensus mou ! ce sont les critiques constructives et le débat qui font qui font que le milieu de la BD est un espace de vie où nous pouvons tous nous retrouver sans distinction...

      Kikuick

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    • Répondu par Oligotron le 13 décembre 2004 à  19:41 :

      Wow doucement ! J’ai l’impression que tout le monde réagit à la lettre de Joann Sfar comme à un discours politique ! Plutôt que d’avoir un débat constructif, tout le monde s’envenime à qui mieux mieux... C’est un avis, on peut le respecter sans le partager quand même ! C’est vrai que je partage l’avis de mister Sfar sur le fait que je ne retrouve quasiment aucun des ouvrages que j’ai aimé cette année dans la sélection et que celle-ci fait la part belle aux traductions, comme si Angoulème voulait se démarquer de l’image d’un festival de BD européennes pour devenir une sorte de "Cannes de la BD"... Ce n’est peut-être pas une mauvaise idée, sauf si pour courtiser un public plus large on en perd ce qui en faisait l’attrait (pour moi) : découvrir de nouveaux auteurs ou des oeuvres majeures de l’année que j’aurais manqué. Bref, pour en revenir au débat, même si je ne partage pas les goûts de monsieur Sfar (comme je n’aime pas toutes ses Bd), je suis d’accord avec le fond de sa lettre.

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  • Je trouve en tant que simple lecteur, mais fan de bd, que la sélection a de la gueule. Elle est large et appuye de nouveaux talents. Une perle pour moi, et j’espère qu’il sera récompensé : la sélection de Marquis d’Anaon de M.Bonhomme et scénarisé par Fabien Velhman. Au moins Velhman lui il ne se prend pas la tête et pense avant tout à ses lecteurs futurs en essayant de construire progressivement ses séries et ambiances. Bonne chance.

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    • Répondu par Laurent le 12 décembre 2004 à  13:50 :

      Effectivement cette série est une perle. Bonne chance aussi.
      Laurent

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