Le moment "Anime Comics" de Glénat manga

19 février 2015 0 commentaire
  • Pas moins de quatre volumes, soit le tiers des sorties du mois, c'est le total d'anime comics publiés en février par Glénat Manga. Volumes dérivés de films de ses séries-phare que sont {Dragon Ball}, {One Piece} et {Bleach}.

Parmi le production manga, l’anime comics relève d’un genre bien particulier. Produit dérivé de produits dérivés, opérant, dans le cas présent, une étonnante boucle allant du manga au cinéma puis du cinéma au manga, il s’agit en effet de volumes mis en pages sous le format manga mais dont les cases sont composées à partir des plans, parfois recadrés, d’un film d’animation japonais, un anime.

Le moment "Anime Comics" de Glénat manga

À ce titre, ces volumes s’adressent avant tout aux fans des séries concernées. Mais au-delà même des amateurs de Dragon Ball, One Piece ou Bleach, la présence de la couleur saura certainement séduire une partie du lectorat que le noir et blanc classique du manga peut rebuter, des fans qui ne connaîtraient ces univers que par le biais de leur adaptation en dessins animés, et qui pourraient par là, peut-être, en venir à la lecture du format d’origine...

Les trois titres ici présentés - Battle of Gods (Dragon Ball Z), One Piece Z (One Piece) et The Diamond Dust Rebellion (Bleach) - correspondent à des projets de films de relative importance par rapport aux univers dont ils sont dérivés et ont vu les auteurs des mangas s’impliquer dans leur écriture. Ils devraient donc ravir les fans. Surtout, leurs sorties s’inscrivent dans une construction de projets éditoriaux savamment pesés et pensés.

Battle of Gods situe son action juste après la fin du manga, dans la foulée du combat contre Boo. De quoi motiver les lecteurs qui viennent de terminer l’édition "Perfect" du Dragon Ball d’Akira Toriyama : le tome 34, dernier de la série, qui vient à peine de paraître le 28 janvier dernier !

Beerus, dieu de la destruction, se réveille d’un long sommeil et se met en quête d’un guerrier susceptible de le distraire. On lui a prédit la rencontre avec un "Super Saïyen Divin" capable de rivaliser avec lui et il se rend sur Terre afin de rencontrer Goku. Débauche de combats titanesques, le film - et donc le volume qui en dérive - se révèle plaisant par un retour aux sources proposé par l’anniversaire de Bulma qui permet de passer en revue les différents personnages de l’univers.

Sorti en salle en 2013 au Japon, année où Angoulême décernait le prix du 40e anniversaire à Akira Toriyama, Battle of Gods vient d’arriver chez nous le 11 février dernier, seulement en DVD et Blu-Ray.

Premier film autour de la franchise Dragon Ball depuis 18 ans et la sortie de L’Attaque du Dragon en 1995, projet auquel le mangaka avait participé, il annonçait une sorte de relance de celle-ci puisqu’un nouveau film est attendu pour avril prochain au Japon, La Résurrection de F (pour Freezer, ennemi majeur de Goku).

Une chaude actualité Dragon Ball donc pour Glénat manga, qui consacre au moins autant d’énergie à la licence One Piece, faisant de 2015 une année placée sous le signe de ces deux séries phénomène. En effet, pour faire simple, en 2015, à partir de février, et au moins jusqu’à Japan Expo, Glénat manga publiera un anime comics par mois, alternant les univers de One Piece et de Dragon Ball.

Car du côté de One Piece sortent les deux volumes adaptés du film One Piece Z que nous vous présentions lors de sa sortie en 2013, lui aussi.

Résumons son propos : Luffy et ses compagnons se trouvent aux prises avec Zéphyr, un ancien amiral devenu hors-la-loi et aveuglé par sa haine de la piraterie. Portée par le personnage de Z, admirable création d’Eiichiro Oda, cette aventure se révèle particulièrement impressionnante dans les combats qu’elle propose.

Là encore, la sortie des anime comics s’inscrit dans un cadre précis : celui d’un déploiement d’une offre conséquente dédiée à One Piece. En effet, le tome 73 du manga vient de sortir en janvier, ce qui fait que l’édition française de n’a plus que trois volumes de retard sur la japonaise, cette dernière ayant ralenti ces dernières années pour se porter à quatre volumes par an. En outre, le planning de Glénat annonce un nouvel anime comics pour début mars, celui du neuvième film, de 2008, consacré à Chopper : One Piece - L’Épisode de Chopper - Le Miracle des cerisiers en hiver, puis la sortie du tome 74 en avril mais aussi celle des deux tomes de l’anime comics La Malédiction de l’épée sacrée en mai.

Une bonne manière d’entretenir la flamme One Piece auprès du lectorat français, particulièrement réceptif en ce moment à cette grande aventure de pirate. D’autant que la fièvre Naruto est en recul et menace de s’arrêter dans les prochains mois avec la fin du manga de Masashi Kishimoto.

Il faut donc inscrire One Piece dans l’actualité, compenser la diminution des sorties annuelles des volumes du manga par une offre voisine élaborée autour des anime comics, mais aussi, certainement, des data books et des art books. Sans oublier les fameux "One Piece Log" destinés au kiosque et édités par Hachette, testés à la fin 2014 dans certaines villes françaises et que l’on devrait voir arriver au niveau national à l’automne prochain. Décidément, 2015 sera One Piece ou ne sera pas !

Enfin, dernier élément de cette fournée d’anime comics, celui dédié au deuxième film autour de Bleach, de Tite Kubo : The Diamond Dust Rebellion. Cette parution s’intercale elle aussi entre deux volumes du manga : le tome 61 en janvier et le 62 en mars.

Centré autour du très populaire personnage d’Hitsugaya, cette aventure raconte une nouvelle, et étonnante, histoire de trahison au sein du Gotei 13. Un trésor de la Soul Society disparaît et le capitaine de la 10e division se retrouve en bien mauvaise posture. L’occasion de le faire se mesurer au héros du manga, Ichigo.

Glénat manga avait publié, courant 2012, l’anime comics du premier des quatre films dédiés à Bleach, Memories of Nobody, sans donner suite à cette parution. L’éditeur semble profiter de l’actualité qu’il crée autour de ce format en ce début d’année avec One Piece et Dragon Ball pour tenter à nouveau l’expérience sur la licence Bleach.

À voir s’il s’agit-là d’un véritable segment du marché du manga. En tout cas, suivant le dernier rapport Ratier, le tirage (45 000 exemplaires) de l’anime comics proposé par Pika en 2014 et consacré au film La Prêtresse du Phoenix, dérivé de la série à succès Fairy Tail, suggère que les éditeurs français fondent certains espoirs sur ce support.

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(par Aurélien Pigeat)

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