Siné Mensuel, à l’arrêt ?

4 septembre 2019 2 commentaires
  • Oui, si vous ne contribuez pas. C’est la supplique de Catherine Weil-Sinet qui dirige le mensuel de son regretté époux depuis 89 numéros. « Il y a le feu » dit-elle, invitant les lecteurs à faire des dons pour que « le journal qui fait mal et ça fait du bien » continue de paraître

«  Ils ont tant et tant aidé Notre-Dame… Nous on ne brûle pas, mais il y a le feu ! » Ainsi commence la supplique d’appel aux dons du mensuel satirique qui espère une mobilisation aussi forte des « bouffeurs de curés » que des grenouilles de bénitier.

Créé en 2008, après le départ tonitruant de Siné de Charlie Hebdo, Siné Hebdo avait réussi à tracer une ligne plus à gauche, plus libertaire que le journal de Philippe Val, le directeur de l’époque, qui ne devait pas survivre longtemps au départ de l’Enragé.

Depuis « Janvier 15 », date de l’assassinat la rédaction de Charlie Hebdo, la situation de la presse satirique est précaire en France, le journal dirigé par Riss ne devant sa survie qu’à un matelas financier acquis à la suite du drame et à une fidélité de principe de ses lecteurs. En cause, une distribution en kiosques de plus en plus problématique pour un réseau en pleine mutation, peut-être une perte d’audience de l’humour satirique devant la gravité de la situation sociale et surtout la concurrence des nouveaux médias comme les réseaux sociaux.

Siné Mensuel, à l'arrêt ?
L’année dernière en 2018, Siné Mensuel fêtait fièrement ses dis "à chier dans les bégonias".
© Siné Mensuel

Le dernier numéro de Siné Mensuel montre en couverture un CRS marchant sur une marée d’yeux énucléés, allusion aux violences policières, avec ce titre : « En marche », le slogan du parti d’Emmanuel Macron.

À l’intérieur, d’excellents articles sur l’accueil scandaleux des migrants mineurs, sur la crise de la presse écrite, sur la discrétion d’EDF sur les risque des centrales nucléaires en surchauffe pendant les canicules, des éditos de Didier Porte, d’Isabelle Alonso, de Defeil de Ton, de Yan Lindingre et bien d’autres, des dessins d’humour de Geluck, Jiho, ou Berth, une page de Carali, bref tout ce que la presse peut réunir de talents et d’esprits impertinents.

Alors que récemment, la feuille satirique avait lancé un nouveau mensuel féministe sinon « féminin », Siné Madame, c’est la version « masculiniste » qui est dans les difficultés et qui, avec votre aide, ferait mentir le poète en prouvant que la femme ne saurait être le seul avenir de l’homme.

Voir en ligne : LE SITE DE SINE MENSUEL

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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2 Messages :
  • Siné Mensuel, à l’arrêt ?
    4 septembre 10:10, par Jean-Marc L.

    Merci pour cet article, cependant je suis perplexe par rapport à sa conclusion.

    "Masculiniste" est un adjectif qui s’applique à une catégorie bien précise d’hommes bruyamment dérangés par les femmes, surtout quand elles se piquent de défendre leurs droits ; ces personnes font mine d’ignorer qu’être féministe est avant tout réclamer l’égalité des droits entre les femmes et les hommes.
    "Masculine" est-il plus approprié ? À voir : les femmes sont-elles écartées du sommaire de l’édition principale ?
    Siné Madame est "féminine" (même remarque que ci-dessus) à défaut d’être féministe. Leur premier numéro a reçu une volée de bois vert sur Twitter par plusieurs personnalités féministes.

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    • Répondu par Kholer le 14 septembre à  17:49 :

      Moi ce qui me laisse perplexe, c’est "si vous êtes un nanti qui a besoin absolument de bénéficier de réductions d’impôt"
      Pour vous être assujetti à l’impôt sur le revenu signifie être un nantii ? Il suffit de gagner un peu plus de 2000 euros par mois pour l’être, sans charge de famille. Je donne aux Restos du coeur et à diverses associations, la réduction d’impot est plafonnée, mais elle permet de récupérer une partie de son don. Il s’agit juste pour l’Etat d’inciter les contribuables à financer ce qu’il se refuse à faire. Sans ces réductions d’impot, la générosité serait bien moindre !{}

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