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Gipi, le créateur et son double

  • L'italien Gipi est de retour. Signe particulier : un nom de plume (ses initiales en phonétique) antédiluvien alors qu'il est l'un des plus saisissants auteurs de la bande dessinée moderne. Son dernier ouvrage, "Vois comme ton ombre s’allonge", met en images la schizophrénie.

Disons le tout de go, la dernière bande dessinée de Gipi était insondable. Virtuose à bien des égards, « Ma vie mal dessinée » restait profondément opaque pour le lecteur. Quatre ans plus tard, « Vois comme ton ombre s’allonge » ne tombe pas dans le même piège. Car si l’expérimentation graphique et narrative est toujours de mise (changement de techniques d’une séquence à l’autre, évocations oniriques,...) Gipi garde le contrôle de son récit.

Gipi, le créateur et son double
Un extrait de "Vois comme ton ombre s’allonge"
© Gipi- Futuropolis

Silvano Landi est un écrivain, en panne. Un jour, sur une plage, il fait un malaise. Hospitalisé, on lui diagnostique une schizophrénie soudaine. Déboussolé par une rupture, le créateur d’histoire s’enferme dans un autre monde : celui des émanations de son cerveau. Entre un arbre dépérissant et une station-service, l’esprit de Landi vagabonde, il souffre de ne rien contrôler. Par moment, sa schizophrénie l’emmène dans une tranchée de la Première Guerre mondiale, sous un arbre cousin. Il est question d’un autre Landi, d’un autre homme qui écrit. Son aïeul peut-être...

Gipi fait cohabiter sur ses planches des
techniques mixtes.

Dans cet album, Gipi dispose les pièces d’un puzzle incomplet. Celui de l’identité d’un homme prêt à être broyé par sa propre imagination. L’auteur réussit à mettre en images les trouble d’un esprit fatigué. Pour dire toute la détresse de son héros, il mélange avec brio texte et dessin.

La quintessence de la bande dessinée en somme.

(par Morgan Di Salvia)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

"Vois comme ton ombre s’allonge" – Par Gipi – Futuropolis

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8 Messages :
  • Gipi, le créateur et son double
    17 janvier 2014 11:55, par Moynot

    "Ma vie mal dessinée" n’était pas opaque. Pas pour TOUS les lecteurs, en tout cas.

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    • Répondu par bilou le 22 janvier 2014 à  08:48 :

      je me suis arrêté au même endroit...je n’arrive même pas à comprendre comment on pouvait trouver ça opaque.

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  • Gipi est grand
    17 janvier 2014 12:19, par Polo

    Un livre absolument étourdissant.

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    • Répondu par Smiley Bone le 18 janvier 2014 à  09:25 :

      Mais à format réduit par-rapport à l’édition italienne, mais bon il parait que Futuropolis défend la bande dessinée d’auteur, donc tout va bien.

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      • Répondu par Claude Gendrot le 18 janvier 2014 à  14:35 :

        je ne sais qui vous êtes, Monsieur, qui vous cachez derrière ce pseudonyme, et j’ignore pour quelle(s) raison(s) vous avez l’air de montrer
        envers Futuropolis comme une manière d’amertume. Sachez que la couverture, la traduction, le lettrage, le papier et le format ont été décidés avec Gipi, comme c’est le cas avec tous les auteurs que nous publions. Enfin, voici ce que Gianni m’a écrit dès qu’il a reçu la version française : "Le livre est magnifique. Merci !"
        "Vois comme ton ombre s’allonge" est un grand livre, dû à un des auteurs contemporains les plus remarquables. Et nous sommes plutôt fiers, chez Futuro, de le publier, avec non seulement son accord, mais surtout son contentement : réédition de "S" en mai, de "Baci della provincia" fin août et édition en 2015 d’un inédit en français : "Diario di Fiume". En attendant sa prochaine nouveauté...
        Cordialement.
        Claude Gendrot

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        • Répondu par Smiley Bone le 18 janvier 2014 à  18:18 :

          Oui oui Ben Katchor aussi avait aussi donné son accord au remontage de son Julius Knipl chez Casterman dans la collection écriture. Parfois les auteurs sont influencés de manière bizarre par les éditeurs, la preuve par la suite les livres de Katchor adaptés en français, ne subir plus des modifications c’est curieux hein, et le plus curieux c’est que c’est que ce respect il l’a trouvé chez des éditeurs ayant moins de visibilité que Casterman ou autre grand éditeur ? L’amertume, elle est aussi due au fait que vous avez déjà un peu raté la traduction de l’Entrevue (oui parce que traduire mot à mot l’hymne italien je ne suis pas sûr que quelqu’un ait tout saisi, et aussi la disparition du parler en dialecte des cambrioleurs dans ledit album). Quant on reprend un label aussi prestigieux que Futuropolis, on essaie de faire autre chose que du simili, vu qu’en plus vous en avez largement les moyens, enfin plus que d’autres qui pourtant y arrivent très bien, comme Rackham par-exemple. Enfin si vous aimez tant cet auteur, on se demande bien pourquoi vous n’avez pas risqué son Verticali. Pas assez vendeur je suppose ? Quant à mon identité, que j’utilise un pseudo ou pas n’est pas vraiment le fond du problème, d’ailleurs j’aurais vraiment quelque part préféré qu’il le soit .

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        • Répondu par Olive le 18 janvier 2014 à  18:40 :

          Je ne suis pas Smiley Bone, mais ça serait intéressant de savoir pourquoi vous avez obté pour une version plus petite que l’italienne.

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  • Gipi, le créateur et son double
    17 janvier 2014 14:00

    On dirait un peu du Alfred je trouve, peut-être une influence de Gipi.

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