Okko - Le cycle de l’eau - T2 - par Hub - Delcourt

3 février 2006 0 commentaire
  • Des sabres et des démons dans un Japon moyenâgeux, voilà les ingrédients du "médiéval-oriental fantasy", en passe de devenir un genre à lui tout seul. Mais la recette demande du talent pour que le résultat ait de la consistance. C'est le cas pour {{Hub}} qui confirme les espoirs suscités par le premier tome de {Okko}.

Poussés par la tempête, Tikku et ses compagnons Okko, Noburo et Noshin se réfugient dans le château de la famille Satorro. Le jeune homme, toujours à la recherche de sa sœur Petite Carpe, est rapidement intrigué par les maîtres des lieux qui semblent cacher un bien lourd secret. Son attention attirée par l’atmosphère mystérieuse régnante, Tikku décide d’inspecter le château pour découvrir ce qu’il cache...

Cette série met en situation quatre aventuriers : un samouraï rônin, son singulier vassal, un moine et un jeune page. Ils arpentent les divers comtés de l’empire du Pajan, à la recherche de manifestations ésotériques et occultes. "Le Pajan est une île, vaste au relief incroyablement diversifié, elle est entourée d’une multitude d’archipels. Elle tire son nom de celui de la famille impériale régnant depuis un millénaire, dont la légitimité est remise en cause depuis quelques décennies par trois familles majeures qui ne cessent de se livrer bataille", peut-on lire sur le site dédié à la série. Bien que ces éléments soient rarement évoqués dans ce premier opus, ces précisions semblent indiquer que Hub [1] maîtrise l’intégralité de son intrigue. L’auteur annonce d’ailleurs que son histoire est déjà séquencée par éléments (eau, terre, feu, air et vide) en 5 diptyques.

Les différents personnages sont hauts en couleurs et l’auteur dose intelligemment ses combats au sabre pour ne pas lasser son lecteur. Si ce n’était pas vraiment explicite dans le premier tome, les aventures d’Okko sont relatées par un Tikku vieilli qui se remémore sa jeunesse avec philosophie.

Le dessin est bien maîtrisé et l’auteur dynamise sa dramaturgie par un découpage parfaitement orchestré. Epaulé par Stephan Pelayo, Hub dévoile une palette de couleurs riche et toute en finesse. Chaque lieu ou ambiance possède une colorimétrie adaptée et qui, surtout, sait rester sobre et ne tombe pas dans les excès d’effets informatiques.

Dans un monde de magie et d’honneur, l’intrigue évite soigneusement l’action primaire pour développer un mythe spirituel propre à la série.
Ce cycle de l’eau devrait permettre de séduire un lectorat assez large, dépassant le cercle des amateurs de fantasy.

(par Laurent Boileau)

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[1dessinateur de Kazandou (2 tomes de 136 pages) aux éditions Glenat (scénario de Gess)

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