Milady de Winter T2 - Par Agnès Maupré - Ankama Editions

29 février 2012 8 commentaires
  • Suite et fin des agissements en noir et blanc de la garce Milady : dans ce monde d'hommes en guerre, mieux vaut être le loup que le frêle lapin...

Marquée de la fleur de Lys pour avoir séduit un prêtre alors qu’elle n’avait que 13 ans, Milady de Winter est démasquée par D’Artagnan. Depuis cette nuit où le mousquetaire l’a mise à nu, elle n’a de cesse de tenter de l’éliminer afin de préserver son secret. Mais la guerre couve, et le Roi doit mater une rébellion à La Rochelle. Le Cardinal charge donc Milady de faire assassiner son ennemi le Duc de Buckingham. Fera-t-elle d’une pierre deux coups en terrassant également le Gascon ?

D’autant que tous les moyens sont bons, y compris en s’en prenant aux êtres chers. Milady entreprend donc de se rapprocher de la douce Constance, mais la situation prend une tournure qu’elle n’avait pas prévue...

Le trait d’Agnès Maupré épouse parfaitement son scénario : les parties de jambes en l’air et de fricotages du premier tome, mis en images par des planches à l’encre en noir et blanc tirant plutôt vers le gris, vers la légèreté, laissent la place aux empoisonnements, aux meurtres et aux manipulations fatales. Le trait devient épais, les noirs se font plus denses, comme pour oppresser un peu plus ses personnages dans un étau temporel. Les passés sombres ressurgissent, quand la seule issue apparaît comme une évidence.

Le duo de choc formé par Athos et Milady constitue le nœud de l’histoire. On comprend mieux pourquoi les joutes des mousquetaires ont été reléguées au second plan, et même si le fringant D’Artagnan devient vite l’ennemi de la garce, il n’est là qu’en tant qu’épave, une de plus dans le sillage de la femme fatale.

L’auteure s’empare de ce personnage emblématique d’Alexandre Dumas pour en faire ni une sainte, ni une héroïne, mais un être maudit condamné à user de tous les vices pour simplement survivre, chaque bassesse l’entraînant un peu plus au fond du trou.

Avec ces deux tomes pleins d’élégance, Agnès Maupré se signale assurément comme l’une des grandes découvertes de ces deux dernières années.

Milady de Winter T2 - Par Agnès Maupré - Ankama Editions
©Maupré/Ankama Editions

(par Thomas Berthelon)

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8 Messages :
  • Le dessin d’Agnès Maupré est d’une subtilité folle et d’une incroyable élégance. J’adore.

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    • Répondu le 29 février 2012 à  10:26 :

      Prenez des cours de dessin une bonne fois pour toutes, LC, ça vous évitera de tomber systématiquement dans la flagornerie répétitive pour ce genre de BD...

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      • Répondu par LC le 4 mars 2012 à  01:49 :

        Prenez des cours de dessin une bonne fois pour toutes

        Ca fait 25 ans que je gagne ma vie avec le dessin, je vois pas pourquoi j’irai prendre des cours, car, je le rappelle, les profs de dessins sont des artistes ratés qui n’ont trouvé que l’enseignement pour cachetonner : "ce que vous ne savez pas faire, apprenez-le à d’autres !".

        ça vous évitera de tomber systématiquement dans la flagornerie

        Aucune flagornerie dans le fait de saluer le talent et la grâce d’un artiste.

        avec une perspective complètement foiree

        Elle serait foirée si l’artiste avait voulu faire une perspective architecturale comme dans un vulgaire Largo Winch, mais là elle ne l’est pas puisqu’elle participe au charme du dessin.

        Les anonymes qui se prennent ici pour les tenants du bon goût et du dessin bien fait devraient ravaler leur morgue et apprendre à voir avec les yeux et n’ont pas avec une rêgle et un pied à coulisse. L’art n’a que faire des laborieux de la rêgle à calcul.Quand on croit avoir le compas dans l’œil, c’est qu’on est déjà à moitié aveugle.

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        • Répondu par Charles-Louis Detournay le 4 mars 2012 à  05:10 :

          Je rappelle que ces commentaires sont aussi subjectifs qu’anonymes, et que leur publication n’entraîne pas l’adhésion de la rédaction à leur propos.

          Par exemple, nombreux sont les auteurs à être également professeurs, et j’ai dû mal à considérer certains anonymes comme Jean Van Hamme, Olivier Grenson ou Philippe Jarbinet comme des ratés. Il s’agit souvent d’un choix de vie, de pouvoir affronter et se nourrir du regard des élèves, et de pouvoir également se remettre perpétuellement en question sur sa façon de travailler.

          Un travail d’enseignement et d’autocritique qui devrait être qualifié d’exemplaire au lieu d’être bêtement fustigé.

          La Rédaction d’ActuaBD

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    • Répondu le 29 février 2012 à  15:06 :

      Et avec une perspective complètement foiree dans la première case présentée ici...

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      • Répondu par Thomas le 29 février 2012 à  22:47 :

        la perspective n’est peut etre pas parfaite, en attendant, le dessin reste élégant et agréable à l’oeil.

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    • Répondu le 2 mars 2012 à  12:33 :

      votre message est sincère ou ironique ?

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      • Répondu par Alex le 3 mars 2012 à  23:54 :

        Votre message est-il sincèrement parasitaire et inutile ou la réflexion réelle d’une personnalité incertaine dans ses goûts qui se doit d’intervenir avec cynisme pour s’auto-justifier ?

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