Jeu de dames T1 - Par Toldac et Philan - Grand Angle

7 février 2015 0 commentaire
  • Après la deuxième guerre mondiale, une épopée sentimentale sur fond de conquête spatiale.

Juin 1943, l’ingénieur Hugo Ebeling quitte le centre d’essai des fusées allemandes V1 et V2 dirigé par Von Braun. Il rejoint la résistance allemande où il rencontre Eva. Avril 1945, tous deux se jurent fidélité jusqu’à la mort. Mais un obus russe atteint les deux amants. Anéanti par l’annonce de la mort d’Eva, Hugo est récupéré par l’armée américaine.

Aux États-Unis, il retrouve Von Braun, affecté à la conquête spatiale. Hugo rencontre alors Lola, le sosie d’Eva en plus jeune, il est bouleversé. Octobre 1957, Spoutnik est lancé, les Russes mènent dans la conquête spatiale. L’équipe de Von Braun revient sur le devant de la scène et le cauchemar commence pour Hugo…

Concrètement, le dessin de Philan est très efficace : peu avare en détails sur les décors, son style ne révolutionne pas le genre mais s’inscrit totalement dans la tradition des thrillers historiques, et le boulot est bien fait. Le découpage et les cadrages maintiennent le rythme à flots pour coller au plus près du personnage d’Hugo. Les pages sont agréables à lire, pour un album qui se dévore très vite.

Jeu de dames T1 - Par Toldac et Philan - Grand Angle

De son côté, le scénario de Toldac remplit son office : de la romance, de l’espionnage, des petites rivalités entre savants, quelques scènes de guerre non éludées, un héros tourmenté et veuf handicapé par un éclat d’obus dans la tête, et un léger penchant pour la culture indienne et son côté sacré.

En prime, on assiste à un bon petit triangle amoureux des familles, et surtout, à ce concept très hitchcokien de femme-double : la blonde allemande d’un côté, la rousse américaine de l’autre. Alors, d’après vous, sosie ou pas sosie ?

Le lecteur se retrouve constamment aux côté d’Hugo, découvre l’histoire par ses yeux. Cependant, une seule scène rompt avec ce postulat, au cours de laquelle Hugo est totalement absent (enfin presque) : il ne s’agit pas de la dernière page, mais elle intervient au milieu de plusieurs retournements scénaristiques et annonce un revirement inattendu pour le tome 2.

Les amateurs d’histoires d’espionnage et de romance, et qui aiment quand la petite histoire croise le chemin de la grande, auraient tort de passer leur chemin.

(par Thomas Berthelon)

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