L’Homme de l’année, T3 : 1815 - Par Latour, Gin & Schelle - Editions Delcourt

18 septembre 2013 0 commentaire
  • 3e tome de cette série centrée sur de grands moments historiques. On se focalise sur l'homme qui cria "Merde" à Waterloo, tout en mêlant vérité historique, contexte authentique et un brin d'imagination bienvenue pour remplir le blanc entre ces lignes. Un récit historique de très bonne facture.

Waterloo, 18 juin 1815. La défaite française est proche. Sommée de se rendre, Vieille Garde commence à reculer devant les Anglais de Wellington. Soudain, un des grognards hurle "Merde !" en réponse à l’ennemi, un merde repris en chœur par les autres soldats, ultime geste de fierté et de panache. Loin d’être une simple obscénité, ce "merde" est un cri du cœur.

Plus qu’une bataille, ce sont toutes les guerres napoléoniennes qui sont passées en revue dans cet album. Et même si la stratégie est légèrement abordée, c’est une fois de plus l’aspect humain qui est privilégié par cette série. 1815 nous propose de suivre toutes les campagnes dans les yeux de deux héros de guerre : le premier fait tout pour attirer le regard de l’empereur, tandis que le second bénéficie de ses faveurs tout naturellement.

L'Homme de l'année, T3 : 1815 - Par Latour, Gin & Schelle - Editions Delcourt
Si on s’imprègne de la réalité historique, c’est l’excellent travail sur le binôme amis-ennemis qui dope le récit.

Il est donc question d’amitié et de rivalité, mais aussi et surtout du contexte dans lequel se sont déroulés ces vingt ans de guerre. Comment les civils ressentaient-ils ces longues campagnes ? Quel était l’état d’esprits des grognards ? Comment se déroulaient les contacts avec la population envahie ?

Après une introduction assez scolaire, Sébastien Latour sort rapidement son épingle du jeu. Les relations entre les deux soldats rythment les campagnes, tandis que certains extraits de carnets permettent de raffermir le contexte historique. On se souvient que le scénariste avait réalisé avec succès deux séries au Lombard, Ellis Group et Wisher, qui n’avaient malheureusement pas connu un grand succès public. Il est ensuite passé chez Delcourt, avec Spyder et Lady Spitfire.

Ce nouvel album prouve sa polyvalence en matière de récit.

Les pages du carnet de bord permettent de passer facilement d’une campagne à l’autre, tout en contextualisant le moment qui sera présenté plus en détails

Quant au dessin de Gin et aux couleurs de Pierre Schelle, le résultat permet de suivre agréablement ce récit prenant. On retiendra quelques très belles compositions de batailles.

Que l’on soit fan ou pas des guerres napoléoniennes, ce récit permet d’en apprendre plus sur cette période chahutée, son aspect humain mêlant virilité, fierté, candeur, mais aussi, bien entendu, son imbécilité.

(par Charles-Louis Detournay)

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Lire les chroniques des précédents albums : 1917 et 1431

Lire notre interview de Sébastien Latour : "J’ai eu la chance d’arriver au bon moment au Lombard"

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