Roy & Al - Ralf König - Glénat

9 novembre 2005 1
  • La vie de deux homos et de leurs amis vue par leurs chiens. Il fallait oser traiter d'un pareil sujet. Un seul pouvait s'y coller en étant capable d'avoir le ton le plus adéquat : {{Ralf König}}, bien sûr.

L’auteur allemand avait reçu le prix du meilleur scénario au dernier Festival International de la BD d’Angoulême pour Comme des lapins. Son éditeur francophone, Glénat, publiait l’été dernier Et, maintenant embrassez-vous, où l’auteur s’attaquait à la question -si contemporaine- du mariage gay. Surfant sur la vague du prix d’Angoulême, l’éditeur Grenoblois édite donc aujourd’hui Roy & Al !

Al était un chien comme il en existe des millions. Il vivait une existence paisible et éprouvait une profonde béatitude à écouter de la musique classique sur les genoux d’une vieille dame. Mais hélas, à la mort de cette dernière, le pauvre Fiffi se voit adopté par le fils de sa maîtresse, qui le rebaptisera illico presto du sobriquet de « Al »... En hommage à une icône du porno gay des années 70, Al Parker !

Le chien découvre avec dégoût la sexualité de son maître. Il faut dire que le matin, le maître enterrait sa mère, et l’après-midi, il matait déjà un film de cul (non sans craquer en pensant à sa chère homophobe de mère) ! Tout cela va faire sombrer Al dans la mélancolie... et même la rage lorsqu’on lui présente Roy, le chien du nouveau copain de son maître. Al, hétérosexuel, ne supporte pas qu’un gros cabot le défie sur son propre territoire. Mais les deux chiens vont bien vite devenir copains et analyseront le comportement social et amoureux de leurs maîtres. Ces critiques et interrogations auront une répercussion sur la propre vie sexuelle de Al, qui n’est pas capable de se reproduire avec une chienne, pourtant au pedigree impressionnant. L’homophobie galopante de Al ne s’arrangera pas... Quelle jolie idée de rendre dépendant d’un maître très sexe un chien homophobe.

König traite ce récit en courtes histoires avec un humour oscillant tour à tour entre finesse et salacité. Mais rien n’est jamais gratuit dans ces saynètes, et même les cases les plus crues [1] sont justifiées. Ralf König nous montre sans fausse pudeur la manière d’être de certains homos, en exagérant et caricaturant parfois les pratiques sexuelles de ses personnages, pour les rendre d’autant plus humains... et amoureux !

(par Nicolas Anspach)

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Lire un extrait

[1Un album, donc, à ne pas mettre entre toutes les mains, puisque les scènes de sexe sont plutôt explicites, comme souvent chez König. On y voit aussi deux toutous se renifler le dernière... Une scène qui pourrait se trouver dans n’importe quelle bande dessinée destinée aux enfants.

 
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