"Spirou : Partout ! Toujours !", camarade !

22 février 2020 18 commentaires
  • Camarades, réjouissez-vous : Spirou a rallié la lutte contre l’impérialisme américain et les suppôts du capitalisme ! Jamais les couleurs du plus célèbres des grooms n’ont été si adéquates. Slogan "camarade partout toujours", grosse étoile vermeille en fond et chapka vissée sur la tête, la couverture du 4272e numéro de Spirou annonce la couleur : le groom est devenu communiste. Avant d'entrer plus avant dans cet article, une ambiance musicale s’impose donc :

À l’intérieur, on découvre tout d’abord une page de garde rendant hommage aux plus grands héros de l’URSS, depuis le boxeur Drago, grand méchant de Rocky IV, à Natacha Romanov, aka la Veuve Noire de Marvel, en passant par Gagarine et M Trololo. Véritable panthéon des illustres qui ont porté haut et fort les valeurs du Parti !

Ensuite, le parti nous gratifie d’une interview des camarades Fabrice Tarrin et Fred Neidhart, parents de Spirou chez les Soviets (dont on retrouve un chapitre à la page suivante), qui nous dévoilent le nouveau manifeste du journal et du personnage : rétablir la gloire du communisme, du vrai !

La quasi totalité du numéro œuvre donc à cette fin : de Spirou aux Femmes en Blanc, du Proprofesseurs à Nelson, tous les héros habituels du journal se sont ralliés à la Cause, et tous les gags tournent autour du marteau et de la faucille, de l’étoile rouge, de la vodka et des plus grands symboles du Régime.

En double page centrale, les lecteurs auront même la chance de découvrir une vraie carte d’adhérent au parti unique de "Spirouge", qui enjoint ses adhérents à répandre "les valeurs d’aventure suprême et de bonne humeur bureaucratique" face à "l’impérialisme de la grisaille ambiante" !

Même les lecteurs les plus crédules le comprendront bien vite : tout le numéro (et cette chronique) est à prendre au 36e degré. En parodiant les codes de la propagande stalinienne et en abusant des clichés associés au communisme, ce numéro se veut une parodie de ce que pourrait être un périodique de bande dessinée si Pif Gadget avait eu le courage de ses opinions. [1]

L’ensemble fonctionne très bien, et l’humour, s’il peut-être un peu glissant et borderline parfois, est rafraîchissant comme une vodka dans un hiver moscovite. Pozdravlyayu, camarades !

(par Jaime Bonkowski de Passos)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Spirou, hebdomadaire collectiviste distribué dans tous les bons kiosques.

[1Rappelons aux lecteurs qui l’ignorent que Pif Gadget était soutenu par le Parti Communiste Français.

 
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18 Messages :
  • "Spirou : Partout ! Toujours !", camarade !
    22 février 20:29, par Vladimir Ilitch Totoche

    « ce que pourrait être un périodique de bande dessinée si Pif Gadget avait eu le courage de ses opinions. »

    Même sous couvert d’ironie, c’est très con cette phrase.

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  • "si Pif Gadget avait eu le courage de ses opinions"
    C’est bien mal connaitre l’histoire du journal Pif qui à toujours défendu ses opinions comme légalité entre les peuples ou les valeurs humanistes.
    https://www.humanite.fr/pif-gadget-une-epopee-engagee-564184

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  • "Spirou : Partout ! Toujours !", camarade !
    23 février 21:07, par Riton les gamelles

    Bonsoir
    Richard Médioni, l’ancien rédac’chef de Pif Gadget doit se retourner dans sa tombe s’il lit votre prose, Jaime Bonkowski de Passos.

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    • Répondu le 24 février à  06:12 :

      L’auteur de cet article est né bien après la disparition de Pif Gadget (canal historique) et la chute du mur de Berlin. Il a le profil du futur bon journaliste à l’ère du numérique : ne pas vérifier ses sources pour mieux parler de ce qu’il ne connaît pas.

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      • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 24 février à  06:16 :

        Ah ces bons vieux nostalgiques qui savent tout du Parti Communiste et du journalisme ! Vous êtes ajoutez encore de l’humour à cette chronique !

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        • Répondu par Hug le 24 février à  12:18 :

          C’est sûr que, comme à votre habitude, il est toujours plus facile de décrédibiliser la critique que de répondre sur le fond, à commencer par l’indigence du concept de "parodie de ce que pourrait être"...

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          • Répondu par Jaime Bonkowski de Passos le 24 février à  13:12 :

            En ma qualité de rédacteur de l’article, je ressens la nécessité de citer mon papier puisque de toute évidence la moitié des personnes qui y ont réagi n’ont lu ou compris qu’une ligne sur deux : "MÊME LES LECTEURS LES PLUS CRÉDULES LE COMPRENDRONT BIEN VITE : TOUT LE NUMÉRO (ET CETTE CHRONIQUE) EST À PRENDRE AU 36E DEGRÉ". Je re-cite pour être certain : "À PRENDRE AU 36E DEGRÉ". Une dernière fois ? "36E DEGRÉS".
            C’est bon ?

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            • Répondu le 24 février à  13:29 :

              36 !!!
              Deux degrés, pour Spirou, c’est déjà beaucoup, non ?

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              • Répondu par Jaime Bonkowski de Passos le 24 février à  13:33 :

                Sans doute, mais même avec 36, on dirait que certains de mes lecteurs ne comprennent pas.

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                • Répondu le 24 février à  16:06 :

                  On peut voir 36 chandelles ou penser à 36 et son Front populaire mais il n’existe que deux degrés. Le premier où un chat est un chat et le second ou un chat ressemble au sourire de celui du Cheshire.

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            • Répondu par Riton les gamelles le 24 février à  20:22 :

              Votre article, 36ème dessous, alors ?

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              • Répondu par Jaime Bonkowski de Passos le 24 février à  20:37 :

                C’est toujours un régal de constater la bienveillance générale et la positivité qui règne sur internet, particulièrement sur un site qui ne cherche qu’à parler de culture, sensée réunir et faire plaisir aux lecteurs.

                Merci donc :)

                (Et ça c’est bien du second degrés)

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                • Répondu le 25 février à  06:07 :

                  Qu’ils pinaillent est la preuve qu’ils vous lisent. Et vous écrivez pour être lu.

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            • Répondu par Vladimir Ilitch Totoche le 25 février à  13:28 :

              En ma qualité de commentateur de l’article, je ressens la nécessité de citer mon commentaire puisque de toute évidence vous n’avez lu ou compris qu’une ligne sur deux :
              "Même sous couvert d’ironie, c’est très con cette phrase."
              Même sous couvert d’ironie (votre 36e degré). Effectivement, en humour dès le 3e degré ça annule le second ça revient au premier, donc le 36e degré n’est qu’un second degré. D’ailleurs vous noterez qu’on parle toujours de "second" degré, pas de "deuxième" degré, preuve qu’il n’existe que deux degrés en humour. Ce second degré est l’équivalent de l’ironie, manière de moquer en disant le contraire de ce qu’on veut exprimer.

              Bien à vous.

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              • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 25 février à  16:25 :

                Vladimir, vous n’êtes vraiment pas sérieux.

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                • Répondu le 26 février à  11:53 :

                  Il a raison, "second" n’a pas le même sens que "deuxième". S’il y a "troisième", on dit "deuxième" pour désigner ce qui précède. Sinon, on s’arrête à "second". Ça s’appelle la langue française. Peut être qu’en belge francophone, "second" veut dire "deuxième" et que le 36ème degré existe. Mais si on veut vraiment être sérieux, et parler un français académique, on s’arrête au second degré ?

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  • "Spirou : Partout ! Toujours !", camarade !
    1er mars 10:20, par Mikekafka

    C’est la multiplication des numéros spéciaux chez Spirou mais le contenu reste comme souvent très faible et convenu. Beaucoup de marketing de promotion ..on soigne les têtes de gondole mais bon dieu que tout cela est triste et peu inspiré. Je ne suis pas nostalgique du Spirou d’antan mais si l’on garde l’esprit critique il y a aujourd’hui un flagrant manque de fond dans ce magazine.

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    • Répondu par Breugnol le 1er mars à  21:00 :

      Et oui, bien sûr ! Les auteurs invités (parfois venus de chez d’autres éditeurs) font de l’excellent boulot dans leurs courtes histoires. Cela détonne avec les séries récentes du journal, comme par exemple Nelson ou les Minions, que je trouve illisibles.

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