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« Sectorial del Cómic », le guichet unique représentant la BD en Espagne

  • Les Espagnols viennent de créer l’association « Sectorial del Cómic », un organisme indépendant qui réunit toute la filière de la bande dessinée, auteurs comme éditeurs, agents d'artistes comme festivals, dans le but de représenter la filière de la bande dessinée auprès des institutions. Une initiative dont les Français feraient bien de s’inspirer ?

« Avec plusieurs professionnels de la BD en Espagne, nous avons créé une association appelée "Sectorial del Comic" (le secteur de la bande dessinée) dans le but d’unir nos forces et de créer un espace collectif dans lequel tous les acteurs du 9e art pourront se retrouver », nous dit le porte-parole de l’association, Joaquin Luis Garcia Marina. Un accord entre tous les représentants du secteur a été signé en décembre dernier lors du festival de la BD de Grenade [Photos].

L’association se veut médiatrice auprès des différentes administrations (fiscales, sociales, économiques… aux fins de donner un statut à la filière et de créer les outils nécessaires au développement du métier.

Parmi les fondateurs de cette nouvelle association : l’Association des Auteurs de BD d’Espagne (AACE), le Collectif des Autrices de BD, l’association des professionnels de la BD ARGH, ACDCómic, la plateforme d’édition de BD alternative, l’éditeur Norma Editorial, le syndicat des agents d’auteurs, Emilio Gonzalo et Alejandro Casasola représentant les sociétés organisatrices d’événement BD, Óscar Muñiz représentant l’association des librairies BD et Carlos Pacheco et Ana Mirallès représentants les auteurs présents à l’international.

« Sectorial del Cómic », le guichet unique représentant la BD en Espagne
Création de la Sectorial del Cómic, le 19 décembre 2020 à Grenade.
Photo : DR — Sectorial del Cómic

L’association a déjà entamé des discussions avec les groupes parlementaires de plusieurs partis politiques comme le PSOE, Unidas Podemos, Ciudadanos, Vox ou le PP, de même que la Direction générale du livre et de la promotion de la lecture (l’équivalent du CNL), récemment créée, histoire de s’appuyer sur une base parlementaire et institutionnelle pour pouvoir faire passer les réformes nécessaires au plus haut niveau de l’État.

La BD en Espagne subit comme nous les affres d’une production abondante innervée par la mondialisation.
Photo : DR — Sectorial del Cómic

Voilà qui se distingue de la situation française où les grands éditeurs du SNE, l’association des éditeurs alternatifs, les festivals de BD et les différents syndicats d’auteurs se regardent en chiens de faïence attendent que l’État bouge sans que la situation des auteurs ne change d’un pouce. N’y a-t-il pas là une idée à prendre ?

Voir en ligne : LE SITE DE L’ASSOCIATION

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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8 Messages :
  • Impossible que cette coalition existe en France, il y a trop de clans différents, trop de petites chapelles qui se livrent une guerre intestine, les auteurs sont divisés, les éditeurs regardent ça du coin de l’oeil ( ça leur va très bien), les salons veulent des subventions, de la presse et du public ( le reste les importe peu), et les institutions ne pensent qu’à mettre en avant la bayday la plus à la mode possible pour imposer une culture étatique officielle et excluante.

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    • Répondu le 12 mai à  11:18 :

      Il n’existe pas de culture étatique officielle et excluante. On n’est pas en Chine ou en Union Soviétique. C’est seulement que les autorités n’acceptent de rencontrer que les poids lourds d’un secteur économique quel qu’il soit, à savoir les gros vendeurs, pas forcément les artistes à la mode. À Angoulême, Macron a déjeuné avec Jul qui venait de vendre 300 000 Lucky Luke. C’est de la « bayday à la mode », Lucky Luke ?

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  • Je doute que cette idée puisse prendre racine en France, tant notre pays, et pas que dans la BD, reste le champion du monde des palabres interminables et des réunionites aiguës, qui au final ne donnent rien.

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    • Répondu le 12 mai à  11:21 :

      Argh ils ont déjà commencé à discuter avec Vox, les neo-franquistes racistes et ultra-conservateurs ? Ils pourraient attendre qu’ils soient au pouvoir, ce qui risque d’arriver puisque le Parti Popular est prêt à une alliance avec eux..

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    • Répondu par j’ai tout dit le 13 mai à  16:11 :

      " des palabres interminables "
      cela s’appelle la démocratie

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      • Répondu le 14 mai à  06:00 :

        Avec ses palabres interminables, Fidel Castro était un bel exemple de démocrate.

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  • "N’y a-t-il pas là une idée à prendre ?"

    L’Espagne n’a pas la même Histoire (politique, économique, philosophique, artistique, intellectuelle, bande dessinée,etc.) que la France.
    Les modèles ne sont jamais intégralement transposables d’un pays à l’autre. Tout le problème de l’Europe.
    Et la France n’est pas la Belgique non plus, Monsieur Pasamonik !

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  • Observer les divisions d’un territoire intellectuel, artistique, culturel, politique comme une ridicule guerre de chapelles est l’attitude hautaine que prennent éternellement les positions dominantes pour négliger les positions minoritaires et les subordonner à leurs visions du monde au nom de je ne sais quel pragmatisme. Faire passer les singularités pour des caprices, c’est tout simplement hautain, rapide, faux.
    Si on se penche simplement sur la vie syndicale, qui rendait le SNE si aveugle aux problèmes spécifiques des petits éditeurs qu’il a bien fallu créer un SEA pour que des dizaines d’entre eux ne soient pas broyés par des machines industrielles inadaptées à leur économie comme à leurs visions des bandes dessinées, on comprend assez vite qu’un tel projet, celui qui fait l’objet de cet article, est empoisonné.
    A moins de faire l’aveu que toutes ces cochonneries de petits éditeurs, d’auteurs à mille lecteurs ou moins, malgré leur quasi invisibilité, vous salissent encore trop le paysage et que la disparation de leurs revendications, de leurs différences affirmées, soulagera tout le monde, je ne vois pas du tout de sens à produire ce genre de monstres.

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