La Fondation Raymond Leblanc met les héroïnes en valeur

30 septembre 2008 9 Actualité par Nicolas Anspach
  • Un double évènement avait lieu jeudi dernier à la Fondation Raymond Leblanc : l’inauguration d’une nouvelle exposition consacrée aux héroïnes dans la bande dessinée et la remise du deuxième prix « Jeunes Créateurs » de la fondation.

La Fondation Raymond Leblanc qui porte le nom du fondateur des éditions du Lombard a souhaité promouvoir la création. Ses administrateurs ont mis en place un prix destiné à aider les jeunes auteurs de bande dessinée. Un jury composé de professionnels sélectionne les meilleures histoires développées autour d’un théme imposé. Le premier lauréat reçoit une aide financière de 10.000 €. Son histoire, ainsi que celle des cinq autres auteurs les plus doués, est publiée dans un album. L’enjeu est important à l’heure où le vivier à création que constituaient les journaux de bandes dessinées ont presque tous disparus. Preuve s’il en est que ce prix a de l’importance : plusieurs lauréats du prix 2007 de la Fondation Raymond Leblanc vont être ou ont été édités aux éditions du Lombard ou dans d’autres maisons. [1]

La Fondation Raymond Leblanc met les héroïnes en valeur
Une partie du jury de la deuxième édition du Prix de la Fondation Raymond Leblanc
En avant plan : Jean Dufaux. En arrière plan, de gauche à droite : La Ministre Françoise Dupuis, Augusto des librairies Slumberland et Johan De Moor. Sous l’oeil bienveillant de Yves Sente.

Jean Dufaux a eu la lourde tâche de présider le jury qui a sélectionné les œuvres qui en valaient la peine. Il était aidé par Johan De Moor, Daniel Couvreur (du quotidien belge Le Soir) et un libraire de la chaîne belge Slumberland. La Ministre de la Culture de la Commission Communautaire Française, Françoise Dupuis, a proclamé le nom des différents finalistes :

- 6ème place : "Inquisitio Heretice Pravitatis" de JM Ken Niimura & Arnaud Bureau
- 5ème Place : "Desaparecida" de Rossano Piccioni & Angelo Macri
- 4ème Place : sans titre de Riccardo Chiereghin
- 3ème Place : "Héroïne" de Christophe Devlamincq
- 2ème Place : "Tea and Fire" d’Olivier Senny

et enfin :

- 1ère Place : "Supermagic Girl" de Stephane Melchior-Durand & Raphaël Beuchot.

Stéphane Melchior-Durand & Raphaël Beuchot
Des lauréats heureux qui viennent de décrocher le premier prix.

La Fondation en a également profité pour dévoiler le théme imposé pour l’année prochaine : « Bruxelles ». Décidément, en 2009, la capitale belge sera au cœur de beaucoup d’évènements liés à la bande dessinée !

Tous les lauréats avaient développé une histoire courte sur le thème « une héroïne ». Les planches sont actuellement exposées à la Fondation. Celle-ci récupère cette thématique pour une exposition qui se veut non exhaustive : La Femme dans le 9ème art. Il aura fallu attendre les années ’60 pour que les femmes aient une place prépondérante dans la bande dessinée. La Fondation en a retenu un certain nombre. On peut admirer, jusqu’au 20 mars 2009, quelques belles planches mettant en scène quelques unes des héroïnes de la BD les plus marquantes : Bécassine (Caumery & Pinchon, La Castafiore (dans Tintin, Hergé), Barbarella (Jean-Claude Forest), Laureline (dans Valérian, Christin & Mézières), Colombe Tiredaile (dans Olivier Rameau, Dany et Greg), Cellulite et Agrippine (Brétécher), Natacha (Walthéry), Isabelle (Will, Franquin, Macherot & Delporte), Chinook (dans Buddy Longway & Jo (Derib), Adèle Blanc-Sec (Tardi), Aaricia et Kriss de Valnor (dans Thorgal, Rosinski & Van Hamme), Pélisse (dans La quête de L’Oiseau Du Temps de Loisel & Le Tendre), Julie, Claire & Cécile (Sidney & Bom), Dottie (dans Pin-Up, Berthet et Yann), Louise Lemoine du Cahier Bleu (Juillard), Nävis de Sillage (Buchet et Morvan), Miss Endicoot (Fourquemin & Derrien), et des héroïnes de Manara.

Une jolie collection de "Femmes de papier".

(par Nicolas Anspach)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

L’exposition est visible jusqu’au 20 avril 2009.

Heures d’ouverture de la Fondation : Mercredi, jeudi et vendredi de 12h à 18h, ainsi que le premier week-end du mois.

Fondation Raymond Leblanc
Avenue Paul-Henri Spaak, 7
B-1060 Bruxelles
Tél : +32 (0)2/520.70.09
Fax : +32 (0)2/521.70.09
info@fondationrleblanc.be
www.fondationrleblanc.be


En médaillon : l’album regroupant les travaux des lauréats du Prix Raymond Leblanc 2007.

Photos Nicolas Anspach

[1Comme par exemple le scénariste Arnaud Bureau, auteur d’un Mai 68, histoire d’un printemps plutôt remarqué, à nouveau lauréat cette année-ci..

 
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9 Messages :
  • La Fondation Raymond Leblanc met les héroïnes en valeur
    30 septembre 2008 13:57, par Jean-Paul Jennequin

    L’initiative me paraît vraiment intéressante du point de vue de la promotion des jeunes auteurs. Un prix qui se concrétise par un paiement et une publication, c’est du concret. C’est dans l’esprit des concours organisés par les éditeurs japonais pour dénicher de nouveaux talents, et de celui organisé par le Lombard au début des années 1970 dans le même but.

    Maintenant, le gros problème, c’est le thème de ce premier concours. « Une héroïne » ? Pourquoi pas, mais alors pourquoi le jury est-il majoritairement composé de mâles ? Et comment se fait-il que tous les lauréats soient des hommes ? Il est tout à fait possible, et même probable, que ce ne soit la faute à personne - on juge la BD, pas celui ou celle qui l’a faite, et si toutes les meilleures entrées venaient de candidats et non de candidates, eh bien c’est comme ça. Mais avouez que ça fait quand même un peu tache. Et l’exposition où la seule créatrice est Claire Brétécher… Comment dire ? On a prévenu les organisateurs que le temps où Brétécher était considéré comme la seule femme de la BD franco-belge était révolu depuis un moment ?

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    • Répondu par François Pincemi le 30 septembre 2008 à  21:45 :

      Il ne faut pas oublier que le public BD est surtout masculin (60 à 75% sans doute), de plus la plupart des auteurs adorent dessiner les femmes (jolies ou non). Donc je trouve cette idée sympa. Je n’achète pas des BD pour y retrouver des univers peuplés de poilus, moustachus et barbus, rasés ou tatoués, désolé, j’en croise suffisamment dans la rue tous les jours, dans la plus grande indifférence, et sinon je laisse les albums Soleil aux amateurs.

      Par contre quand la chance me permet de croiser une femme élégante et avenante, c’est le début d’une aventure dont je suis parfois le héros.

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      • Répondu le 30 septembre 2008 à  23:04 :

        Et revoici Pincemi et sa dose de clichés. C’est pas un homme, c’est un photomaton !

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        • Répondu par François Pincemi le 1er octobre 2008 à  09:23 :

          Non, plutôt un mateur de dessins, Monsieur l’ane Onime. Toujours aussi courageux ?

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          • Répondu le 1er octobre 2008 à  11:42 :

            Ce forum permet en effet de poster anonymement. Vous le savez. Implicitement en postant vous acceptez les rêgles du jeu. Dans 95% de mes posts, j’utilise mon nom ou mon pseudonyme. Je n’ai pas jugé utile de le faire cette fois-ci.

            Pour quelqu’un dont la participation à ce forum se restreint à une attaque généralisée d’une certaine forme de bd (sans jamais étayer son propos, ni apporter d’analyse) ou autres commentaires pré-pubères, je vous trouve bien tâtillon tout à coup...

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            • Répondu par François Pincemi le 1er octobre 2008 à  13:48 :

              et un lecteur de bonnes histoires aussi, si possible ; Monsieur l’Anonime, je ne vois pas où vous voyez une attaque contre une certaine BD dans mon propos. Au contraire, il me semble avoir écrit qu’un livre consacré aux héroïnes était une excellente idée. Donc avant de déformer mes propos, merci de les lire avec attention.

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              • Répondu le 4 octobre 2008 à  02:07 :

                Relisez mon post : "Revoici" veut dire que j’ai déjà croisé vos commentaires sur ce site. Et croyez-moi, vos posts -pour être compris- ne demandent pas une attention soutenue.

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  • Je ne sais pas si c’est rassurant de voir dans cette liste des héroïnes de la BD de simples faire-valoirs (disons des compagnes, collègues, second rôles...) qui ne font pas elles-mêmes les titres de leurs aventures.

    Mais bon, rien à voir avec le sujet du concours qui ne tentait pas d’imposer une nouvelle héroïne, mais très souvent de parler des héroïnes du quotidien.

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    • Répondu par Jean-Paul Jennequin le 1er octobre 2008 à  13:01 :

      Il est possible de se faire une idée des différentes participations au concours sur le site de la fondation, dont l’adresse est donnée en fin d’article. Effectivement, plusieurs participants semblent avoir retenu l’option « héroïne du quotidien », mais ce n’était clairement pas la seule possible.

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